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Malgré les promesses de Bouteflika, les manifestations se poursuivent en Algérie

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Une masse de manifestants agitent des drapeaux de l'Algérie.

Des manifestants sont descendus dans les rues d'Alger pour dénoncer la tentative du président Abdelaziz Bouteflika de briguer un cinquième mandat.

Photo : Associated Press / Fateh Guidoum

Radio-Canada

Les étudiants algériens ont déserté les classes par milliers lundi pour dénoncer la volonté du président Abdelaziz Bouteflika de briguer un cinquième mandat lors des prochaines présidentielles.

Même si les commerces étaient ouverts à Alger lundi matin, le mouvement de contestation contre un éventuel retour au pouvoir du président Bouteflika a repris de plus belle, cette fois porté par des milliers d’étudiants qui ont déserté les cours pour manifester leur colère.

Les classes étaient notamment désertes à l’Université de Bab Ezzouar, la plus grande du pays, ainsi que dans plusieurs autres facultés universitaires de la capitale algérienne.

« Nous sommes le monde, le système n'est rien », ont proclamé sur les réseaux sociaux des jeunes opposés à Bouteflika, rapporte Reuters.

Les manifestations de l’opposition qui ébranlent le pays depuis deux semaines maintenant ont aussi repris dans plusieurs autres villes du pays, où des centaines de personnes ont manifesté lundi contre l’entêtement d’Abdelaziz Bouteflika, 82 ans, qui compte briguer un cinquième mandat à la tête du pays à l'élection présidentielle d’avril.

Des affrontements ont éclaté tôt lundi avec des policiers antiémeutes. Les protestations sont nourries par des appels lancés sur les médias sociaux.

Confronté à la plus importante vague de contestation populaire depuis son accession au pouvoir en 1999, le président Bouteflika, qui jouit du soutien de l’armée, a annoncé dimanche qu’il sera candidat aux présidentielles, confirmant les craintes de l’opposition, qui redoute une réélection du président qui s’accroche au pouvoir malgré un état de santé précaire.

Promesse de départ

Conscient de la réaction que son annonce allait provoquer, le président Bouteflika a annoncé aux Algériens, par la voix de son directeur de campagne Abdelghani Zaalane, qu’il est prêt à renoncer à la présidence dans un an s’il est réélu lors du prochain scrutin.

Malgré ces engagements, de nombreux protestataires, des jeunes pour la plupart, ont manifesté dans les rues de la capitale, Alger, mais aussi à Paris, à Montréal et à Ottawa, refusant que le président soit candidat. À leurs yeux, les promesses faites par Abdelaziz Bouteflika ne sont qu'un stratagème pour lui permettre de se maintenir au pouvoir.

Très diminué physiquement depuis un accident vasculaire cérébral en 2013, Abdelaziz Bouteflika se trouvait ce week-end en Suisse pour des examens médicaux.

Pourtant, le président de la Commission nationale électorale, Abdelwahab Derbal, a bien spécifié dimanche que tous les candidats à la présidentielle devaient se présenter en personne pour déposer leur dossier.

Homme de paille

De nombreuses voix s’élèvent dans le pays pour dénoncer la mainmise qu’exercent les militaires et ses conseillers sur le pouvoir politique en Algérie en maintenant le vieux président en poste malgré sa santé défaillante qui l’oblige à recevoir des soins à l’étranger souvent pendant des semaines.

Selon l'ambassadeur d'Algérie en France, Abdelkader Mesdoua, Abdelaziz Bouteflika, bien qu'en mauvaise santé, a pris lui-même la décision de se représenter.

« C'est lui qui décide. Il a probablement fait son évaluation et, à la suite de son évaluation [de la situation en Algérie], il a décidé d'être candidat [...] C'est son choix, c'est sa décision », a déclaré l’ambassadeur à la chaîne CNews, ajoutant que Bouteflika « a toute sa tête » à défaut d’avoir la santé.

Avec les informations de Reuters

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