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L’affaire Jody Wilson-Raybould pourrait coûter cher aux libéraux

Jody Wilson-Raybould, assise, l'air sérieux, lors de la séance du comité de la Justice.

Jody Wilson-Raybould a livré son témoignage très attendu devant le comité parlementaire de la justice, à Ottawa, mercredi.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Fanny Bédard

Le témoignage-choc de l'ancienne ministre de la Justice et députée de la circonscription Vancouver Granville, Jody Wilson-Raybould, mercredi, devant le comité parlementaire de la justice, à Ottawa, pourrait faire perdre des plumes aux libéraux lors des prochaines élections, notamment en Colombie-Britannique, estime un politologue.

« Ici, particulièrement, puisque Jody Wilson-Raybould est une députée de Vancouver et qu'il y a eu beaucoup de sympathie à son égard », explique le politologue de l’Université Simon Fraser (SFU) Sanjay Jeram. Selon lui, l’affaire pourrait changer la donne dans les circonscriptions où les libéraux ont gagné avec une mince avance.

Le Parti libéral compte 18 députés de la Colombie-Britannique à la Chambre des communes, dont Jody Wilson-Raybould. Celle-ci n’a pas quitté la formation politique, même si elle allègue avoir fait l’objet de pressions inappropriées dans le dossier SNC-Lavalin de la part des bureaux du premier ministre du Canada, du ministre des Finances et du greffier du Conseil privé.

« Entre septembre et décembre 2018, j'ai été la cible de pressions constantes et soutenues de la part de membres du gouvernement cherchant à s'ingérer politiquement dans l'exercice du pouvoir discrétionnaire de la poursuite, dans une tentative inappropriée pour que SNC-Lavalin obtienne un accord de réparation », a affirmé l’ancienne procureure générale du Canada devant le comité mercredi.

Un témoignage percutant

L’ancien premier ministre de la Colombie-Britannique et ministre libéral fédéral de la Santé de 2004 à 2006, Ujjal Dosanjh, s'est dit choqué par le témoignage de Jody Wilson-Raybould. « Ce n’est jamais approprié d’apporter des éléments politiques à l’attention de la procureure générale dans des poursuites criminelles et ce n’est jamais approprié de mettre de la pression, d’être persistant et implacable pour qu’elle fasse quelque chose », ajoute-t-il.

Le père de Jody Wilson-Raybould, Bill Wilson, est fier de sa fille. Il espère qu’elle pourra rester au sein du Parti libéral, mais pense qu’elle pourrait gagner aux prochaines élections en tant que candidate indépendante. Jody Wilson-Raybould a déjà fait savoir qu'elle entendait se présenter de nouveau dans sa circonscription. « Les élections ont lieu dans six à huit mois. Et ses formulaires d'investiture devront être signés par Trudeau, avance le père. La question est : les signera-t-il? Et ce n’est pas juste un formulaire d'investiture. Ça vient aussi avec du financement de la part du Parti libéral. »

Au lendemain du témoignage de Mme Wilson-Raybould, Justin Trudeau a déclaré qu'il devait réfléchir au sujet de l'avenir de la politicienne au sein du Parti libéral.

Avec des informations d’Eva Uguen-Csenge

Colombie-Britannique et Yukon

Politique fédérale