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Le Centre d'amitié autochtone ouvre une clinique médicale à Saguenay

Kevin Bacon et Ariane Rousseau dans le hall d'entrée de la maison de Radio-Canada à Saguenay.

Kevin Bacon et Ariane Rousseau du Centre d’amitié autochtones du Saguenay

Photo : Radio-Canada

Mélyssa Gagnon
Doris Larouche

Une clinique médicale voit le jour au Centre d'amitié autochtone du Saguenay.

En entrevue à l’émission Style libre, la coordonnatrice santé et services sociaux de l’organisme, Ariane Rousseau, a expliqué que trois médecins ont récemment décidé de s’impliquer auprès des membres des Premières Nations qui fréquentent les installations de la rue Jacques-Cartier, à Chicoutimi.

L’initiative découle d’un projet pilote mis en place en 2016 en partenariat avec le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux du Saguenay-Lac-Saint-Jean (CIUSSS). Pendant huit mois, une infirmière a visité le Centre d’amitié autochtone pour rencontrer la clientèle.

Les recherches démontrent que les personnes autochtones utilisent beaucoup moins les services de santé et de services sociaux. Souvent, les services vont être utilisés lors de crises ou de douleurs physiques aiguës. Pour adapter les services au niveau culturel, il y a eu ce projet-là. En seulement six mois, l’infirmière a ouvert 80 dossiers et posé plus de 350 actes, met en contexte Ariane Rousseau.

Récemment, la direction du Centre d’amitié autochtone du Saguenay a décidé de relancer le projet de clinique, mais cette fois avec des médecins. Les Dres Sharon Hatcher, Valérie Allard et Laurence Simard ont offert leurs services à hauteur d’une demi-journée par semaine chacune.

On est actuellement en négociations avec le CIUSSS pour voir si on ne pourrait pas offrir plus de services. Actuellement, on a une liste d’attente importante et on voit vraiment qu’il y a des besoins. Il y a un écart au niveau de l’espérance de vie chez les personnes des Premières Nations. Le diabète est un phénomène inquiétant, fait valoir Ariane Rousseau.

Kevin Bacon, agent de promotion et membre fondateur du centre, explique qu’un sondage mené en 2015 démontre qu’environ 1500 autochtones vivent à Saguenay.

Avec le traumatisme qu’il y a eu avec les pensionnats indiens dans les années 60, quand la DPJ prenait les enfants et les emmenait sans que les parents sachent où, quelque chose a brisé. Cette crainte-là s’est établie auprès des familles. Aujourd’hui, il y a réconciliation et un modèle comme la clinique est un bel exemple de réconciliation, pense Kevin Bacon.

Selon la coordonnatrice Ariane Rousseau, certains autochtones craignent de consulter un médecin dans une clinique du réseau public de santé en raison de préjugés véhiculés à leur égard.

Souvent, des gens nous disent qu’ils ont été victimes de racisme ou de discrimination. On va présupposer que la personne est alcoolique et que c’est pour ça que son taux de diabète est plus élevé. Il y a des craintes qui sont aussi historiques, note-t-elle.

Ariane Rousseau ajoute que le modèle de la clinique du centre d’amitié autochtone rappelle celui des dispensaires présents dans les communautés, que les autochtones ont l’habitude de fréquenter pour recevoir des soins de base sans devoir présenter leur carte d’assurance-maladie.

Quand les gens arrivent en ville, c’est un autre système complètement

Ariane Rousseau, coordonnatrice en santé au Centre d'amitié autochtone du Saguenay

Fondé en 2010, le Centre d’amitié autochtone fête son neuvième anniversaire cette semaine.

Ce lieu de rencontre a été mis en place pour permettre aux membres des Premières Nations qui vivent à Saguenay de se rassembler et d’échanger.

Saguenay–Lac-St-Jean

Autochtones