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La traverse Matane–Côte-Nord : une saga de vagues et de ressacs

Matane

Le F.-A.-Gauthier

Photo : Radio-Canada / Luc Paradis

Michel-Félix Tremblay

En 2015, le traversier F.-A.-Gauthier entrait en service sur le fleuve entre Matane, Baie-Comeau et Godbout. S'ensuivra une période de rodage qui soulèvera colère et inquiétude chez les usagers. Trois ans plus tard, alors que les problèmes semblent chose du passé, les deux propulseurs du navire se brisent simultanément : c'est la panique. La suite des événements ressemble à un vaudeville qui coûtera des millions de dollars à l'État québécois.

2012 : un projet ambitieux

La Société des traversiers du Québec (STQ) rêve. Elle veut construire le premier traversier propulsé au gaz naturel liquéfié (GNL) en Amérique du Nord. La STQ entend donner l'exemple en matière de réduction de gaz à effet de serre (GES) sur le Saint-Laurent.

Le remplaçant du bon vieux Camille-Marcoux doit devenir objet de fierté pour les Québécois, puisse-t-il être fabriqué de l'autre côté de l'Atlantique.

En plus de sa propulsion au GNL, le nouveau navire se déplacera grâce à un système novateur, inusité pour un traversier : deux propulseurs situés sous la coque, à l'arrière du navire, agiront à la fois comme hélice et comme gouvernail. Ce choix est imposé par le client.

Le F.-A.-Gauthier sera une merveille technologique, d'une manœuvrabilité sans pareil, promet-on.

En 2012, le chantier naval italien Fincantieri obtient le contrat de construction. Des 11 chantiers qui ont manifesté leur intérêt pour construire le fleuron de la flotte de la STQ, seuls trois d'entre eux se rendront à la dernière étape du processus d'appel d'offres.

Le chantier Davie de Lévis est écarté dès le départ, puisqu'il ne réussit pas à obtenir la note de passage, fixée à 70 %.

Des trois chantiers finalistes, Fincantieri dépose la seule offre jugée « acceptable » par le comité de sélection de la STQ. Le chantier situé près de Naples est à la fois le plus bas soumissionnaire et le seul qui dépose un devis conforme.

La poupe d'un navire en cale sèche vue du solAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le F.-A. Gauthier mis à l'eau en Italie.

Photo : La Presse canadienne

Fincantieri construira le navire pour la somme de 148 millions de dollars. Le contrat est signé de la main de Georges Farah, alors PDG de la Société des traversiers.

À cela s'ajouteront environ 20 millions de dollars en frais divers, comme la confection des plans et la surveillance du chantier. Ce montant n'a jamais été dévoilé dans le détail par les autorités.

Quant à Georges Farah, il est nommé, en 2014, secrétaire général au ministère du Conseil exécutif, chargé du Secrétariat aux affaires maritimes.

2014

Des enquêteurs de l'UPAC rencontrent au moins deux hauts dirigeants de la STQ. Ils s'intéressent au lien contractuel entre la STQ et le chantier Fincantieri.

Les enquêteurs repartent avec des documents. On ignore si cette enquête est toujours active. Au même moment, le navire commence à prendre forme, en Italie.

Cette histoire ne s'ébruitera que quatre ans plus tard.

2015

Lors des premiers essais en mer, dans la Méditerranée, le fournisseur du système de propulsion, Steerprop, constate un problème de moteur. L'entreprise finlandaise ne prend aucun risque et interrompt les essais, le temps d'approfondir les vérifications.

Le navire quitte finalement l'Italie au printemps. Après un séjour aux Açores, il entreprend la traversée de l'Atlantique.

Le Camille-Marcoux et le F.-A.-Gauthier au quai de Matane.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le Camille-Marcoux et le F.-A.-Gauthier au quai de Matane.

Photo : Radio-Canada

En juillet 2015, le F.-A.-Gauthier entre en service entre Matane, Baie-Comeau et Godbout. La population semble apprécier le confort du navire et s'étonne de sa grande capacité.

