•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Nouvelle zone de conservation pour les oiseaux en Saskatchewan et au Manitoba

Un oiseau en vol.
Le bruant à ventre noir est l'une des deux espèces globalement menacées qui migrent et se reproduisent dans la zone d'Ellice-Archie et Spy Hill, où 230 espèces ont été comptées lors du recensement des oiseaux de 2015. Photo: Christian Artuso/Études d'oiseaux Canada
Radio-Canada

Une prairie naturelle particulièrement rare au Manitoba et en Saskatchewan vient d'obtenir une protection symbolique qui devrait aider les oiseaux qui y trouvent refuge. Manitoba Nature, Études d'oiseaux Canada et Saskatchewan Nature reconnaissent la zone de pâturage communautaire Ellice-Archie et Spy Hill comme zone importante pour la conservation des oiseaux et de la biodiversité.

La dénomination de cette zone porte à 36 le nombre de ces espaces répertoriés qui abritent aussi bien les espèces menacées que les oiseaux migrateurs au Manitoba.

Cette nouvelle zone permettra notamment de préserver dans son habitat naturel des espèces d'oiseaux de prairie rares comme le pipit de Sprague ou le bruant à ventre noir, qui sont protégées en vertu de la Loi sur les espèces en péril du Canada.

Les recensements de 2017 et de 2015 ont permis de compter 146 pipits et 230 bruants à ventre noir dans la région. Le côté manitobain du lieu attire aussi chaque printemps une espèce menacée, le bruant de Baird, et on y trouve 10 espèces de plantes peu communes ou rares, dont le stipe à glumes membraneuses et le penstemon.

« Les oiseaux de prairies sont parmi les espèces les plus menacées au Canada », rappelle l'ornithologue d'Études d'oiseaux Canada Christian Artuso.

Du côté manitobain, le pâturage Ellice-Archie se trouve près des communautés de Birtle et de Saint-Lazare, avec une petite vallée à l'ouest et la rivière Assiniboine longeant le périmètre est. Le pâturage Spy Hill est situé près de la communauté de Spy Hill, en Saskatchewan, entre les vallées des rivières Qu'Appelle et Assiniboine.

Un grand espace vert dans lequel on voit un troupeau de bovins. Les fermiers envoient leur bétail dans les pâturage communautaire d'Ellice-Archie et Spy Hill. Photo : Rachel Whidden

Les pâturages communautaires sont des zones où les éleveurs de la région peuvent faire paître leurs bêtes. Pour les oiseaux rares, cela constitue un environnement idéal pour leur survie.

Une rare zone de prairie intacte

Au Manitoba, cette langue de terre comprend des rivières, des vallées, des forêts et certaines des plus grandes parcelles intactes de prairies naturelles laissées dans la province.

Selon le cocoordinateur du programme de surveillance des oiseaux importants du Manitoba, Tim Pool, c'est l'un des rares endroits où il est possible d'avoir une idée de ce à quoi les Prairies ressemblaient avant la colonisation des deux provinces.

un espace vert de prairie, en plein été, sur fond de ciel bleu. Le pâturage communautaire d'Ellice-Archie et Spy Hill comprend les plus grandes parcelles intactes de prairies naturelles au Manitoba. Photo : Rachel Whidden

« Plus de 75 % de toutes les prairies naturelles ont disparu au Canada, mais le Manitoba en a perdu encore plus que les autres provinces », déclare Tim Pool.

« Cela met en lumière les problèmes auxquels font face les prairies naturelles, pas seulement ici, mais aussi ailleurs. La prairie naturelle est un écosystème en voie de disparition », déplore-t-il.

Une zone menacée par le développement

Le développement des routes, des villes et des bâtiments ainsi que la place occupée par l'agriculture ont entraîné une destruction généralisée de ces écosystèmes.

L’industrie du pétrole et du gaz naturel, les mines, les développements hydroélectriques et la propagation d’espèces envahissantes comptent aussi parmi les facteurs qui sont des menaces constantes dans la région, souligne Tim Pool.

Une mine de potasse à la frontière de la zone, dans la section située en Saskatchewan, suscite aussi des inquiétudes en raison de l’impact de l’extraction future du minerai sur cet habitat naturel, explique Tim Pool.

Une captation de carte google qui montre l'espace occupé par la zone de conservationb des oiseaux et qui pointe vers deux endroits, la mine en Saskatchewan et le lieu du déraillement d'un train, au Manitoba. La zone de conservation des oiseaux est représentée en jaune sur la carte. La mine de potasse est encerclée en rouge, à gauche. L’endroit où le train du CN transportant du pétrole a déraillé en février près de Saint-Lazare est encerclé en rouge, à droite. Photo : Google Maps/Programme zone importante pour la conservation des oiseaux

Il précise que le sous-sol de la région fait partie du gisement Bakken et que la Couronne possède seulement la moitié des droits fonciers sur le sous-sol de cette zone.

Tim Pool dit que c’est « comme un damier », et que « les menaces potentielles à la prairie naturelle proviendraient des segments qui n’appartiennent pas à la Couronne ».

Une zone qui date des années 1930

Des années de sécheresse, dans les années 1930, ont ravagé les récoltes dans les Prairies et amené la création des pâturages communautaires. Comme les plantes indigènes résistent mieux à la sécheresse, des solutions de rechange pour l’emploi de ces parcelles de terre ont été explorées et implantées. C’est dans ces circonstances que la prairie naturelle d’Ellice-Archie et Spy Hill a été préservée.

Le gouvernement fédéral s’est occupé de ces pâturages, jusqu’à ce qu’il délègue cette responsabilité aux provinces. L’Association des pâturages communautaires du Manitoba supervise maintenant 20 pâturages communautaires qui occupent 140 000 hectares (350 000 acres) à travers la province.

Le pâturage communautaire d’Ellice-Archie s’étend sur 15 750 hectares et celui de Spy Hill, sur 15 200 hectares. On y trouve 125 espèces de plantes ainsi que la plus grande parcelle de prairie d’herbes mixtes au Manitoba, selon Rachel Whidden, gestionnaire de projet à l’Association des pâturages communautaires du Manitoba.

Si le statut de zone importante pour la conservation des oiseaux et de la biodiversité ne fait pas de cette parcelle un espace protégé, les passionnés espèrent que cela permettra de prendre en considération le caractère unique des lieux.

« Cette désignation permet de renforcer les arguments en faveur de la protection », explique l'ornithologue Christian Artuso, qui souhaite que ces terres soient protégées à l'avenir.

Manitoba

Protection des espèces