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L’avenir d’une usine désaffectée sème la discorde entre une entreprise forestière et une municipalité

L’usine de pâtes et papier Resolute à Fort Frances.

L’usine de pâtes et papier de Produits forestiers Résolu de Fort Frances a officiellement fermé ses portes en 2014.

Photo : Capture d'écran - Google Street View

Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L'entreprise Produits forestiers Résolu accuse le conseil municipal de Fort Frances, dans le Nord-Ouest de l'Ontario, de tenir « des propos incorrects, trompeurs et diffamatoires » à son endroit.

Le conseil municipal de Fort Frances a voté à l’unanimité, lundi, en faveur d’une résolution exigeant que Produits forestiers Résolu permette aux acheteurs potentiels de l’ancienne usine de pâtes et papiers de discuter librement avec le gouvernement ontarien au sujet des droits de coupe d'une forêt environnante.

Extrait de la résolution adoptée par le conseil municipal de Fort Frances

Fort Frances croit que le processus de soumission de Résolu est conçu pour aboutir à la démolition de l’usine, suivie d’une réattribution permanente des droits de coupe dans la forêt Crossroute à Résolu par défaut.

Le vice-président responsable des communications d’entreprise, du développement durable et des affaires gouvernementales de Produits forestiers Résolu, Seth Kursman, s’insurge contre le contenu du document.

« La résolution contient des propos qui, à notre avis, sont incorrects, trompeurs et diffamatoires. Il est inapproprié, pour la Municipalité, de discuter publiquement de contrats de vente sans avoir tous les faits. »

— Une citation de  Seth Kursman, vice-président responsable des communications d’entreprise, du développement durable et des affaires gouvernementales de Produits forestiers Résolu
Un homme en costume noir et chemise blanche
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Le vice-président de Produits forestiers Résolu, Seth Kursman, indique que la signature, dans un premier temps, d'une entente de non-divulgation entre un vendeur et un acheteur potentiel d'une usine est un processus normal.

Photo : Produits forestiers Résolu

M. Kursman a l’impression qu’en adoptant la résolution, le conseil municipal remet en question la sincérité et l’engagement de l’entreprise à Fort Frances. Produits Forestiers Résolu a notamment maintenu le chauffage et les services d’entretien dans l’usine, même après sa fermeture en 2014.

Il n’y a pas plusieurs entreprises qui garderaient une usine fermée chauffée, dans des hivers comme ceux de Fort Frances. Mais nous avons dépensé plus de 30 millions de dollars à cet effet parce que nous pensions que c’était la bonne chose à faire, explique l’administrateur.

Une entente de non-divulgation

Au coeur du litige opposant la Municipalité de Fort Frances et Produits forestiers Résolu se trouve l’entente de non-divulgation que fait signer l’entreprise forestière aux acheteurs potentiels de l’usine de pâtes et papiers.

Ces derniers doivent consentir à ne pas discuter, dans un premier temps, avec les divers paliers de gouvernement au sujet des droits de coupe dans la forêt Crossroute.

M. Kursman soutient que le processus adopté par Produits forestiers Résolu est absolument normal.

Ce qu’il faut éviter, c’est que plusieurs parties s’adressent à la Municipalité, au syndicat, aux gouvernements provincial et fédéral, toutes en compétition pour avoir ce genre de conversation. Ce qu’il faut faire, c’est de laisser l’entreprise choisie au bout du compte avoir ce genre de conversation avec les divers gouvernements, fait savoir M. Kursman.

Il ajoute d’ailleurs que Produits forestiers Résolu a récemment pris des mesures spéciales à l’égard de l’entreprise Repap Resources, l’un des acheteurs potentiels de l’usine, qui tenait à tout prix à s’adresser aux gouvernements sans avoir signé l’entente de non-divulgation.

Le conseiller municipal de Fort Frances, Douglas Judson.
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Le conseiller municipal de Fort Frances, Douglas Judson.

Photo : Twitter / Douglas Judson

Mais la concession est loin de rassurer le conseiller municipal de Fort Frances, Douglas Judson, qui est d’ailleurs l’auteur de la résolution adoptée lundi.

Si c'est le genre de mesures que le vendeur prend, mène-t-il réellement la transaction de manière conforme au permis qu’il détient? Je n’en ai pas vraiment l’impression, affirme-t-il.

« La manière dont certaines de ces étapes se sont déroulées me rend profondément inconfortable. »

— Une citation de  Douglas Judson, conseiller municipal de Fort Frances

Une usine ancrée dans « l’identité »

L’une des raisons pour lesquelles le conseil municipal de Fort Frances craint que l’usine ne serve plus à sa mission d’origine est la signature d’une entente entre Produits forestiers Résolu et une entreprise spécialisée en revitalisation de propriétés endommagées par les activités industrielles.

M. Kursman confirme l’existence de l’entente, mais précise que l’usine ne sera transférée à cette entreprise que si aucune autre entente de vente n’est conclue avec succès. Il estime que le retour des activités manufacturières à l’usine est très peu probable.

Or, pour le conseiller Judson, l’usine de pâtes et papiers fait partie de l’identité de Fort Frances, fondée en 1903.

Nous sommes mariés à cette identité et nous faisons tout ce que nous pouvons pour la protéger et la défendre. C’est une question qui suscite beaucoup d’émotions pour plusieurs personnes, déclare-t-il.

Céder les droits de coupe?

À la question de savoir si Produits forestiers Résolu pourrait céder ses droits de coupe dans la forêt Crossroute à un éventuel acheteur de l’usine de pâtes et papiers de Fort Frances, M. Kursman répond qu'il revient au gouvernement de s’exprimer sur ce sujet.

Résolu est certainement soucieuse de conserver un accès suffisant à de la fibre à un prix compétitif pour nos usines actuelles du Nord-Ouest ontarien, précise-t-il néanmoins.

L’entreprise détient trois usines à Thunder Bay, une scierie à Ignace et une autre à Atikokan.

Dans un courriel envoyé mercredi à Radio-Canada, la porte-parole du ministère des Richesses naturelles et des Forêts de l’Ontario, Justine Lewkowicz, a indiqué que les ministres John Yakabuski [Richesses naturelles et Forêts] et Greg Rickford [également député de la circonscription de Kenora-Rainy River] sont ouverts aux discussions avec toutes les parties impliquées.

Toutefois, les négociations concernant l’avenir de l’usine se déroulent entre Résolu, Repap et la communauté de Fort Frances, écrit-elle.

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