Un rodage qui attire les critiques

L'un des premiers bris majeurs sur le F.-A.-Gauthier survient à peine trois mois après sa mise en service. Le système d'alimentation en GNL est inopérant.

Entre septembre 2015 et juin 2016, le navire ne fonctionnera qu'au mazout.

Au même moment, des problèmes de ventilation et d'alimentation en électricité sont aussi constatés. Des travailleurs du chantier Fincantieri sont dépêchés à Matane, puisque le bateau est encore sous garantie.

La STQ demande aux usagers d'être patients, rappelant que l'équipage doit apprendre à connaître le navire.

2016

Début février, le navire demeure à quai pendant 48 heures en raison d'anomalies détectées aux génératrices. Quelques jours plus tard, le navire échoue à son premier test dans les glaces du Saint-Laurent.

La glace obstrue l'entrée d'eau du système de refroidissement des moteurs. Trois traversées sont annulées dans les premiers jours de février.

Ce problème majeur ne serait toujours pas réglé complètement.

Six mois après sa mise en service, 125 bris sont répertoriés sur le nouveau traversier, ce qui est jugé normal par la STQ, mais pas par les utilisateurs.

Le PDG de la STQ, Jocelyn Fortier, estime que la moitié de ces problèmes sont mineurs.

Par contre, il admet que 5 % d'entre eux représentent des problèmes plus sérieux, ce qui est normal, juge-t-il, pour un navire de cette taille et de cette complexité technologique.

La chambre des machines du F.-A.-GauthierAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La chambre des machines du F.-A.-Gauthier

Photo : Radio-Canada

Des vagues jusqu'en politique

Le dossier se retrouve à l'Assemblée nationale le 10 février 2016.

Le ministre des Transports, Jacques Daoust, se dit « agacé » par les nombreux problèmes sur le bateau. Il demande à son adjoint, le député de Mégantic et ingénieur Ghyslain Bolduc, de faire une inspection du navire, ce qu'il ne fera jamais.

Le Parti québécois s'étonne qu'un libéral soit mandaté pour enquêter sur un navire acheté sous les libéraux. Pour sa part, le successeur de Georges Farah à la tête de la STQ, Jocelyn Fortier, tente de calmer le jeu. Il rappelle que peu de traversées ont été annulées et que le F.-A.-Gauthier, comme plusieurs navires neufs, est un prototype.

Le chef caquiste, François Legault, s'attaque à Jocelyn Fortier qui, selon lui, minimise les problèmes du F.-A.-Gauthier. Le PDG de la STQ est convoqué plus tard en commission parlementaire.

Moins de deux mois plus tard, le F.-A.-Gauthier doit demeurer à quai pendant deux jours en raison d'un autre problème lié au système de propulsion.

Le navire ne fonctionne toujours pas au GNL.

De plus en plus d'usagers attribuent le sobriquet de « citron » au navire qui devait pourtant devenir le fleuron de la flotte québécoise.

Fin de la garantie

En juin, le F.-A.-Gauthier entre en cale sèche au chantier Verreault, aux Méchins. Il s'agit du dernier moment pour effectuer des réparations sous garantie puisque celle-ci vient à échéance en juillet 2016, soit un an après la livraison du navire au Québec.

Au total, 206 réclamations de garantie ont été exigées auprès du constructeur italien Fincantieri.

2017

En mars, une vague percute la porte avant du navire en quittant le quai de Godbout. Celle-ci devient inutilisable. Les camions lourds et les roulottes doivent donc embarquer en marche arrière. Le problème ne sera définitivement réglé qu'en janvier 2018.

La porte arrière du F-A Gauthier est la seule qui puisse être utilisée depuis le 21 mai dernier.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La porte arrière du F-A Gauthier est la seule qui puisse être utilisée depuis le 21 mai dernier.

