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Pékin évoque le dossier SNC-Lavalin pour plaider la libération de Meng Wanzhou

La directrice financière de Huawei, Meng Wanzhou, portant tuque et châle en compagnie d'un agent de sécurité à Vancouver, le 12 décembre 2018.

Les autorités américaines ont demandé l'extradition de Meng Wanzhou, la directrice financière de Huawei.

Photo : La Presse canadienne / Darryl Dyck

Fanny Bédard

La Chine remet en question l'indépendance judiciaire du Canada pour plaider en faveur de la libération de la directrice financière de Huawei, Meng Wanzhou, au moment où le gouvernement de Justin Trudeau fait face à des allégations d'ingérence politique dans le dossier SNC-Lavalin.

Interrogé par un journaliste d’État, un porte-parole du ministre des Affaires étrangères de la Chine, Lu Kang, a laissé entendre qu’il trouvait contradictoire que le premier ministre Trudeau dise ne pas pouvoir intervenir dans le dossier de Meng Wanzhou alors que son gouvernement est accusé d’avoir tenté d’intervenir dans l’affaire SNC-Lavalin.

La Chine a demandé à de nombreuses reprises la libération de Meng Wanzhou, arrêtée en décembre, à Vancouver, à la demande des autorités américaines qui l’accusent d’avoir violé des sanctions économiques contre l’Iran.

Huawei et Meng Wanzhou démentent ces allégations.

Ottawa a néanmoins autorisé des audiences sur l’extradition de la femme d’affaires chinoise vendredi.

Dans un communiqué, Pékin a vivement réagi à cette décision. « Ce n’est pas une décision judiciaire, il s'agit d'une persécution politique contre une entreprise de haute-technologie chinoise. »

« Le gouvernement chinois n’est pas aveugle », dit un avocat

L’avocat vancouvérois Richard Kurland, qui s’intéresse aux questions d’immigration, n’est aucunement surpris par cette décision d’Ottawa. La durée du processus d’extradition prendra des années, affirme-t-il.

M. Kurland comprend toutefois les doutes émis par la Chine. « Le gouvernement de la Chine [peut bien se] demander si le Canada avait la capacité d’intervenir dans le processus judiciaire, surtout après les événements de SNC-Lavalin », affirme-t-il.

Le gouvernement chinois n’est pas aveugle. Il a vu le dossier SNC-Lavalin. Il a des motifs raisonnables, valables, de croire que nos politiciens pourraient intervenir dans notre processus judiciaire.

Richard Kurland, avocat

« Le gouvernement du Canada possède la capacité d’intervenir dans le processus judiciaire, par l’intermédiaire des politiciens les plus aguerris du pays comme on a vu dans SNC-Lavalin », croit l'avocat.

Il note également que personne n’a demandé à Jody Wilson-Raybould si elle avait subi des pressions dans le dossier Huawei comme elle allègue en avoir subi dans celui de SNC-Lavalin.

Le Canada est un État de droit, dit la ministre Freeland

La ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, a soutenu cette semaine que le Canada est un État de droit et qu’il agit sans ingérence politique dans le dossier de Meng Wanzhou.

« Dans le cas de Mme Meng, notre gouvernement a été méticuleux », a-t-elle dit en entrevue à CBC. « Les décisions qui sont correctement prises au niveau officiel, c’est-à-dire, au niveau non politique, ont été prises de manière méticuleuse au niveau officiel, non politique, et il n’y a eu aucune interférence d’éléments politiques dans cette décision. »

Avec des informations de CBC et de Thomson Reuters

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