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Quel avenir pour les communautés en situation minoritaire?

Des gens sur une scène.

Le grand débat réunissait des acteurs de la communauté francophone ontarienne.

Photo : Radio-Canada

Jean-François Morissette

Est-ce que les gouvernements devraient investir davantage dans les communautés en situation minoritaire? C'est la question à laquelle tentaient de répondre six panélistes lors d'un débat sur l'avenir des francophones hors Québec.

Questionné à savoir si le gouvernement doit soutenir les communautés minoritaires, Jean-Serge Brisson, porte-parole pour le groupe Canadians for Language Fairness, est catégorique : l’argent serait mieux investi s’il était retourné directement dans les poches des francophones.

Les gens doivent recevoir l’argent directement dans leur poche, car ils savent comment le dépenser, explique le porte-parole du groupe Canadians for Language Fairness.

Tasha Kheiriddin estime que le soutien du gouvernement pour les communautés en situation minoritaire dans un pays où il y a deux langues officielles est nécessaire. Selon elle, il est impossible que les communautés se soutiennent elles-mêmes.

Si les droits sont vraiment des droits, il faut soutenir ces droits, car c’est le seul moyen de protéger les communautés minoritaires, explique Mme Kheiriddin.

C’est impossible pour les minorités de se soutenir toutes seules sans assistance.

Tasha Kheiriddin, commentatrice politique.
Des gens sur une scène.

Des acteurs de la communauté francophone ont débattu de l'avenir des communauté en situation minoritaire.

Photo : Radio-Canada

Respect des minorités

Les panélistes ont affirmé que l’une des erreurs de la crise linguistique de novembre dernier était l’absence de consultation. Stéphanie Chouinard, professeure adjointe au Collège militaire royal de Kingston et chercheuse à l’Université d’Ottawa, a notamment noté que l’abandon du projet de l’Université de l’Ontario français a été fait sans que les Franco-Ontariens soient consultés.

Il est important de s’asseoir avec les communautés pour s’assurer que leurs droits sont respectés, a-t-elle souligné

Tasha Kheiriddin estime quant à elle que les gouvernements doivent prendre des décisions qui sont basées sur des aspects économiques, mais qu’il existe aussi le besoin de soutenir les communautés minoritaires. C’est ce qui devrait primer, note-t-elle.

Le commissaire aux services en français, François Boileau, croit que, dans une démocratie, la majorité anglophone doit respecter ses minorités et qu’il faut que les décisions prises par cette majorité se prennent dans le cadre d’une loi qui respecte les minorités.

Jean-Serge Brisson a réitéré à maintes reprises qu’une culture est vivante par sa communauté et ne devrait pas avoir à dépendre de fonds gouvernementaux pour subvenir à ses besoins.

Des personnes sur scène.

Les panélistes sur scène.

Photo : Radio-Canada

Mobiliser les anglophones

Fayza Abdallaoui, présidente du Mouvement ontarien des femmes immigrantes francophones (MOFIF), avance pour sa part que les anglophones doivent être sensibilisés à la situation des communautés minoritaires, et que ces dernières puissent compter sur leur appui dans des causes qui les touchent.

On a l'impression d'être toujours un peu seuls. Les alliés, ça va être aussi les anglophones.

Fayza Abdallaoui, présidente du Mouvement ontarien des femmes immigrantes francophones

Melchior Mbonimpa, auteur, professeur et philosophe à l’Université Laurentienne, a ajouté que les francophones ont le rôle de mieux expliquer leurs projets afin de convaincre les anglophones de les suivre.

A-t-on besoin de philanthropie franco-ontarienne?

Selon Tasha Kheiriddin, l’une des raisons qui expliquent le manque de financement pour les arts et la culture en situation minoritaire est le manque de participation du privé.

Une affirmation qui n’a pas reçu l’approbation du commissaire Boileau. Selon lui, c’est le devoir du gouvernement d’investir dans l’art et la culture.

Si on n’investit pas dans les arts, on va devenir des automates.

François Boileau, commissaire

Il lance même l’idée d’imposer une politique du livre en Ontario.

Des gens sur une scène

Les animateurs Gabrielle Sabourin et Mathieu Nadon avec le panel d'invités.

Photo : Radio-Canada

Une crise qui a secoué la francophonie canadienne

En novembre dernier, le gouvernement ontarien a mis fin au projet de création de l'Université de l'Ontario français, une décision motivée par les « défis financiers » de la province, avance alors le premier ministre de l'Ontario, Doug Ford. Le gouvernement dissout du même souffle le Commissariat aux services en français. Le traitement des plaintes sera désormais une responsabilité de l'ombudsman de la province.

Rapidement, cette décision a soulevé l'indignation des francophones aux quatre coins du pays. Une mobilisation amène plusieurs milliers de francophones et francophiles dans les rues pour manifester contre les choix du gouvernement Ford en matière de francophonie.

Dans la foulée de cette crise et du 50e anniversaire de la Loi sur les langues officielles, Radio-Canada Ontario a choisi d'organiser un débat public sur cette situation pour les communautés de langue officielle en situation minoritaire.

Toronto

Francophonie