Photo : Radio-Canada

Les 120 chaises de la cafétéria du traversier sont remplacées en raison de leur usure prématurée. Le tapis du salon avant avait déjà dû être changé pour les mêmes raisons.

Des doutes surviennent quant à la qualité des matériaux utilisés pour le navire.

2 M $ pour se départir du Camille-Marcoux

Le traversier Camille-Marcoux quitte le quai de Godbout.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le traversier Camille-Marcoux quitte le quai de Godbout.

Photo : Radio-Canada / Benoît Jobin

Le Camille-Marcoux, qui a effectué les traversées entre Matane et la Côte-Nord pendant 40 ans, est maintenant parvenu à sa dernière destination.

Accosté à Port-Colborne en Ontario, l'ancien traversier est démantelé par la Marine Recycling Corporation.

En raison de la présence d'amiante, la Société des traversiers a déboursé 2,3 millions de dollars pour s'en débarrasser.

Encore un problème de propulsion

Le F.-A.-Gauthier au large de MataneAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le F.-A.-Gauthier au large de Matane

Photo : Radio-Canada

En juillet 2017, un peu plus de 200 passagers restent immobilisés au large de Matane pendant près de six heures.

L'équipage a dû ancrer le navire à un mille de la côte, une dizaine de minutes après son départ de Matane, en raison d'une avarie du système de propulsion. Des traversées sont annulées, le temps de régler le problème.

Pour une seconde fois en quelques mois, les déboires du F.-A.-Gauthier font partie des discussions à l'Assemblée nationale.

L'opposition officielle réclame une enquête du vérificateur général. Le nouveau ministre des Transports, Laurent Lessard, refuse de commenter. À ce jour, le nouveau gouvernement s'oppose encore à une telle enquête, et ce, même si la CAQ la souhaitait avant son élection.

Pour l'année financière 2016-2017, les frais d'exploitation des navires de la flotte de la STQ ont bondi de 60 %. Ils sont passés de 12 millions de dollars à plus de 20 millions de dollars, en raison des problèmes du F.-A.-Gauthier.

2018

En mai, le F.-A.-Gauthier doit entrer en cale sèche pour son arrêt technique annuel. Le traversier qui le remplace habituellement, le CTMA Vacancier, n'est pas disponible. La STQ affrète donc le Félix-Antoine-Savard, un navire plus petit, à pont ouvert, qui décourage bien des usagers.

Certains se souviennent encore de l'une de ses dernières visites, alors que le petit traversier a dérivé sur plusieurs kilomètres, telle une coquille de noix, en raison des forts vents.

Le Félix-Antoine Savard au quai de Matane.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le Félix-Antoine Savard au quai de Matane.

Photo : Radio-Canada

À l'été 2018, on apprend que le F.-A.-Gauthier devra subir d'importants travaux. Les glaces empêchent le système de refroidissement des moteurs auxiliaires de bien fonctionner.

Ce problème est connu depuis l'arrivée du navire, mais la STQ et le constructeur Fincantieri n'ont jamais été capables de le régler, malgré plusieurs tentatives.

Le coût des modifications au système de réfrigération ne sera pas couvert par la garantie. On ignore d'ailleurs toujours à combien va s'élever la facture. La seule conception pour l'intégration de nouveaux systèmes de réfrigérants de coque a coûté 220 000 $ à la Société des traversiers.

Des vibrations causent aussi le bris d'une soupape télécommandée d'un des systèmes d'alimentation au gaz naturel du bateau.

La dérive...

Vu de loin, le navire avance sur l'eau glacée.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le traversier F.-A.-Gauthier est arrivé à Lévis avec deux heures de retard lundi.

Photo : Radio-Canada / Jean-Luc Blanchet

À la veille du long congé du temps des Fêtes, l'équipage détecte d'autres vibrations anormales, cette fois dans les deux propulseurs du navire. Le problème est immédiatement jugé très sérieux.

Le roulement à billes des moteurs est complètement usé, chose étonnante pour des pièces presque neuves. Transport Canada interdit donc au navire de reprendre la mer : c'est la crise.

