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S'aventurer dans l’arrière-pays désormais plus sécuritaire au Québec

Randonnée en motoneige.
Chaque année, en moyenne 23 personnes perdent la vie à motoneige sur les sentiers québécois. Photo: Radio-Canada / Joane Bérubé
David Rémillard

Pratiquer la motoneige ou toute autre activité en milieu isolé est aujourd'hui plus sécuritaire au Québec qu'il y a dix ans, du moins en théorie. Une mise en garde du Protecteur du citoyen et quelques millions de dollars plus tard, les pratiques de sauvetage sont en voie d'être standardisées à l'échelle de la province.

Dans un rapport publié en mars 2013, le Protecteur du citoyen constatait « des disparités » importantes dans l’organisation des interventions d’urgence entre les régions, parfois même entre les municipalités d'une même municipalité régionale de comté (MRC).

Bien que la majorité des municipalités procédaient déjà aux sauvetages hors route, les délais d’intervention, la qualité de la coordination et la disponibilité du matériel pouvaient varier selon le niveau d'organisation de l'endroit.

Le rapport notait également une « confusion quant à la conception des rôles et du partage des responsabilités entre les principaux intervenants », à savoir les pompiers, les policiers et les ambulanciers.

Accident de motoneige à Beauport en 2018Le PLIU permet des interventions plus sécuritaires, autant pour les premiers répondants que les victimes. Photo : Radio-Canada / Pascale Lacombe

Pratiques revues

En réaction au rapport du Protecteur du citoyen, et à la demande du ministère québécois de la Sécurité publique (MSP), les MRC du Québec devaient adopter ce qu'on appelle un Plan local d’intervention d’urgence (PLIU).

L'un des principaux objectifs est d'amener les ambulanciers directement aux victimes sur les lieux d'un accident en milieu isolé. Le tout sans mettre en péril la sécurité des premiers répondants.

Le plan vise à faire en sorte qu’en situation d’urgence, les conditions propices à une intervention de sauvetage rapide et efficace, effectuée dans des conditions sécuritaires, soient réunies.

Louise Quintin, porte-parole, ministère de la Sécurité publique

Selon des données du MSP, en date du 15 février 2018, seules 10 MRC avaient adopté un PLIU. Leur nombre est passé à 56 cette année et 36 autres se sont engagées à le faire.

Plus efficace

À la MRC de Portneuf, dont le territoire est reconnu pour son offre récréotouristique, les municipalités ont signé leur entente de partenariat à la mi-février cette année, au terme d’un processus d’un an et demi.

Le territoire incluant les territoires non organisés (réserve faunique, ZEC, etc.) a été découpé en trois cellules d'urgence ayant chacune leur unité de coordination.

Pour l'aider dans ses démarches, la MRC a obtenu une subvention de 205 000 $ du provincial, soit le montant maximal disponible par MRC. L'argent a servi à l'achat de matériel (motoneige, traîneau d'évacuation) et à la mise en place du protocole.

Un traîneau-ambulance de la MRC de PortneufLa MRC de Portneuf s'est équipée d'une motoneige et d'un traîneau ambulance permettant aux ambulanciers de prendre en charge une victime. Photo : Radio-Canada / Fanny Samson

Selon Caroline D'Anjou, directrice générale adjointe, ce travail « de longue haleine » donnera des résultats sur le terrain.

Je suis persuadée que les gens dans notre région sont davantage en sécurité quand ils font des activités dans les milieux isolés.

Caroline D'Anjou, directrice générale adjointe à la MRC de Portneuf

Premier test

Le protocole n'a d'ailleurs pas tardé à être testé dans Portneuf, alors qu'un grave accident de motoneige est survenu près de Rivière-à-Pierre, le 23 février.

En vertu du PLIU, le service incendie de Rivière-à-Pierre, ne pouvant assurer complètement l'opération de sauvetage, a fait appel à la cellule d'urgence de Saint-Raymond, qui s'est alors déployée.

Jonathan Fontaine, directeur sécurité incendie de la municipalité de Rivière-à-Pierre, était satisfait de cette première expérience même si, malheureusement, il y a eu mort d'homme.

À son avis, le travail des intervenants est aujourd'hui simplifié avant, pendant et après les opérations. « On sait où ce qu'on s'en va. Tout le monde a les mêmes instructions », dit-il.

Aussi efficace soit la stratégie, Caroline D'Anjou rappelle que la responsabilité de la sécurité appartient également aux citoyens qui pratiquent les activités.

C'est ce qu'on va diffuser comme message. On veut bien se mobiliser et les aider en cas d'incident, mais les gens ont une responsabilité.

Caroline D'Anjou

Lent départ

L'adhésion des MRC au PLIU n’a pas été immédiate.

Si certaines avaient déjà amorcé une partie du boulot après le rapport du Protecteur du citoyen, beaucoup n'ont entrepris des démarches qu’en 2017, après l’annonce d’une aide financière du gouvernement du Québec.

Le ministère de la Sécurité publique a en effet réservé une enveloppe de 3,6 millions $ en août 2017. Le programme a été bonifié en 2018 pour atteindre 12,5 millions $ pour l'ensemble de la province.

Grâce aux fonds promis, la dernière année a marqué un important coup d'accélérateur sur cette grande réorganisation.

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