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Hivon confirme que Lisée lui a offert de prendre sa place de chef du PQ avant les élections

Jean-François Lisée et Véronique Hivon.
Jean-François Lisée et Véronique Hivon, lors d'une annonce électorale en septembre 2018. Photo: Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel
Radio-Canada

Véronique Hivon confirme que Jean-François Lisée lui a offert deux fois plutôt qu'une de lui céder les commandes du Parti québécois avant les dernières élections, tel que ce dernier l'écrit dans un long article publié vendredi sur le site de L'actualité. « J'ai dû réfléchir, mais le plan ne tenait juste pas la route », affirme la députée de Joliette.

Dans son article, paru tout juste avant la prochaine publication d'un livre, Jean-François Lisée soutient avoir pensé à céder les rênes du parti une première fois en décembre 2017, après avoir constaté que seulement 9 % des Québécois considéraient qu’il était le « meilleur premier ministre » parmi les chefs de parti.

« Je tire le PQ vers le bas », écrit-il en repensant à cet épisode, survenu quelques mois à peine après qu’il eut reçu l’appui de 92,8 % des membres du PQ réunis en congrès.

M. Lisée dit avoir cru alors que Mme Hivon était une figure « plus consensuelle que lui », et qu’elle aurait pu être à l’origine d’un « rebond » du Parti québécois. « Elle va le considérer sérieusement » et « nous allons en discuter pendant une dizaine de jours », écrit-il.

Il soutient que Véronique Hivon était finalement en désaccord avec lui sur la « méthode d’atterrissage proposée », et qu’il a conséquemment décidé de rester. Il reconnaît que d’autres personnes auraient pu lui succéder, mais qu’il voulait à tout prix éviter qu’une course à la direction se tienne à quelques mois du prochain scrutin.

L’ancien chef péquiste affirme qu’il est revenu à la charge l'été suivant, en envisageant que le changement de chef se produise le 13 août, soit 10 jours avant le déclenchement de la campagne électorale.

« Mon espoir était que son irruption au premier plan modifierait la dynamique. Sa présence aux débats désarçonnerait François Legault, Philippe Couillard et Manon Massé, écrit-il. Dans tous les cas de figure, je resterais comme soutien. »

L’affaire ne s’est finalement pas concrétisée. M. Lisée a mené la campagne péquiste, qui s’est soldée par le pire résultat électoral de l’histoire du parti. Il a annoncé sa démission sur-le-champ.

M. Lisée avait baptisé cette opération « Jacinda », du nom de l’actuelle première ministre de la Nouvelle-Zélande. Cette dernière avait pris la place du leader travailliste à quelques semaines des élections de 2017, ce qui avait propulsé le parti vers la victoire.

« Ça s'est produit à deux reprises », confirme Hivon

« Effectivement, ça s'est produit à deux reprises », a commenté Véronique Hivon lors d'une mêlée de presse, vendredi après-midi. Elle a confirmé la chronologie décrite par son ancien chef.

Elle soutient que le plan de M. Lisée faisait abstraction des règles démocratiques du Parti québécois, et notamment du fait qu'Alexandre Cloutier s'était classé à la deuxième place lors de la dernière course à la direction du parti.

« Je n'étais pas du tout d'accord avec le plan. Je jugeais qu'Alexandre Cloutier devait être impliqué dans les discussions », a-t-elle commenté.

La députée de Joliette affirme avoir été « très surprise » que M. Lisée revienne à la charge pendant la période estivale, puisqu'il lui avait dit au printemps qu'il avait une « ultime possibilité de démissionner » avant que le Conseil national du parti ne se réunisse, fin mai. Elle dit avoir compris à l'époque qu'il allait rester en poste.

Mme Hivon affirme qu'elle n'aurait eu « aucune légitimité » en se présentant aux électeurs comme cheffe intérimaire du parti à la dernière minute, et que cela l'aurait placée au cœur d'une « zone de turbulence très intense en début de campagne électorale ».

« Ça pouvait donner une impression de panique, de déstabilisation », a-t-elle laissé tomber. Elle croit également que l'opération aurait distillé « une petite part de cynisme », dans la mesure où un chef de parti doit être plus qu'une simple image, mais plutôt la tête de proue d'une équipe.

Stratégie électorale : Lisée persiste et signe

Dans son texte, l'ex-chef défend une fois de plus sa stratégie de s'attaquer à Québec solidaire en fin de campagne. Pendant le débat des chefs de TVA, M. Lisée avait interpellé la co-porte-parole de Québec solidaire, Manon Massé, pour lui demander qui était le vrai chef de son parti.

Cette tactique n'avait apparemment pas plu à tout le monde au parti. À l'époque, M. Lisée avait laissé entendre que sa vice-chef, Véronique Hivon, n'était pas d'accord.

M. Lisée révèle même que dans ce cas précis, il n'avait pas consulté son entourage avant de se lancer. Seule sa conjointe était au courant.

« Je ne dis pas que ces journées ont été faciles. Je ne dis pas que j'étais complètement certain d'avoir raison ou que j'étais convaincu que ça marcherait. Du terrain, on recevait des indications contradictoires sur les réactions des électeurs », soutient-il.

« Mais que disaient les indicateurs? Dans les premiers jours suivant le débat, la progression de QS décélère. Le lundi 24 septembre, quatre jours après le débat, la montée de QS est bloquée à quelques décimales de franchir la ligne du PQ. Puis, QS se met à baisser assez fortement. Ça a marché. »

Depuis des années, je répète à mes enfants : "l'important, au fond, ce n'est pas d'échouer ou de réussir. L'important est d'avoir donné le meilleur de soi-même pendant la tâche, d'avoir grandi, d'avoir appris, de s'être dépassé." Parfois, cela mène à la victoire. Sinon, cela mène à la satisfaction du devoir accompli. Ce n'est pas aussi bien. Mais ce n'est pas si mal.

Jean François Lisée

Avec les informations de La Presse canadienne

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