La STQ met en place une navette aérienne entre les deux rives. Comble de malheur, l'appareil est cloué au sol dès son premier atterrissage à Pointe-Lebel, près de Baie-Comeau.

Aucun bateau n'est disponible pour remplacer le F.-A.-Gauthier avant le début du mois de janvier. Les plans de bien des familles viennent de changer pour les Fêtes.

AvionAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'avion nolisé par la STQ en remplacement du F.-A.-Gauthier.

Photo : Radio-Canada / Marie-Jeanne Dubreuil

Le F.-A.-Gauthier est remorqué à Lévis depuis Baie-Comeau, au coût de 200 000 $. Les deux propulseurs sont démontés au chantier Davie. Des ingénieurs du fabricant finlandais Steerprop se rendent sur place pour tenter de comprendre le problème.

En date du 28 février, la Société des traversiers a déboursé plus de 800 000 $ à Steerprop pour le démontage des équipements et l'achat de certaines pièces de rechange.

D'autres factures salées s'ajouteront au cours des prochains mois, parce que des pièces devront être fabriquées pour réparer l'un des deux propulseurs. Le F.-A.-Gauthier pourrait être de nouveau en service en août seulement.

Selon toute vraisemblance, il passera plus de huit mois en cale sèche à Lévis.

Le gouvernement du Québec espère pouvoir récupérer une partie des sommes encourues. Ni la Société des traversiers ni le ministère des Transports n'a voulu en dire plus sur les causes du bris des propulseurs.

Selon certaines sources, la navigation dans les glaces et un problème de confection des pièces pourraient expliquer, du moins en partie, le problème.

La valse des navires

Deux coques de navires où leur nom respectif est inscrit.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Il est difficile de trouver des pièces de remplacement pour ces deux navires qui sont rendus au bout de leur vie utile.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes

Le 8 janvier, trois semaines après la suspension des traversées sur le fleuve, le CTMA Vacancier arrive enfin à Matane. Le F.-A.-Gauthier ne navigue plus depuis le 16 décembre.

Jusqu'au 2 janvier, les automobilistes pouvaient couper en deux le détour de 800 kilomètres par Québec en utilisant la traverse Rivière-du-Loup–Saint-Siméon. Mais le Trans-Saint-Laurent, peu adapté aux glaces, a désormais terminé sa saison de navigation.

Un navire quitte le port.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le Vacancier est parti avec un retard d'une vingtaine de minutes.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes

Le CTMA Vacancier ne peut pas rester longtemps sur le fleuve pour assurer les traversées entre Matane et la Côte-Nord. Dès le 1er février, il est réquisitionné pour la liaison entre l'Île-du-Prince-Édouard et les Îles-de-la-Madeleine. La location de ce bateau aura coûté plus d'un million de dollars pour trois semaines seulement.

La compagnie des Îles-de-la-Madeleine accepte de louer un autre navire, le CTMA Voyageur, pour quelques jours. Par contre, seule une douzaine de passagers peuvent embarquer. La priorité est donnée au transport lourd.

La STQ n'a aucun plan B. Elle ne dispose d'aucun navire pouvant assurer la liaison Matane, Baie-Comeau et Godbout en hiver. En urgence, elle achète l'Apollo, un vieux navire qui vient tout juste de terminer sa carrière entre Terre-Neuve et Blanc-Sablon, remplacé par un traversier plus récent.

La STQ n'est pas en position de négocier. L'entreprise Woodward du Labrador fixe son prix : 2,1 millions de dollars pour un navire en fin de vie. La Société des traversiers n'inspecte pas l'Apollo, prétextant qu'il détient déjà une autorisation de Transport Canada.

À l'arrivée de l'Apollo à Matane, les choses ne se passent pas comme prévu.

L'Apollo et ses malheurs

Trou dans la coque du navire. On peut voir un travailleur à l'intérieur.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les travaux sur l'Apollo ont commencé.

