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chronique

Jeux du Canada, sports et famille

Quatre patineuses de vitesse de la Colombie-Britannique ont grimpé sur un signe géant de Red Deer.

Les histoires de famille marquent les Jeux du Canada à Red Deer

Photo : Jeux du Canada / Jenise Powers

Patrick Henri

Certaines personnes donneraient tout ce qu'ils ont pour avoir la chance de voir leur visage à la télévision. Pour mes deux garçons, âgés de huit et quatre ans, il n'y a rien d'exceptionnel à voir un visage familier dans la boîte carrée de la maison. Ils voient le mien très régulièrement au Téléjournal.

On oublie parfois que notre quotidien, bien banal, peut sembler être extraordinaire pour les gens autour de nous.

Pendant deux semaines à Red Deer, j’ai baigné dans un environnement de sportifs.

J’ai été entouré d’athlètes, d’entraîneurs, d’officiels et de familles. Chaque jour, j’ai été victime de nouvelles crises d’émerveillement.

Pourtant, pour tous ces gens que j'ai rencontré, le sport, c’est la réalité quotidienne.

Des histoires de famille

Lors de la première semaine, j’ai été vraiment impressionné de constater que les familles de tous les membres de l’équipe de ringuette du Nouveau-Brunswick avaient fait le voyage à Red Deer en Alberta pour assister aux Jeux du Canada.

Des parents de membres de l'équipe de ringuette du Nouveau-Brunswick assistent à un entraînement.

De nombreux parents ont fait le voyage à Red Deer pour les Jeux du Canada

Photo : Radio-Canada / Jocelyn Boissoneault

Je n’en revenais pas que chaque famille ait investi de cinq à six mille dollars pour une semaine passée dans le froid hiver albertain.

Pourtant, pour ces parents, il n’y avait rien de plus normal. Même chose pour les filles de l’équipe. Leurs parents sont toujours là lors des compétitions, pourquoi n’y seraient-ils pas cette fois-ci?

Pour ces familles, voyager des milliers de kilomètres et dépenser des milliers de dollars, c’est le quotidien, c’est un peu banal.

J’ai demandé à deux de ces parents de m’accorder une entrevue à la caméra.

WOW! Pour elles, ÇA, c’était spécial. Pour moi, une autre journée au travail.

J’ai aussi eu la chance de rencontrer la famille Côté. Benjamin est un patineur de vitesse sur courte piste. Pour passer plus de temps avec lui, son père est devenu officiel de course.

J’ai rencontré Pascale Paradis, une athlète de biathlon, dont le père était l’annonceur pendant les courses.

Janick Lacroix en sueur donne une entrevue après le match.

Le boxeur Janick Lacroix repart avec la médaille d’argent aux Jeux du Canada 2019.

Photo : Radio-Canada / Patrick Henri ‏

Janick Lacroix a perdu son entraîneur dans une tragédie en juillet 2016. Mike Kucik était comme un père pour le jeune boxeur. Celui-ci m’a confié que lors de chaque combat, il entend sa voix quand il se rend dans son coin.

Après un match de son équipe, le hockeyeur albertain Marc Lajoie a hâte de parler avec son père afin de savoir ce qu’il en a pensé. Serge Lajoie devait être l’entraîneur de l’équipe masculine lors des jeux, mais il a dû abandonner son poste lorsqu’il a été embauché par les Blazers de Kamloops.

Serge Lajoie a quand même regardé tous les matchs en webdiffusion.

Isabelle,la soeur de Marc, attend elle aussi impatiemment de parler à son père après chacune des rencontres de l’équipe féminine de l’Alberta. Isabelle est une mordue de hockey et m’a confié que son joueur préféré était son frère cadet.

Lors de la deuxième semaine, j’ai rencontré Alain et Anna Parent lors des courses de ski de fond. Alain m’a révélé que ce n’était que la troisième fois de sa vie qu’il assistait à une compétition de ski comme spectateurs.

Habituellement, il est soit athlète, soit entraîneur. Cette fois, il était à Red Deer pour voir skier sa fille de 18 ans.

J’ai rencontré Richard Gagnon, membre de l’équipe de mission de l’Alberta et son fils Nicolas, médaillé d’argent en judo.

Greta Goasdoue-Wallace, une judoka habituée d’avoir son père à ses côtés lors des moments difficiles, a dû attendre la fin des compétitions avant de lui partager la tristesse qu’elle ressentait après une difficile défaite car il était l’annonceur des combats.

Dave et Heather Nedohin ont passé six heures par jour au club de curling Pidherney afin de voir leur fille Alyssa défendre les couleurs de l’Alberta.

Après sa première médaille d’or en ski de fond, Rémi Drolet m’a dit en entrevue qu’il espérait que sa soeur Jasmine allait aussi en remporter une, ce qu’elle a fait quelques jours plus tard.

Justin Ekowsky, médaillé de bronze en judo pour le Manitoba était tellement surpris quand je lui ai dit que j’avais connu son grand-père, Laval Pelchat de Saint-Paul en Alberta qu’il est allé chercher sa soeur Sarah, pour qu’on puisse parler de lui.

Notre dossier sur les Jeux du canada 2019 à Red Deer en Alberta

Faire sa propre trace

Une de mes plus belles rencontres a été celle avec la judoka Evelyn Beaton, après son combat pour la médaille d’or en judo chez les moins de 44 kilos.

Elle était très fière d’elle, car elle venait de livrer des combats à filles de 17 ans. Evelyn n’a que 13 ans.

Son père Ewan a participé à deux reprises aux Jeux olympiques. En 1992, il avait terminé au septième rang. Quatre ans plus tard, il avait terminé 33e.

Quand j’ai demandé à Evelyn si elle avait choisi le judo pour suivre les traces de son père, sa réponse m’a fait sourire. Puis réfléchir.

Non, je ne veux pas suivre les traces de mon père parce qu’il n’a pas gagné aux Olympiques. Moi, je veux gagner.

Evelyn Beaton, jukoka

Une réponse sensationnelle pour une fille d’un si jeune âge, une réponse qui en dit long sur l’ambition qu’elle peut avoir.

Pour elle, pas question de passer toutes ces années à s’entraîner dans le seul but d’aller faire acte de présence aux Jeux olympiques.

Ce n’est qu’un au revoir

Depuis deux semaines, je vous raconte de merveilleuses histoires de famille, sur nos médias sociaux, notre site web, à la radio et à la télévision.

Chaque jour, avec mes collègues experts en images Jocelyn Boissonneault et Richard Marion, nous avons allumé une caméra, offert un micro, pour que des gens nous racontent leur histoire.

Je suis fier de leur avoir donné une vitrine, eux sont, du moins je le crois, heureux d’avoir eu un petit moment de gloire sur nos plates-formes.

J’ai eu un énorme plaisir à vous partager mes rencontres. Maintenant, il est temps de sortir de la boîte dans laquelle mes enfants me voient tous les soirs depuis deux semaines, pour aller les retrouver.

Merci de nous avoir suivis pendant les Jeux du Canada.

À bientôt!

Alberta

Événements sportifs