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analyse

Pénurie de main-d'œuvre : la communauté d'affaires invitée à se réinventer

Le maire Régis Labeaume a fait part de ses préoccupations devant un auditoire de 300 personnes.

Le maire Régis Labeaume a fait part de ses préoccupations.

Photo : Radio-Canada / Louise Boisvert

Louise Boisvert

Le maire Régis Labeaume ressort de son Sommet sur la main-d'œuvre tenu cette semaine avec l'appui de la communauté d'affaires pour convaincre les gouvernements de mettre en place des mesures spécifiques pour la région en matière d'immigration. En attendant de remporter cette bataille, les entrepreneurs ont tout intérêt à demeurer créatifs et ouverts pour continuer de recruter des travailleurs d'ici­.

Le maire de Québec espérait faire un grand coup : que la communauté d'affaires parle d'une seule voix pour revendiquer un traitement rapide et efficace dans le recrutement de travailleurs étrangers.

Régis Labeaume plaide depuis des mois, sur toutes les tribunes, qu'il ne s'agit plus d'un problème, mais bien d'une crise.

Il reconnaît que son message ne porte pas autant qu'il le voudrait auprès des gouvernements.

Les démarches, même si je suis le maire de Québec, ont leurs limites.

Régis Labeaume, maire de Québec

Le maire Labeaume a choisi de ne pas se présenter en commission parlementaire la semaine dernière pour discuter du projet de loi 9 du ministre de l'Immigration qui propose des mesures pour faciliter le recrutement et l'intégration des nouveaux arrivants.

Il préférait que le ministre vienne lui-même, devant les gens d'affaires, faire la démonstration que son projet de loi répond aux besoins des entrepreneurs.

Mais lors de ce Sommet sur la main-d'oeuvre, le ministre Simon Jolin-Barrette n'aura pas réussi à les rassurer complètement.

Certains craignent que les nouvelles règles annoncées, notamment le test des valeurs et de connaissance du français après trois ans, viennent mettre en péril tous les efforts faits au cours de cette même période pour recruter, former et intégrer leurs travailleurs étrangers.

Quand une entreprise se tourne vers l'immigration pour combler ses besoins, c'est déjà un investissement financier majeur. Impossible d'en rajouter.

Le ministre Jolin-Barrette aurait eu intérêt à lancer le message clair que son projet ne va pas alourdir encore plus leur tâche.

Changement de culture

Ce qui ressort aussi de cette rencontre, c'est la nécessité pour les entrepreneurs d'opérer un important virage.

Dans une situation de pénurie de main-d'œuvre qui est là pour durer, ils devront faire preuve d'ouverture et de créativité pour recruter des talents parmi les clientèles délaissées : les jeunes, les personnes handicapées, les personnes judiciarisées, les membres des Premières Nations et les personnes expérimentées.

Le ministre du Travail et de l'Emploi a d'ailleurs été plus éloquent que son confrère Jolin-Barrette en parlant des mesures plus concrètes qui seront rendues publiques lors du dépôt du budget le 21 mars.

Il promet des mesures fiscales pour ne pas pénaliser injustement des personnes retraitées qui souhaitent travailler quelques heures par semaine. Il entend aussi bonifier l'aide à la formation. « On a un intérêt commun », a-t-il dit aux participants.

Exception pour Québec

Une invitation avait également été transmise au premier ministre François Legault pour qu'il assiste à cette journée de réflexion. M. Legault l'a déclinée.

Qu'à cela ne tienne, le maire Labeaume lui a remis, il y a deux semaines, un plan d'action pour accélérer l'arrivée de travailleurs étrangers.

Il voudrait que l'on implante à Québec un projet pilote calqué sur le programme d'immigration Canada-Atlantique. Un plan mis en place pour appuyer des régions à plus faible attractivité et pour attirer des candidats qui répondent directement aux besoins du marché.

Il réclame que les délais pour obtenir un statut de résident permanent soient de six mois, et de huit semaines pour obtenir un statut de travailleur temporaire.

Le maire plaide toujours pour une exception pour Québec. Il a maintenant toute une communauté d'affaires qui l'appuie.

Louise Boisvert analyse la politique municipale à Québec

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