Photo : Radio-Canada / Claude Côté

En théorie, l'Apollo devait amorcer les traversées du fleuve dès le départ du CTMA Vacancier. Mais à son arrivée à Matane, Transport Canada exige des réparations, entre autres sur le système de gicleur.

De plus, l'intérieur du navire laisse à désirer. Québec devra payer plus de 30 000 $ pour effectuer un grand ménage. À cela s'ajoute l'adaptation des trois débarcadères.

L'Apollo entre finalement en service le 14 février. À ce moment, les glaces se sont agglutinées à l'entrée du port de Matane. Conséquemment, de nombreuses traversées sont annulées.

Deux navires se trouvent dans les eaux glacées d'un fleuve. Il s'agit d'un traversier et d'un brise-glace dans le fleuve Saint-Laurent en plein mois de février. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'Apollo et le brise-glace Des Groseilliers de la Garde côtière canadienne

Photo : Radio-Canada / Luc Paradis

À peine 10 jours plus tard, le navire percute le quai de Godbout, laissant une grande fissure dans sa coque. L'Apollo interrompt brutalement sa nouvelle et éphémère carrière entre Matane et la Côte-Nord.

Le Bureau de la sécurité des transports mène une enquête. Le navire pourrait reprendre du service le 7 mars. Par contre, son certificat de navigation prend fin le 29 juin.

La Société des traversiers prétend qu'elle pourra le revendre, malgré la présence d'amiante. La STQ n'avait pourtant pas réussi à trouver preneur pour le Camille-Marcoux, un navire plus récent que l'Apollo.

Le ministre se fâche

Un homme répond aux questions d'une animatrice lors d'une émission de radio.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le président-directeur général par intérim de la Société des traversiers du Québec, François Bertrand.

Photo : Radio-Canada

Quelques jours plus tôt, le 31 janvier, le ministre des Transports François Bonnardel congédie le PDG de la Société des traversiers du Québec, François Bertrand. Les déboires qui s'accumulent depuis décembre à la traverse Matane–Côte-Nord auront eu raison de M. Bertrand, qui était en poste par intérim depuis mars 2017.

Le ministre évoque l'absence de « plan de relève » pour assurer le remplacement à long terme du F.-A.-Gauthier.

Ironiquement, à son arrivée comme PDG, François Bertrand avait réclamé des fonds pour acheter un navire capable de prendre le relais à la traverse Matane–Côte-Nord. Il jugeait que la STQ devait se dégager une marge de manœuvre en augmentant sa flotte.

Mais le PDG n'a déjà plus la confiance du ministre. Il est remplacé par Stéphane Lafaut, un militaire de carrière devenu sous-ministre à Québec.

M. Lafaut a le mandat de remettre un « diagnostic organisationnel » au ministre.

Québec ouvre aussi la porte à un dédommagement pour les entreprises touchées par l'interruption du service de traversier, mais ne donne pas les modalités ni les sommes qui y seraient consacrées.

Une solution à long terme

Le traversier Grete en Europe.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le navire Grete a été remis à neuf et s'appelle maintenant Qajaq.

Photo : ShipSpotting.com

Le navire que voulait acheter l'ex-PDG François Bertrand est toujours à vendre. Il est amarré à Hambourg, en Allemagne.

Au moment même où M. Bertrand est limogé, une équipe de la STQ est en Allemagne pour inspecter le navire, qui a une capacité de 180 véhicules et de 600 passagers.

Selon des documents mis en ligne sur le système électronique d'appels d'offres du gouvernement du Québec, ce bateau est le seul qui réponde aux critères de la STQ. Les négociations en vue de son acquisition sont toujours en cours.

Le ministre François Bonnardel promet qu'un navire assurera la liaison entre les deux rives du fleuve lorsque l'Apollo ne pourra plus naviguer. Selon les documents publics, le nouveau navire pourrait cependant entrer en service ce printemps.

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