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Affaire Colten Boushie : l’enquête indépendante ralentie par la GRC

Un jeune homme pose pour la caméra. Il est dans un véhicule.

Colten Boushie a été abattu lors d’une altercation dans une ferme en 2016.

Photo : La Presse canadienne

Radio-Canada
Mis à jour le 

La Gendarmerie royale du Canada (GRC) a ralenti une enquête indépendante sur la façon dont elle a géré l'affaire Boushie en tardant à fournir les informations demandées par les enquêteurs, selon une note de service de la Commission civile d'examen et de traitement des plaintes (CCETP) relatives à la GRC.

« L’investigation de la commission a été ralentie à cause d’un retard de 108 jours dans la livraison des documents supplémentaires réclamés », indique la note obtenue par CBC, en vertu de la Loi sur l'accès à l'information.

Colten Boushie, un Autochtone de 22 ans, de la Première Nation Red Pheasant, a été abattu lors d’une altercation dans la ferme de Gerald Stanley.

Colten Boushie et d’autres jeunes se trouvaient à bord d’un véhicule lorsqu’ils sont entrés sans autorisation dans la propriété de M. Stanley le soir du 9 août 2016.

Accusé de meurtre au deuxième degré, Gerald Stanley a plaidé que le coup de feu était un accident. En 2018, il a été déclaré non coupable par un jury au terme d’un procès fort médiatisé.

Une demande d’information toujours en attente

Guy Bujold, l’ancien président de la Commission civile d’examen et de traitement (CCETP) des plaintes avait ouvert une enquête après l’acquittement de Gerald Stanley, un verdict qui avait créé des remous.

La famille de Colten Boushie avait aussi porté plainte devant la Commission, alléguant ne pas avoir été traitée correctement lorsque la police est venue lui annoncer la mort du jeune Autochtone. Elle soutient que sept agents de police ont fouillé la maison familiale sans autorisation et qu’un policier a demandé à la mère de Colten Boushie si elle avait bu.

L’enquête, qui porte sur le détachement de la GRC à Battleford, vise aussi à déterminer si les agents de police ont fait preuve de discrimination raciale.

La GRC a fourni un premier lot de documents peu après le début de l’enquête de la CCETP, mais une demande d’information supplémentaire est en cours depuis une longue période, indique la note de la CCETP, en grande partie caviardée.

Michelle Schmidt, une porte-parole de la GRC, explique que, pour les enquêtes de la Commission, le corps de police doit souvent rassembler des informations de « sources diverses », notamment des partenaires externes, puis les revoir avant de les acheminer.

Elle ajoute que, dans cette enquête, la Commission a fait des demandes d’informations supplémentaires à plusieurs reprises.

« Dans ce cas, le processus de collecte d’information a été long », ajoute-t-elle dans un courriel, tout en indiquant ne pas vouloir faire davantage de commentaires sur une enquête en cours.

Déception pour la famille de Colten Boushie

La famille de la victime ne cache pas sa frustration devant cette situation.

« Je refuse de laisser aller ma colère. Je vais la garder jusqu’à ce que je voie des changements [...]. Je ne vais pas aller mieux avant d’obtenir justice, et d’être traitée comme un être humain », s’insurge Debbie Baptiste, la mère de Colten Boushie.

Quant à Alvin Baptiste, l’oncle de Colten Boushie, il n'est pas surpris par ce retard.

« Je ne me sens pas en confiance du tout. Nous avons déjà été mis de côté à plusieurs reprises », dit-il, tout en comparant ce retard à une gifle.

La CCETP s’était donné un an pour terminer son enquête. Anna Van Dusen, une porte-parole de l’organisme, indique qu’il est trop tôt pour fixer un nouveau délai.

« Jusqu’à présent, nous sommes satisfaits de la collaboration de la GRC pour fournir les documents en lien avec ce dossier », écrit-elle dans un courriel.

Elle assure que ce dossier est une priorité de la nouvelle présidente de la CCETP, Michelaine Lahaie.

Pendant la dernière année fiscale, la commission a reçu 2644 plaintes contre la GRC, une hausse de 15 % par rapport à l’année précédente.

La FSIN déçue

Le troisième vice-chef de la Fédération des nations autochtones souveraines (FSIN) est déçu par le ralentissement de l'enquête indépendante de la GRC.

« Nous sommes déçus que la GRC ait pris autant de temps pour nous fournir la bonne information à la Commission civile d'examen et de traitement des plaintes pour que cet épisode soit traité d'une façon que la famille comprenne ce qui s'est dans la nuit où Colten Boushie a été assassiné », a déclaré Edward Lerat.

La FSIN juge que la GRC a manqué de respect envers la CCETP pour fournir les informations demandées et s'attendait à ce que le dossier bouge plus rapidement.

Avec les informations de Catharine Tunney, CBC

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