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Accusés d'avoir molesté des enfants, le pasteur Monette et sa femme sont remis en liberté

L'Église biblique baptiste métropolitaine sud est située sur le boulevard Mountainview, dans l'arrondissement de Saint-Hubert, à Longueuil.

Photo : Radio-Canada

Jérôme Labbé

Le pasteur Mario Monette et son épouse Carole Van Houtte, à qui l'on reproche d'avoir brutalisé des enfants pendant une période de 45 ans, ont recouvré une certaine liberté, vendredi, après avoir formellement comparu au palais de justice de Longueuil. Ils devront toutefois respecter de nombreuses conditions.

Mario Monette et son épouse sont membres de l'Église biblique baptiste métropolitaine sud, dans l'arrondissement de Saint-Hubert, à Longueuil.

Tous deux ont été arrêtés jeudi au terme d'une enquête du Service de police de l'agglomération de Longueuil (SPAL) amorcée en février 2018. Ce sont des victimes, aujourd'hui adultes, qui ont porté plainte à la police.

Une photo du couple.

Le pasteur Mario Monette et son épouse, Carole Van Houtte.

Photo : Église biblique baptiste métropolitaine sud (site web)

Les deux suspects, âgés de 65 ans, font face à 32 chefs d'accusation, dont agression armée, voies de fait, menaces, séquestration et incitation à commettre un acte criminel.

Selon l'acte d'accusation, Mario Monette et Carole Van Houtte auraient posé ces gestes entre 1974 et 2019 sur au moins huit mineurs. Le SPAL croit néanmoins qu'il pourrait y avoir encore plus de victimes.

Jeudi, l'agent Jean-Pierre Voutsinos avait expliqué que le couple exerçait un contrôle psychologique important sur certains membres de l'église. En plus d'infliger des châtiments corporels à des enfants, il prêchait et encourageait les fidèles à faire de même sur leurs propres enfants.

Des conditions « relativement strictes »

Des membres de l'Église biblique baptiste métropolitaine sud étaient présents au palais de justice, vendredi.

Une ordonnance de non-publication a été émise, toutefois, dans le but de protéger l'identité des victimes, de même que celle des témoins appelés à livrer leur version des faits devant le juge.

Le couple sera de retour en cour le 29 avril.

En attendant, il devra respecter plusieurs conditions. Mario Monette et Carole Van Houtte devront par exemple remettre leur passeport aux autorités et payer une caution de 500 $ chacun. Il leur sera aussi interdit de servir ou de prendre la parole dans un rassemblement religieux, de se retrouver en position d'autorité auprès de jeunes de moins de 16 ans, d'entrer en contact avec les victimes ou de faire référence au dossier sur les réseaux sociaux. Le pasteur devra en outre remettre les armes qu'il possède à la police.

« Ce sont des crimes qui datent de plusieurs années, [commis par] des individus qui n'ont pas d'antécédents, et je n'ai aucune raison de soupçonner qu'ils ne respecteront pas les conditions que j'ai demandées », a commenté le procureur de la couronne, Miguel Boisvert, à sa sortie de la salle de cour. Ces conditions, selon lui, sont « relativement strictes et assez détaillées ».

Le ministère public sent que la population est en sécurité face à un individu remis en liberté avec ces conditions.

Miguel Boisvert, procureur de la Couronne

Mario Monette a inauguré l'Église baptiste métropolitaine sud en 1982 à la demande de l'Église mère, située dans les Cantons-de-l'Est. Sur le site web de la congrégation, on le décrit comme un excellent étudiant de la Parole de Dieu qui a effectué plusieurs voyages de missionnariat, notamment aux Philippines, en Inde et en Côte-d'Ivoire.

Avec la collaboration de Valérie Micaela Bain, Mélissa François et Marc Verreault

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