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Survivre en forêt grâce aux livres

Petite boîte en bois avec des livres dedans posés sur un vieux tronc d'arbre

Plus d'une trentaine de bibliothèques de survie ont été installées en pleine nature, dont celle-ci, à l'île-aux-Amours, au parc du Bic.

Photo : Courtoisie Charles Sagalane

Julie Tremblay

Survivre en forêt grâce aux livres, c'est le pari que fait, mi-sérieux mi-moqueur, le poète Charles Sagalane en installant, de la Nouvelle-Écosse au Manitoba en passant par le parc du Bic, ce qu'il appelle des « bibliothèques de survie ».

L'idée derrière tout ça? Donner une vie sauvage aux livres, les sortir des bibliothèques et les faire surgir, au hasard d'une balade au grand air.

Je me suis dit : “je vais mettre dans des endroits très reculés des bibliothèques de survie qui vont sauver la vie des gens”, explique l'auteur. C'est un peu une boutade, mais les gens, c'est peut-être le seul livre qu'ils vont lire pendant l'année, donc il y a un petit sauvetage, disons!

Livre de Dany Laferrière et un document explicatif au sujet des bibliothèques de survie

Un exemple de ce que vous pouvez trouver dans l'une des bibliothèques de survie.

Photo : Radio-Canada / Julie Tremblay

Selon Charles Sagalane, prendre un livre en pleine nature et se laisser surprendre donne une autre saveur à la lecture.

Les visiteurs qui tombent sur un livre par hasard, souvent, vont avoir une disponibilité qui n'est pas là même que lorsqu'ils sont dans leur salon ou à la bibliothèque.

Charles Sagalane, auteur et instigateur des bibliothèques de survie

La langue, un couteau suisse

S'il fait surgir les livres dehors, Charles Sagalane fait aussi surgir la poésie là où on ne l'attend pas d'emblée. Dans son dernier recueil, Bric-à-brac au bord du lac, l'auteur écrit au sujet d'objets aussi prosaïques qu'une balayeuse, une lampe ou une calculatrice.

Charles Sagalane devant un présentoir de son dernier livre de poésie

L'auteur Charles Sagalane lors de son passage au Salon du livre de Rimouski, en novembre.

Photo : Radio-Canada / Julie Tremblay

Si on est poète on peut parler de nos émotions, mais on peut aussi parler de sa trousse de toilette ou de sa scie mécanique et trouver un angle qui intéresse les gens, plaide-t-il.

Ainsi,

sans se parler

le gel et
le dégel

on fait
de la dentelle

avec la trace
du ski-doo

- Extrait de Bric-à-brac au bord du lac, de Charles Sagalane

Ce théâtre d'objets mis en scène par Charles Sagalane a des parentés certaines avec les Calligrammes d'Apollinaire, ou avec Les choses de Perec, mais avec une pointe d'humour qui pourrait convaincre les lecteurs qui hésitent à s'aventurer dans un livre de poésie.

La langue c'est aussi un espèce de couteau suisse. Selon les milieux, ça va servir autrement. [...] Plus on change les perspectives, les horizons, plus il y a une plus-value à l'expérience qu'on peut donner au lecteur.

Charles Sagalane

Et même si les objets sont rois dans le dernier recueil de Charles Sagalane, il ne manque pas de nous rappeler que si les choses/inspirent//il faut/ savoir//les choses/ expirentet que rien de sert d'acquérir//il faut se départir/ à point.

Prix de poésie : Inscrivez-vous du 1er avril au 31 mai

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