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Libre-échange : le Mexique pourrait ne pas signer l'accord sans la levée des sanctions américaines

Un homme à l'air sévère est debout sur une scène, les bras croisés devant lui.
Le président mexicain Andres Manuel Lopez Obrador Photo: Getty Images / Alfredo Estrella
La Presse canadienne

Le Congrès mexicain sera appelé à adopter un important projet de loi relatif à la réforme du travail ce printemps, ce qui constituera une étape indispensable à la ratification de la nouvelle entente de libre-échange nord-américaine.

Mais à moins que le gouvernement Trump n'élimine les tarifs douaniers punitifs qu'il a imposés sur les importations mexicaines d'acier et d'aluminium – des tarifs qu'il a également imposés au Canada – le Mexique est prêt à maintenir le statu quo avec l'Accord de libre-échange nord-américain conclu il y a 25 ans.

Les efforts visant à améliorer les droits des travailleurs au Mexique étaient une priorité clé pour le Canada et les États-Unis lors de la renégociation tumultueuse de l'ALENA, parce qu'ils voulaient uniformiser les règles du jeu entre leurs travailleurs et les employés mexicains moins bien payés, en particulier dans le secteur de l'automobile.

Lorsque le Mexique et les États-Unis ont conclu leur accord bilatéral surprise en août dernier, mettant de la pression sur le gouvernement Trudeau pour en arriver rapidement à une entente avec l'administration Trump, la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, a félicité le Mexique pour ses concessions en matière de travail.

Mais une haute responsable du commerce dans le nouveau gouvernement du réformateur socialiste Andres Manuel Lopez Obrador a laissé entendre qu'il ne s'agissait pas d'un sacrifice majeur, car améliorer le statut des travailleurs du pays était un élément clé de la plateforme qui a mené le parti Morena au pouvoir.

Lors de sa campagne électorale, M. Lopez Obrador a clairement indiqué qu'il souhaitait renforcer les droits des travailleurs et des syndicats, ce qui cadrait parfaitement avec la position de négociation du Canada, a souligné Luz Maria de la Mora, ministre mexicaine adjointe du Commerce, lors d'un entretien.

Elle a indiqué que le nouveau gouvernement souhaitait un ensemble de réformes du travail ratifié par le Congrès mexicain avant son ajournement du 30 avril « afin que nous puissions refléter les engagements que nous avons pris » en vertu du nouvel Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM).

Lié à l'ancien accord

Nieto, Trump et Trudeau derrière des lutrins au G-20.Enrique Pena Nieto, Donald Trump et Justin Trudeau font les déclarations d'usage avant de signer l'accord de libre-échange nord-américain. Photo : Radio-Canada / Louis Blouin

Cela signifie que l'ACEUM sera envoyé au Congrès mexicain pour ratification, après la reprise des activités le 1er septembre, a indiqué la haute responsable.

Mais cela ne se produira que si les États-Unis lèvent leurs tarifs – au titre de l'article 232 – sur les exportations d'acier et d'aluminium, a-t-elle déclaré.

Le président des États-Unis, Donald Trump, a imposé des tarifs douaniers de 25 % sur l'acier et de 10 % sur l'aluminium en provenance du Mexique et du Canada, en invoquant l'article controversé relatif à la sécurité nationale dans le droit commercial américain.

Le 30 novembre, le premier ministre Justin Trudeau, M. Trump, et l'ancien président mexicain Enrique Pena Nieto, qui était à son dernier jour au pouvoir, ont signé le nouvel accord commercial. Il doit maintenant être ratifié par les assemblées législatives des trois pays.

Jeudi dernier, M. Trudeau a discuté avec le président Trump et « a soulevé la question des tarifs de l'acier et de l'aluminium et a exprimé la nécessité de les supprimer », a déclaré le bureau du premier ministre.

Si les tarifs ne sont pas levés, le Mexique ne se sentirait lié que par la version actuelle de l'ALENA qui demeure en vigueur, a fait valoir Luz Maria de la Mora.

« Nous espérons avoir mis en place ce nouvel accord. Mais en l'absence de nouvel accord, nous savons que l'ALENA est suffisant », a-t-elle déclaré.

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