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Legault prêt à traiter « en priorité » les dossiers d'immigration des candidats déjà au Québec

François Legault

François Legault est en faveur de traiter en priorité les dossiers d'immigration provenant de personnes vivant déjà au Québec.

Photo : Radio-Canada

Romain Schué

Le premier ministre François Legault a indiqué vouloir traiter « en priorité » les 3700 dossiers d'immigration concernant des personnes qui vivent déjà au Québec. Il a aussi assuré être prêt à formuler des excuses aux candidats qui patientent depuis plusieurs années pour venir au Québec « à cause de l'ancien gouvernement » libéral.

Ces 3700 dossiers, qui représentent environ 5500 personnes travaillant déjà au Québec grâce à un permis de travail temporaire, seront traités en priorité dans le nouveau système Arrima, a cependant précisé le premier ministre.

« Qu’ils s’inscrivent dans Arrima [pour] qu’on les traite en priorité. On peut faire ça seulement lorsque le projet de loi sera adopté », a-t-il indiqué devant les journalistes.

Pourquoi n'est-il pas possible de prioriser ces dossiers dès maintenant? « Il semble que ce n'est pas possible de le faire », a-t-il répondu, en évoquant « un système qui fonctionne [sur le principe du] premier arrivé, premier servi ».

Ces candidats, a-t-il précisé, devront s'inscrire par eux-mêmes dans Arrima, système mis en place l'été passé et actuellement suspendu jusqu'à l'adoption du projet de loi.

On s'engage à traiter en priorité les 3700 [dossiers] qui sont au Québec, qui sont déjà en réponse aux besoins du marché du travail.

François Legault, premier ministre du Québec

François Legault répondait à la demande formulée la veille par la protectrice du citoyen, Marie Rinfret, qui avait fait part de ses préoccupations dans le cadre des consultations menées sur le projet de loi 9.

Cette dernière, confiant être « extrêmement préoccupée », avait déploré la volonté du gouvernement de suspendre le traitement de 18 000 dossiers, ce qui représente entre 45 000 et 50 000 personnes. Il s'agit d'« une solution essentiellement administrative à un problème humain », avait-elle certifié devant les élus.

Jeudi, le ministre de l'Immigration, Simon Jolin-Barrette, n'a pas hésité à critiquer les propos de Mme Rinfret. « Elle fait des erreurs dans la compréhension du système d'immigration », a-t-il mentionné.

La protectrice du citoyen, Marie Rinfret, constate que les CHSLD « implantent des pratiques contraires à celles qui doivent guider la prestation des soins et des services dans un tel milieu ».

La protectrice du citoyen, Marie Rinfret, constate que les CHSLD «implantent des pratiques contraires à celles qui doivent guider la prestation des soins et des services dans un tel milieu».

Photo : Radio-Canada

De vives réactions

Les partis de l'opposition, qui ont refusé d'appuyer une motion du gouvernement Legault, ont dénoncé cette volonté de traiter prioritairement ces dossiers avec Arrima.

« Le tribunal a été clair. Il exige que le gouvernement reprenne le traitement des 18 000 dossiers. Il ne mentionne aucunement le transfert de ces dossiers », a écrit, sur les réseaux sociaux, Dominique Anglade, porte-parole du Parti libéral du Québec en matière d'immigration.

« Comment le ministre de l’Immigration compte-t-il traiter en priorité des dossiers dans un système qui ne fonctionne justement pas par priorité? N’importe quoi », a pour sa part déclaré la députée péquiste Catherine Fournier.

« Ce qu’on voulait, c’est que le gouvernement traite déjà les dossiers des gens qui sont au Québec maintenant », a-t-elle poursuivi, au cours d'une conférence de presse.

Le premier ministre s'est par ailleurs dit « d'accord » avec la proposition de Mme Rinfret de rembourser les candidats vivant à l'étranger, soit 14 300 dossiers.

« Il y a beaucoup de choses à corriger » à cause « de l'ancien système » et « de l'ancien gouvernement », a-t-il par la suite souligné durant la période des questions, en réponse au chef libéral par intérim, Pierre Arcand.

Savez-vous quoi? Dès que le projet de loi sera adopté, c’est exactement ce que l’on va faire.

François Legault, premier ministre du Québec

« Que vaut vraiment la parole du premier ministre? Chaque jour il dit une chose et son contraire », a commenté Pierre Arcand, après avoir assuré que « le premier ministre incarne à merveille l'improvisation du gouvernement ».

Pierre Arcand

Pierre Arcand critique les décisions prises par le gouvernement Legault dans les dossiers d'immigration.

Photo : Radio-Canada

Des excuses, mais pour la longue attente

François Legault a également dit être prêt à s'excuser, mais uniquement pour les décisions prises par le dernier gouvernement.

« Je pense qu’il faut s’excuser pour le délai d’attente qui était beaucoup trop long sous le gouvernement libéral », a détaillé François Legault, en français. Il a fait en référence aux 18 139 dossiers en attente de traitement au ministre de l’Immigration, mais aussi aux plus de 40 000 personnes qui patientent à Ottawa afin d'obtenir leur résidence permanente.

En raison des délais qui ne cessent de s’allonger, les candidats à l’immigration déjà sélectionnés par Québec, ou qui le seront prochainement, pourraient attendre plus de deux ans avant de pouvoir s’installer dans la province.

La protectrice du citoyen demandait plutôt d'envoyer des excuses par écrit aux candidats dont les dossiers ne seront pas traités et de leur expliquer la situation.

Aucune lettre d'excuses ne va être envoyée, a pour sa part certifié le ministre Jolin-Barrette.

S’il y a des gens qui devraient envoyer des lettres d’excuses, c’est bien le Parti libéral du Québec.

Simon Jolin-Barrette, ministre de l'Immigration

La protectrice du citoyen a indiqué avoir reçu une soixantaine de plaintes provenant de candidats concernés par cette décision de suspendre des milliers de demandes d'immigration.

En début de semaine, la Cour supérieure a forcé le gouvernement à reprendre le traitement de ces dossiers d'ici l'adoption du projet de loi.

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