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Les musiciens autochtones à l'heure de la mondialisation

Organisateurs et participants au Sommet international des musiques autochtones (ShoShona Kish, 3e en partant de la gauche) Montréal, février 2019

Organisateurs et participants au Sommet international des musiques autochtones (ShoShona Kish, 3e en partant de la gauche) Montréal, février 2019

Photo : FAI2019

Radio-Canada

Le premier Sommet international des musiques autochtones s’est tenu à Montréal en février dans le cadre de la 31e édition de la Folk Alliance International Conference, le plus gros rassemblement des professionnels de l'industrie de la musique Folk.

par Marc Fournier

Imaginé, organisé et animé par l’artiste et activiste ShoShona Kish du groupe canadien Digging Roots, ce sommet avait pour but de rassembler des artistes autochtones du monde entier.

Il s'agissait de discuter en compagnie d’aînés et de vétérans de la scène internationale de stratégies communes, mais aussi des défis auxquels les artistes autochtones sont confrontés.

Que l’on soit Sami de Scandinavie, Aborigène d’Australie, Māori de Nouvelle-Zélande, Mestizo du Mexique ou Inuk, les histoires sont similaires; les clichés et les obstacles demeurent encore trop nombreux.

La chanteuse d'origine crie Buffy Sainte-Marie, en conférencière invitée, a su galvaniser l’audience en partageant ses observations et ses conseils de vétérane du milieu. Du haut de ses 78 ans, la chanteuse a connu plus d'une difficulté tout au long de ses 50 ans de carrière.

Le duo canadien Twin Flames, artistes en résidence à la Folk Alliance International Conference, à Montréal, février 2019Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le duo canadien Twin Flames, artistes en résidence à la Folk Alliance International Conference, Montréal, février 2019

Photo : Radio-Canada / Marc FOURNIER

Parallèlement, la Folk Alliance a choisi une formation autochtone canadienne pour son projet d'artiste en résidence pour cette édition de sa conférence annuelle en collaboration avec l'UNESCO qui a proclamé l'année 2019 Année internationale des langues autochtones.

On a demandé au groupe Twin Flames d'écrire une chanson et de produire un vidéo-clip sur le thème de l'identité et des langues. On a profité de l'occasion pour présenter le « bébé » de cette résidence, la chanson Human, qui a été lancée officiellement.

Le ténor d'origine Wolastoqiyik (Malécite) Jeremy Dutcher avait parlé de « renaissance » de la musique autochtone lors de son discours de remerciement lorsqu'on lui a remis le prix Polaris en septembre dernier, un prix qui est remis par les critiques musicaux.

Cette renaissance doit se faire une niche sur le plan international. L'établissement des bases d'un réseautage international devient dans ce contexte essentiel.

C’est surtout une façon de se réapproprier nos façons de faire et nos histoires. Depuis trop longtemps, nous avons été à la solde d’une industrie qui nous dictait sa conduite, notre conduite. Avec les nouvelles technologies et un réseau bien établi, nous pouvons dorénavant reprendre le contrôle.

ShoShona Kish chanteuse d'origine anichinabée

Force est de constater que les femmes sont au premier plan de cette révolution.

Parmi les artistes invités à ce sommet, la grande majorité était des femmes : de la jeune Raye Zaragoza, artiste engagée venue des Étas-Unis (où sa chanson In The River: A Song for Standing Rock devint virale en 2016), à Shellie Morris, grande voix et ambassadrice maintes fois primée des Aborigènes d’Australie, en passant par Tanya Tagaq, d'origine inuite, qui a clos la conférence avec une allocution à l’image de ses multiples talents qui a secoué l’audience.

Alternant entre chants de gorge improvisés et lectures de passages de son roman Split Tooth (finaliste au prestigieux prix Giller l’an dernier), l'artiste inuite y est aussi allée de quelques observations qui lui ont valu une ovation.

Je rêve qu’un jour le gouvernement canadien renverse la vapeur et mette autant d’efforts et de moyens à raviver nos traditions, à faire revivre des langues aujourd’hui oubliées par notre jeunesse, qu’il a tenté d’anéantir pendant si longtemps

Tanya Tagaq, artiste inuite

Le prochain sommet aura lieu l’an prochain à La Nouvelle-Orléans.

L'artiste inuite Tanya Tagaq lors de l'allocution de clôture de la Folk Alliance International Conference, Montréal, février 2019Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'artiste inuite Tanya Tagaq lors de l'allocution de clôture de la Folk Alliance International Conference, Montréal, février 2019

Photo : Radio-Canada / Marc FOURNIER

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