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La fin des terres : l’identité nationale vue par ceux et celles qui n’ont pas voté en 1995

Le ciel rose se reflète sur une rue mouillée.
Des raffineries dans l'Est de Montréal, une image du film La fin des terres Photo: ONF
Radio-Canada

Le documentaire de Loïc Darses La fin des terres ferme les Rendez-vous Québec Cinéma 2019 ce samedi 2 mars et aborde le sujet toujours controversé et très couvert de l'identité nationale québécoise.

Le long métrage donne la parole à 17 jeunes d’horizons diversifiés qui ont en commun d’être nés trop tard pour pouvoir voter au référendum de 1995 sur la souveraineté du Québec. Un sujet qui faisait vraiment peur au jeune réalisateur.

« On est à une époque où les sujets comme l’identité nationale sont des repoussoirs. On ne peut pas en parler sauf quand c’est pour parler de débordements, de côtés plus négatifs. Il y a aussi une certaine ringardise qui est associée à ce sujet. J’ai un côté un peu maso et ça m’a attiré », explique Loïc Darses en entrevue avec Catherine Richer, du 15-18.

Le réalisateur fait partie de ceux qui n'avaient pas l'âge de voter en 1995.

Pourquoi est-ce ringard pour les plus jeunes? « C’est un projet qui est sur la table depuis longtemps, qui a échoué deux fois. Il faut comprendre qu’on est né après la chute du mur de Berlin, avec Internet dans les pattes, c’est particulier d’essayer de faire comprendre l’idée d’une seule identité nationale. »

Cependant, il avoue qu’en faisant le film, il a réalisé que les jeunes aimeraient s’en moquer, mais qu’au plus profond de leur cœur, ils ne s’en moquent pas.

Le film est donc une sorte d’appel pour trouver de nouvelles manières de parler de l’identité nationale, de renouveler le langage.

J’ai l’impression qu’on en parle parfois d’une manière éculée, qui appartient à un autre contexte politique. Ce n’est pas un désaveu, les grands mouvements qui ont porté le Québec moderne nous touchent, mais quand le projet québécois s’incarne seulement à travers ça, ce n’est pas vivant. Le film en appelle à créer de nouveaux territoires, de nouvelles manières d’en parler, de le conceptualiser.

Loïc Darses

Pour son film, Loïc Darses a décidé de ne pas utiliser d’images d’archives. Il ne montre pas les gens qui parlent non plus.

L'homme a une casquette sur la tête dans une photo en noir et blanc.Le réalisateur Loïc Darses Photo : Amélie Hardy

Pour accompagner leurs voix, le réalisateur a promené sa caméra dans des lieux marquants pour le Québec, par exemple Oka, la grande mosquée de Québec, Manic-5, Kahnawake et l’Assemblée nationale, mais on voit également des remous du Saint-Laurent, ses berges en Gaspésie, le métro de Montréal et plus.

Les entrevues avec ces jeunes ont été faites il y a presque 2 ans. On y retrouve des personnalités comme Catherine Dorion, maintenant députée de Québec solidaire à l’Assemblée nationale, ou Jean-François Ruel (alias Yes Mccan), chanteur et comédien qui a connu la gloire avec Dead Obies, puis surtout la série Fugueuse.

« Les gens qui ont pris la parole ne parlent pas au nom de leur génération. Ce sont des gens de cette génération qui prennent la parole. C’est une nuance importante », précise Loïc Darses.

Maïtée Labrecque-Saganash, Carl Bergeron, Nora Loreto, Mélanie Hotchkiss, Lucia Carballo, Sibel Ataogul, Jade Barshee, Aurélie Lanctôt, Jonathan Durand Folco, Simon-Pierre Savard-Tremblay, Pierre-Luc Brisson, Alexandre Leduc, Léane Labrèche-Dor, Patricia Boushel et Clara L’Heureux-Garcia complètent la liste.

La fin des terres prendra l’affiche le 12 mars 2019 à la Cinémathèque québécoise.

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