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Quand le sabre devient une arme contre la discrimination

Léa-Marie Vincent lors d'un combat.

Léa-Marie Vincent lors d'un combat.

Photo : Dominique Vincent

Catherine Bouchard

Léa-Marie Vincent ne pourra pas compétitionner avec son arme de prédilection en escrime aux Jeux du Québec. La raison : il n'y a pas de catégorie pour les filles au sabre dans cette compétition. Elle s’est pourtant qualifiée lors de la finale régionale en sabre, en terminant deuxième contre des garçons, qui avaient parfois jusqu’à 15 ans

L’adolescente de 12 ans s’explique mal la situation. Moi, je trouve qu’il n'y a pas de différence de se battre contre des garçons ou des filles. On a tous nos points forts et nos points faibles. Comme, par exemple, mon point fort, c’est d’être gauchère et ça déconcentre mes adversaires, affirme Léa-Marie.

Ce qui me fâche, c’est que l’arme est réservée aux hommes, je ne comprends vraiment pas. Je trouve qu’il n'y a vraiment aucune différence, poursuit l’escrimeuse.

L'escrimeuse ne semble pas comprendre pourquoi même une distinction de genre est faite. Pour elle, les garçons et les filles sont exactement pareils.

Son père, Dominique Vincent, a décidé de dénoncer publiquement la question pour toutes les Léa-Marie qui voudraient, elles aussi, pouvoir compétitionner en sabre.

Je trouve ça triste. Je sais comment Léa-Marie aurait aimé le faire. Il y a quelque chose de plus profond, croit son père.

Léa-Marie Vincent, 12 ans, ira aux Jeux du Québec en escrime.

Ève-Marie Vincent, 12 ans, ira aux Jeux du Québec en escrime.

Photo : Dominique Vincent

Plusieurs arguments ont été servis à la famille de Léa-Marie pour expliquer le refus de lui permettre de compétitionner en sabre. On a d'abord invoqué l'absence de bloc pour les filles avec ce type d’arme, puisque peu d'entre elles pratiquent ce type de combat en régions.

Si on ne peut pas, pour des raisons d’horaires, aménager un bloc pour les filles, et qu’on a une fille qui a réussi à se qualifier, pourquoi on ne l'intégrerait pas avec les garçons? questionne son père.

Puis, des raisons de sécurité ont été invoquées. Un argument que réfute aussi Dominique Vincent, qui souligne au passage que sa fille est plus grande que nombre de garçons du même âge.

Symboliquement, on a une petite fille qui s’est classée, elle pourrait le faire, martèle son père.

Léa-Marie s’est qualifiée en épée et participera tout de même aux Jeux du Québec. Elle reste, malgré tout, passionnée de son sport. Ça m’apporte de la fierté. Je trouve ça cool de faire un sport qui est peu connu, conclut-elle.

Au moment d’écrire ces lignes, la Fédération québécoise d’escrime et Sport Québec n’avaient toujours pas rappelé Radio-Canada.

Mauricie et Centre du Québec

Escrime