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analyse

Six éléments à retenir du témoignage de Michael Cohen devant le Congrès

Michael Cohen parle dans un micro.

Michael Cohen, ancien avocat de Donald Trump, témoigne devant la commission de la Chambre des représentants chargée de la surveillance gouvernementale, à Washington.

Photo : Reuters / Jonathan Ernst

Raphaël Bouvier-Auclair

Des états financiers de Donald Trump à la campagne de 2016, Michael Cohen a témoigné mercredi aux élus et au public américain de l'accès unique qu'il a eu au président au cours des 10 dernières années. Voici, en six citations, quelques éléments à retenir des propos de l'ex-avocat personnel du président.

1- « Le président a signé un chèque personnel. »

Michael Cohen avait déjà plaidé coupable pour des paiements effectués à deux femmes pendant la campagne présidentielle afin qu’elles gardent le silence sur des liaisons alléguées avec Donald Trump.

En cour, il avait affirmé avoir agi « à la demande et sous la direction » de l’individu 1. Si ce n’était pas encore clair, Cohen a tenu à préciser devant le Congrès que l’individu 1 était bel et bien Donald Trump.

Dans son témoignage, il a présenté une nouvelle information dans cette affaire. Chèque personnel de 35 000 $ à l’appui, il a confirmé que Donald Trump l’a remboursé pour un de ces paiements, en août 2017, après qu’il soit devenu président.

Selon M. Cohen, le tout « faisait partie d’un plan criminel visant à violer les règles de financement électoral ».

2- « M. Trump avait été averti par Roger Stone de la publication de courriels par WikiLeaks. »

En janvier, Roger Stone, ancien collaborateur de Donald Trump, a été accusé par l’équipe du procureur spécial Robert Mueller notamment pour avoir menti sur ses contacts avec WikiLeaks en lien avec la publication de courriels piratés de la campagne démocrate, en 2016.

En réaction, la Maison-Blanche avait assuré que le président n’avait rien à voir avec ces accusations.

Or, selon Michael Cohen, Donald Trump était au courant des efforts de Roger Stone. Il assure avoir assisté à une conversation téléphonique sur haut-parleurs entre MM. Trump et Stone au cours de laquelle ce dernier faisait état de ses discussions avec WikiLeaks.

« Ce serait génial », aurait répondu Donald Trump, selon le témoignage de M. Cohen.

« La déclaration de M. Cohen n’est pas véridique », a dit Roger Stone dans une brève déclaration écrite à certains médias.

3- « M. Trump ne m’a pas directement demandé de mentir devant le Congrès. »

Le mois dernier, un reportage de Buzzfeed a fait couler énormément d’encre aux États-Unis. On pouvait y lire que Donald Trump avait demandé à Michael Cohen de mentir au Congrès en 2017 à propos d’un projet immobilier qui n’a jamais vu le jour à Moscou et qui faisait l’objet de discussions pendant la campagne de 2016.

Dans une rare déclaration publique, le bureau du procureur spécial Robert Mueller avait nié la véracité de certains éléments du reportage.

Mercredi, Michael Cohen a confirmé que Donald Trump ne lui a pas directement demandé de mentir devant le Congrès.

« Ce n’est pas la manière dont il fonctionne », a-t-il affirmé. Selon M. Cohen, il était sous-entendu que son ancien patron souhaitait qu’il ne dise pas la vérité à propos des discussions entourant ce projet immobilier, mais il n’y a eu aucune indication directe.

4- « Je n’utiliserais pas le terme collusion. »

C’est la question qui est au coeur de l’enquête du procureur spécial Robert Mueller. Y a-t-il eu collusion entre la campagne de Donald Trump et la Russie?

« Beaucoup de questions ont été posées à savoir si j’avais des preuves directes de collusion entre M. Trump ou sa campagne et la Russie. Je n’en ai pas », a admis Michael Cohen, qui a néanmoins affirmé avoir des doutes.

Il a évoqué la possibilité que le président ait été au courant d’une rencontre entre une avocate russe, son fils, son gendre et son ex-directeur de campagne à la Tour Trump, en juin 2016. Mais à ce sujet, Michael Cohen a fait part de déductions, pas de constats irréfutables.

5- « Ce sujet fait l’objet d’une enquête par le Southern district of New York. »

Michael Cohen a confirmé avoir eu des contacts avec le président ou des membres de son entourage après que le FBI eut procédé à une perquisition à sa résidence en avril 2018.

Qu’a été l’objet des conversations? Impossible de le savoir. Cela fait partie d’une enquête des autorités new-yorkaises, qui ont demandé à Michael Cohen de ne pas en parler publiquement.

« Y a-t-il d’autres méfaits ou actes illégaux liés à Donald Trump dont nous n’avons pas parlé ici aujourd’hui », a demandé un élu démocrate. Michael Cohen a répondu par l’affirmative, sans donner plus de détails sur la nature de cette nouvelle enquête.

6- « Vous êtes un menteur pathologique. »

Si les propos de Michael Cohen ont suscité l’intérêt des élus démocrates, leurs collègues républicains ont plutôt remis en doute la crédibilité du témoin.

De nombreux représentants républicains ont souligné que Michael Cohen avait déjà menti devant le Congrès lors d’un passage précédent en 2017. Ils ont aussi souligné que M. Cohen a commis des crimes financiers pour son bénéfice personnel.

Le républicain Jim Jordan a par ailleurs accusé Michael Cohen d’être amer de ne pas avoir obtenu de poste au sein de la Maison-Blanche après la victoire de Donald Trump.

M. Cohen n’a pas encore terminé sa série de témoignages au Congrès. Mais difficile de savoir s’il fera d’autres révélations, puisque son audience de jeudi devant la Commission du renseignement de la Chambre des représentants se déroulera à huis clos.

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