•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Trudeau contredit Wilson-Raybould et refuse de démissionner

Justin Trudeau parle alors qu'on voit un objectif de caméra et des gens derrière lui.

Justin Trudeau a tenu une conférence de presse dans Outremont, à Montréal.

Photo : Radio-Canada

Hugo Prévost

Le premier ministre Justin Trudeau réfute les allégations d'ingérence politique dans le processus décisionnel de l'ex-procureure générale Jody Wilson-Raybould en lien avec l'affaire SNC-Lavalin. Il refuse du même coup l'appel à sa démission lancé par son opposant Andrew Scheer.

Au cours de ce qui devait être une simple déclaration publique pour souligner la victoire de la nouvelle députée libérale de la circonscription montréalaise d'Outremont, mais qui s'est rapidement transformé en un point de presse en bonne et due forme, le chef libéral a répété à de nombreuses reprises que son équipe et lui-même avaient « toujours agi de façon appropriée ».

Si M. Trudeau a admis qu'il avait discuté de la possible perte de 9000 emplois à SNC-Lavalin, si la firme d'ingénierie n'obtenait pas d'accord de pardon pour éviter un procès criminel, cette démarche est légitime, selon lui.

Nous allons toujours nous concentrer sur les emplois et l'économie [...] Alors que nous gouvernons pour le bien de tous les Canadiens, nous agirons toujours de façon appropriée.

Justin Trudeau, premier ministre du Canada

Le premier ministre s'est dit « complètement en désaccord avec la caractérisation des événements par l'ex-procureure générale ». Pour lui, l'enquête déjà ouverte par le Commissaire à l'éthique servira justement à faire la lumière sur les allégations d'ingérence politique.

Doit-il démissionner, tel que l'a réclamé Andrew Scheer? Pour le premier ministre, il est plutôt important de songer aux prochaines élections fédérales. « Les Canadiens auront un choix très clair à faire dans quelques mois, entre un Parti libéral qui défendra toujours les emplois et qui créera une économie solide, et un parti qui est encore celui de Stephen Harper, qui défend les intérêts des riches. »

M. Trudeau a indiqué par ailleurs vouloir visionner l'ensemble du témoignage de Mme Wilson-Raybould avant de décider si elle pourra se présenter sous la bannière libérale aux prochaines élections générales.

Trudeau « n'a plus l'autorité morale pour gouverner »

Un peu plus tôt, le chef conservateur a exigé la démission du chef du gouvernement, en plus d'appeler la Gendarmerie royale du Canada (GRC) à mener une enquête sur l’affaire SNC-Lavalin, dans la foulée du témoignage explosif de l'ex-ministre Jody Wilson-Raybould.

Lors d'un point de presse tenu peu de temps après la fin des audiences du comité de la justice de la Chambre des communes, M. Scheer a martelé que l'ingérence présumée du premier ministre représentait « une culture de corruption » trouvant son origine « au sein du bureau du premier ministre et ailleurs ».

Dans la foulée, le chef conservateur réclame également que le greffier du Conseil privé, Michael Wernick, remette lui aussi sa démission. Selon Mme Wilson-Raybould, M. Wernick fait partie des responsables gouvernementaux qui ont tenté de la persuader de changer d'avis dans le dossier SNC-Lavalin.

Le témoignage que les Canadiens viennent d'entendre de la part de Jody Wilson-Raybould est celui d'un premier ministre qui ne sait pas où prend fin le Parti libéral [du Canada] et où débute le gouvernement du Canada.

Andrew Scheer, chef du Parti conservateur
Andrew Scheer devant des micros, en conférence de presse.

Andrew Scheer demande la démission du premier ministre Justin Trudeau.

Photo : Radio-Canada

Sous un gouvernement conservateur, SNC-Lavalin ne pourrait pas obtenir d'accord de pardon, a soutenu M. Scheer.

« Nous en sommes aux derniers jours du gouvernement de M. Trudeau. Il ne peut plus diriger ce pays en bonne conscience. Le gouvernement a le devoir de gouverner » à l'aube d'importantes négociations budgétaires, a encore mentionné le chef conservateur.

Jagmeet Singh en point de presse à Ottawa

Le chef du NPD réclame une enquête publique dans l'affaire SNC-Lavalin.

Photo : Radio-Canada

Une enquête publique pour le NPD

De son côté, le chef du Nouveau Parti démocratique, Jagmeet Singh, a réclamé une enquête publique pour faire toute la lumière dans cette affaire.

« Les Canadiens ont droit à des réponses. Il est on ne peut plus clair, à la suite du témoignage de Mme Wilson-Raybould, que le gouvernement libéral et le premier ministre sont impliqués, qu'ils étaient prêts à violer la loi, et qu'ils étaient davantage disposés à aider leurs amis qu'à aider les Canadiens. »

Toujours selon M. Singh, « ce que nous avons entendu aujourd'hui est explosif, incroyablement dommageable. Nous sommes tous ébranlés ».

Justin Trudeau devrait-il démissionner, tel qu'exigé par Andrew Scheer? « Peut-être qu'il doit le faire », répond le chef néo-démocrate, qui souhaite d'abord une enquête publique, voire une enquête criminelle en parallèle.

C'est si grave que tous les outils dont nous disposons doivent être utilisés pour faire la lumière dans cette affaire.

Jagmeet Singh, chef du NPD

Le Bloc « insatisfait »

Au Bloc québécois, le chef Yves-François Blanchet et le porte-parole en matière de justice, Rhéal Fortin, sont « déçus » par le témoignage de Mme Wilson-Raybould.

« La vraie question, elle a refusé d’y répondre : pourquoi a-t-elle refusé l’accord de réparation? Elle, et elle seule, avait le pouvoir d’intervenir. Elle connaissait les conséquences de sa décision, incluant le départ évoqué du siège social de SNC-Lavalin vers Londres et le risque que cela constitue pour les emplois au Québec. Elle a consciemment décidé de ne rien faire », a ainsi mentionné M. Blanchet.

Aux yeux de la formation québécoise, l'ensemble de SNC-Lavalin et les emplois qui y sont liés « ne doivent pas disparaître en conséquence de crimes commis par quelques individus n'étant plus liés à l'entreprise ».

M. Fortin soutient que le premier ministre a fait preuve d'« incompétence » en transformant ce dossier en un lieu d'affrontement avec son ex-ministre de la Justice, mais que « si un accord de réparation n'est pas conclu, ce sont les travailleurs de SNC-Lavalin qui seront les victimes de cette guerre ».

Politique fédérale

Politique