•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Trois centres d’injection supervisée protégés par la Cour fédérale

Un toxicomane manipule une seringue.

Les centres d'injection supervisée donnent la possibilité de s'injecter des drogues en sécurité et sous la supervision de professionnels.

Photo : Getty Images / Spencer Platt

Mirna Djukic

Trois centres d'injection supervisée ont remporté une bataille juridique, jeudi, devant la cour fédérale. Ils resteront tous trois ouverts, contrairement à ce qu'espérait une association de commerçants d'Edmonton.

Selon le juge Richard Mosley, l’ouverture de trois centres d’injection supervisée dans le centre-ville d’Edmonton était « raisonnable » et a été accompagnée d'une consultation suffisante de la population.

La cour a essentiellement jugé que l’ouverture de centres d’injection supervisée était à la discrétion du Ministère. Les voisins qui s’en inquiètent ont droit à une « équité procédurale » minimale, c’est-à-dire au droit de se faire entendre, mais cela a été respecté dans ce cas-ci.

La seule chose à laquelle l'Association des commerçants et du Chinatown d’Edmonton (CABA) pouvait légitimement s’attendre [...] c'était que ses inquiétudes soient entendues et étudiées.

Juge Richard Mosley, cour fédérale

Le Juge exige cependant que les centres collectent des données et soumettent des rapports à Santé Canada, au sujet de leur impact sur le taux de criminalité dans le voisinage.

Ces rapports seront étudiés lorsqu'il sera temps de renouveler leurs permis.

Des réactions partagées

« On est très heureux de pouvoir continuer à faire le travail que les centres font depuis le début, parce que c’est vital et crucial au moment où on a une épidémie de surdoses en Alberta », déclare Marliss Taylor, codirectrice du centre d'injection supervisée du Centre de services communautaires de Boyle street.

L’Association des commerçants et du Chinatown d’Edmonton (CABA), elle, est déçue : elle aurait voulu qu’au moins deux de ces trois centres ferment leurs portes.

Les centres de Boyle Street, Boyle McAuley Health et George Spady se trouvent tous trois dans son quartier d’affaires, ce qui lui fait craindre une hausse de la criminalité et du taux de consommation de drogues.

L’Association croit que le ministère de la Santé de l’Alberta aurait dû mieux la consulter avant d’autoriser l’ouverture de ces services.

On croit que ces gens [les usagers des centres] peuvent et devraient être aidés, mais pas en ignorant et en méprisant totalement la communauté où ils se trouvent.

Holly Mah, présidente du CABA

Selon Holly Mah, plusieurs autres villes ont centralisé les services d’injection supervisée à un seul endroit.

« On croit que notre requête était raisonnable », ajoute-t-elle.

Un précédent qui sera soigneusement étudié

Même si la CABA n’a pas l’intention de porter la cause en appel, ce jugement risque d’être soigneusement étudié.

Il existe une quarantaine de centres d’injection supervisée approuvés au Canada, alors que des dizaines d’autres sont en attente d'approbation. Plusieurs d’entre eux ont été contestés, notamment à Montréal, à Toronto et à Red Deer.

Alberta

Santé publique