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À Longueuil, les chevreuils ne sont plus les bienvenus

À Longueuil, les chevreuils cherchent de la nourriture dans les quartiers résidentiels

À Longueuil, les chevreuils cherchent de la nourriture dans les quartiers résidentiels

Photo : Chloé Sondervorst

Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Des résidents autour du parc régional de Longueuil se plaignent plus que jamais de la surpopulation des cerfs de Virginie. Pendant l'hiver, les animaux à la recherche de nourriture font des ravages dans les cours.

C'est le cas chez Stéphanie Pelletier, qui habite à quelques centaines de mètres du parc Michel-Chartrand. Depuis quelques semaines, elle reçoit régulièrement la visite nocturne de cervidés qui s’attaquent aux haies entourant son jardin.

À son arrivée, il y a trois ans, les buissons touffus étaient en bonne santé. Aujourd’hui, elle estime que la moitié des arbustes a été dévorée. Elle a entamé des démarches pour les remplacer. Sans surprise, les premières soumissions indiquent que la facture sera salée : environ 1000 $.

Les cerfs font des ravages dans les jardins à LongueuilAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les cerfs ont dévoré la haie qui entoure cette résidence de Longueuil

Photo : Vincent Rességuier

Stéphanie Pelletier a bien tenté de faire fuir les visiteurs envahissants, mais en vain. Ils sont habitués à la présence humaine.

De mon balcon, je criais, j’ai fait des bruits sourds, j’ai même lancé un bâton de hockey en faisant attention de ne pas les blesser. Un cerf a levé la tête et ils ont continué à brouter dans la haie de cèdres.

Stéphnaie Pelletier

Les plaintes se multiplient

Le conseiller municipal du secteur, Jonathan Tabarah, affirme recevoir de nombreuses plaintes. Il soutient que les animaux sont trop nombreux pour que les ressources du parc suffisent à leurs besoins, une situation problématique depuis plusieurs années.

Jonathan Tabarah transmet les doléances des citoyens à la Ville pour qu’elle fasse un suivi auprès du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs. Le contexte exige une collaboration puisque le parc est géré par la Ville, alors que les animaux sont sous la responsabilité du ministère.

Des discussions sont en cours depuis plusieurs années entre les deux institutions, mais pour le moment rien de concret n’a abouti. La Ville de Longueuil assure qu'un plan d'action sera discuté le mois prochain à la Commission de l’aménagement du territoire et du développement durable.

Plusieurs options pour réguler la population

Chiffres à l’appui, Anaïs Gasse confirme que la population de cerfs demeure trop importante pour les capacités du parc Michel-Chartrand. Lors du dernier inventaire aérien en 2017, 32 cerfs ont été recensés sur le territoire d’une superficie de 1,8 kilomètre carré. Une population similaire avait déjà été comptabilisée en 2012.

La biologiste indique que c’est deux fois la capacité déterminée par son ministère. Les normes actuelles recommandent de limiter la population de cervidés à huit individus par kilomètre carré dans ce type d'environnement.

Anaïs Gasse, biologiste spécialiste de la grande fauneAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Anaïs Gasse, biologiste, ministère québécois des Forêts, de la Faune et des Parcs

Photo : Vincent Rességuier

Trois méthodes sont habituellement utilisées pour réguler les populations de cervidés : le déplacement des animaux vers d’autres territoires, la chasse contrôlée et la stérilisation.

Anaïs Gasse soutient que chacune a ses avantages et ses inconvénients. La chasse permet de diminuer le cheptel de manière significative sans que les bêtes ne souffrent, mais son acceptabilité sociale est limitée. Une option que ne privilégie pas Jonathan Tabarah pour des raisons de sécurité, étant donnée l’urbanisation importante autour du parc.  

Le déplacement des cerfs peut aussi avoir de bons résultats à court terme, mais le taux de mortalité est élevé à cause du stress lors de la capture et pendant le voyage. Enfin, la stérilisation requiert de la patience puisqu'il peut s’écouler plusieurs années avant que les résidents perçoivent une amélioration.  

L’accoutumance aux humains fait partie du problème

Les dociles mammifères jouissent d’une belle popularité auprès des habitués du parc Michel-Chartrand et certains n’hésitent pas à les nourrir, souvent avec des pommes ou des carottes. Pour protéger leurs haies, des résidents ont même installé des poches de nourriture sur leur terrain.

Cette générosité, qui part d’un bon sentiment, encourage les animaux à s'approcher des humains, que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur du parc. Mais elle est surtout néfaste pour la santé des animaux. En hiver, les cerfs ont un régime à base de bourgeons et d’écorces. Une alimentation plus riche n’est pas recommandée, soutient la biologiste Anaïs Gasse.  

En l’absence de prédateur et avec une alimentation suffisante, les cerfs n’ont aucune raison de quitter le territoire – comme l’ont un temps espéré les autorités – d’autant plus que l’urbanisation galopante limite les chemins vers les terres agricoles de la Montérégie.

À cause de la surpopulation, le conseiller municipal Jonathan Tabarah constate que les cerfs s’aventurent toujours plus loin dans les quartiers résidentiels à la recherche de nourriture.

Ils traversent de grandes routes et encore samedi dernier, un cerf s’est fait frapper. Il y a un enjeu de sécurité.

Jonathan Tabarah, conseiller municipal, district du Parc-Michel-Chartrand

À cela s’ajoute la problématique de la maladie de Lyme. Les cervidés pourraient introduire des tiques porteuses de la maladie, qui deviennent actives quand les températures remontent au-dessus de zéro. Plusieurs parents du quartier s’inquiètent pour leurs enfants, et à Longueuil, l’étoile de Bambi a pâli.   

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