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Des millions de dollars de pertes à cause des embâcles sur le Saint-Laurent

Le brise-glace Amundsen navigue dans les glaces.
Plusieurs brise-glaces, dont l'Amundsen, ont contribué à défaire l'embâcle de glace qui bloque la circulation des bateaux sur le Saint-Laurent. Photo: La Presse canadienne / JACQUES BOISSINOT
Alexandre Touchette

À elles seules, huit entreprises sondées par la Société de développement économique du Saint-Laurent estiment que les embâcles sur le fleuve cet hiver et le bris qu'ils ont entraîné dans la chaîne logistique leur a coûté plus de 6 millions de dollars. Dans certaines usines, la suspension des livraisons de matières premières a failli provoquer l'arrêt de la production.

La glace a interrompu la navigation sur le lac Saint-Pierre à trois reprises au cours de l'hiver, pour un total de neuf jours. Parmi les nombreux navires bloqués se trouvaient les pétroliers du Groupe Desgagnés, qui sont chargés par pipeline au port de Montréal et qui ne pouvaient plus approvisionner la raffinerie Valero, à Lévis.

La présidente-directrice générale de la Société de développement économique du Saint-Laurent (SODES), Nicole Trépanier, affirme que des responsables de Valero lui ont confié qu’ils n’avaient jamais été aussi près d’un grave problème. « Le brut n’arrivait pas à destination, et ils ont dû revoir complètement le mode d’opération de la raffinerie pour s’assurer qu’ultimement il n’y aurait pas de rupture d’approvisionnement dans les stations-service », raconte-t-elle.

La raffinerie de Lévis, qui fournit 70 % de l'essence consommée au Québec, n’a pas été la seule industrie lourde à être touchée par les embâcles. Selon la SODES, l’aciérie d’ArcelorMittal, à Contrecoeur, a aussi été forcée de ralentir son rythme de production pour compenser l’arrêt des livraisons de matière première par bateau. Par conséquent, l’entreprise a dû revoir, avec ses clients, son calendrier de livraison.

Un effet domino

Bien que les embâcles survenus en janvier et février se soient formés sur le fleuve à la hauteur du lac Saint-Pierre, leurs effets se sont fait sentir bien au-delà, puisque le navire affecté au déglaçage du Saguenay a été appelé à la rescousse des cargos coincés sur le Saint-Laurent. Par conséquent, quatre navires qui transportaient des matières premières destinées aux alumineries de Rio Tinto sont demeurés pris dans les glaces du fjord du Saguenay.

Un bris dans la chaîne d’approvisionnement qui a donné des sueurs froides aux opérateurs des alumineries, selon le président-directeur général des Armateurs du Saint-Laurent, Martin Fournier. « On ne peut pas interrompre la production de ce genre d’usine sans avoir des impacts majeurs sur l'entreprise ou sur l'équipement, dit-il. C'est vraiment important de pouvoir assurer une livraison en continu de matière première. »

Selon une porte-parole de Rio Tinto, les stocks des alumineries ne peuvent supporter que pendant quelques jours le ralentissement de la production. En cas d’un arrêt causé par un manque de matières premières, le redémarrage peut coûter des dizaines, voire des centaines de millions de dollars.

Au cours des huit dernières années, les délais dans le déglaçage du Saguenay ont causé des problèmes similaires à six reprises à la multinationale. La présidente-directrice générale de la SODES, Nicole Trépanier, y voit le signe d’un manque criant de ressources et réitère l’urgence de construire de nouveaux brise-glaces pour renouveler la flotte vieillissante de la Garde côtière.

Huit entreprises visées directement par les embâcles de cet hiver ont estimé leurs pertes à plus de 6 millions de dollars, mais la SODES considère que les répercussions sur l'ensemble de la chaîne logistique ont été beaucoup plus importantes.

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