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Le Mexique s'inquiète de devoir accueillir plus de migrants renvoyés par les États-Unis

Des demandeurs d'asile venus d'Amérique centrale attendent une réponse des autorités américaines dans un refuge de Tijuana, au Mexique.
Des demandeurs d'asile venus d'Amérique centrale attendent une réponse des autorités américaines dans un refuge de Tijuana, au Mexique. Photo: Reuters / Jorge Duenes
Reuters

Les États-Unis prévoient d'étendre dans les prochaines semaines leur programme visant à renvoyer les demandeurs d'asile venus d'Amérique centrale au Mexique pendant l'examen de leur dossier, une mesure expérimentale qui inquiète les autorités mexicaines et les refuges.

Ce programme, appelé « protocole de protection des migrants » (MPP), a commencé fin janvier avec le renvoi au Mexique de migrants ayant passé la frontière entre Tijuana et San Diego.

L'idée d'étendre ce programme à d'autres villes frontalières était au cœur des discussions cette semaine lors d'une rencontre qui réunissait des responsables de plusieurs agences fédérales, a indiqué vendredi un responsable américain, sous le sceau de l'anonymat.

Selon lui, le programme devrait être étendu dans les prochaines semaines, notamment entre les villes d’El Paso au Texas et de Ciudad Juarez au Mexique, qui ont vu ce mois-ci une hausse du nombre d'arrivées.

Yanira Esmeralda Chavez, une vendeuse de fruits originaire du Salvador, attend avec ses trois enfants au centre d'hébergement de Madre Asunta à Tijuana jusqu'au 27 mars, date de son audition avec les autorités.

« Je n'ai nulle part où aller, je n'ai d'argent ni pour moi ni pour mes enfants. J'ai peur d'être au Mexique. Ici, le crime est comme dans mon pays », raconte-t-elle.

Pour les détracteurs du système d'asile actuel, de nombreux migrants finissent par attendre des années pour une date d'audience aux États-Unis. Ils estiment que les contraindre à attendre au Mexique pourrait permettre de réduire le nombre de demandes.

Le directeur de l'Institut national des migrations (INM) du Mexique, Tonatiuh Guillen, a averti que les villes frontalières auraient du mal à prendre en charge les demandeurs d'asile pendant de longues périodes.

« Si ces périodes s'allongent, il y aura de sérieuses difficultés, en premier lieu pour les refuges, car les villes frontalières sont déjà saturées », explique-t-il.

Près de 150 demandeurs d'asile sont déjà retournés au Mexique, selon les autorités. « Le double ou le triple de ce nombre nous mettra dans une situation compliquée », ajoute M. Guillen.

Manque de ressources

Les autorités de Ciudad Juarez ont dit avoir été prévenues le 19 février par les services américains que dix demandeurs d'asile en moyenne seraient renvoyés chaque jour dans la ville dans un délai de deux semaines et qu'ils y resteraient pendant trois à quatre mois.

Vendredi soir, l'INM a annoncé avoir fermé les centres de rétention pour migrants des villes de Morelia, Acapulco, Nogales, Tuxpan et Reynosa, car ils ne pouvaient pas remplir les conditions minimales requises pour les centres d'accueil.

Des responsables municipaux et fédéraux ont de nouveau rencontré les autorités américaines de l'immigration à El Paso vendredi, sans toutefois se mettre d'accord sur le début du programme, a déclaré Rogelio Pinal, un responsable de ville.

Jusqu'à présent, le programme de Tijuana n'a pas permis de réduire le nombre de demandes d'asile.

Il y a plus d'arrivées que prévu, nous ne nous attendions pas aux rapatriés. Ces arrivées vont saturer les refuges.

Salome Lima, du refuge Madre Asunta

Près de 700 Mexicains expulsés arrivent chaque semaine dans la ville, dont la plupart restent pour de courtes périodes dans le centre avant de partir, poursuit-elle. Les migrants venus d'Amérique centrale vont avoir besoin d'un logement pour une plus longue période.

« Le gouvernement ne prend pas en compte les problèmes que les refuges vont devoir régler désormais », explique Salomé Lima, soulignant le manque de ressources, notamment avec la réduction du financement des organisations migratoires dans le budget 2019.

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