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D'autres gestes racistes au hockey dénoncés à Saint-Jérôme

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Gros plan sur le visage de Sean-Micheala Kalombo

Sean-Micheala Kalombo vient d'être recruté dans la ligue collégiale AAA.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

La police a été appelée mardi soir au centre sportif Saint-Antoine de Saint-Jérôme afin de calmer les esprits qui s'échauffaient lors d'un match entre l'Arsenal du Coteau, de Mascouche, et les Cougars de Cap-Jeunesse, de Saint-Jérôme.

Les deux équipes occupent les deux premiers rangs du classement de la première division de la catégorie juvénile du réseau scolaire.

Les policiers n’ont toutefois pas eu à intervenir une fois rendus sur place.

Un des joueurs des Cougars, le jeune Sean-Micheala Kalombo, dit avoir reçu des commentaires racistes de la part de parents de jeunes qui jouent pour l’équipe de Mascouche.

Selon son beau-père, Jonathan Chatel, ce genre de propos survient de façon récurrente, ce que confirme l’École Cap-Jeunesse, qui gère l’équipe de Saint-Jérôme.

Certains parents invitent même le jeune homme à se battre, indique Jonathan Chatel, qui précise que les propos et gestes se produisent depuis deux ou trois ans, « seulement avec une équipe au sein du réseau scolaire, l’Arsenal du Coteau, à Mascouche ».

Le principal intéressé, qui a 17 ans, est choqué que des adultes agissent de cette façon, même s’il réussit à faire abstraction de leurs insultes et à se concentrer sur son jeu.

« C’est un peu n’importe quoi qu’il y ait des parents qui me traitent de même », dit-il, ajoutant qu'« en 2019, de traiter quelqu’un de nègre […] de faire ça encore, ç’a juste pas sa place ».

M. Chatel et sa conjointe, qui n’étaient pas présents au match de mardi, ont commencé à recueillir des éléments d’information, comme des photos, pour pouvoir porter plainte à la police.

« C’est quelque chose qu’on doit dénoncer. Ça n'a pas sa place dans nos arénas. La première chose qui devrait primer dans nos arénas, c’est nos jeunes qui s’amusent », dit Jonathan Chatel.

Un problème d'alcool et de culture, selon un responsable

Francis Bernier, responsable des sports à l'École du Coteau de Mascouche, n'a pas non plus assisté au match de mardi. Il fait valoir que l'entraîneur en chef de l'Arsenal est lui-même noir, ce qui exclut selon lui la possibilité que les joueurs aient des comportements racistes. Il admet toutefois que les parents peuvent parfois poser problème. « Il peut se dire des choses dans les estrades des fois qui peuvent être dommageables pour tout le monde. Malheureusement, au hockey, quand des parents s'assoient dans un aréna, il y a quelques fils qui se touchent parfois », dit-il.

Selon lui, ce genre d'attitude des parents est souvent lié à la consommation d'alcool. « Ça devrait être banni dans les arénas lorsque des jeunes sont présents », dit-il. Il déplore aussi une certaine culture du hockey qui tolère des comportements violents.

Il s’agit du deuxième événement de ce type à survenir à Saint-Jérôme cette semaine. Samedi, un joueur noir des Marquis de Jonquière, une équipe de la Ligue nord-américaine de hockey (LNAH), de même que ses parents ont été les cibles de propos et de gestes racistes de la part de partisans des Pétroliers du Nord, de Saint-Jérôme, ce qui a suscité une vague d’indignation.

Une situation rare, selon le RSEQ

Le directeur général du Réseau du sport étudiant du Québec (RSEQ), Gustave Roel, soutient qu’il n’était pas au courant des insultes racistes proférées par des partisans de l’Arsenal du Coteau de Mascouche. « J’imagine que c’est resté au niveau de l’établissement », suppose-t-il.

Il ajoute que c’est le type de situation qui ne serait pas tolérée si elle était dénoncée auprès de son organisation. Il précise que le RSEQ a un code d’éthique pour les joueurs, les entraîneurs et les parents, et que toute personne peut porter plainte auprès du responsable de son établissement.

En ce qui concerne les parents, le président de la RSEQ soutient que l’établissement d’enseignement qui accueille un événement a la responsabilité d’assurer la sécurité de tous les participants. « C’est-à-dire les joueurs, les officiels, mais aussi les parents », précise M. Roel.

M. Roel ajoute que l’établissement accueillant le match doit avoir un responsable de plateau sur place qui doit veiller au bon déroulement de l’activité.

« Le parent qui s’est senti lésé communique avec le responsable de son établissement, et toute la mécanique, par la suite, est bien connue des établissements », poursuit le président du RSEQ. Le commissaire mènera son enquête et imposera des sanctions ou formulera des recommandations.

« Les sanctions sont imposées au cas par cas, explique M. Roel. Cela peut aller de la réprimande à une longue suspension. Chaque situation est évaluée en fonction du contexte. »

Une chose est claire, une situation comme celle-là est une question d’éthique. Ce n’est pas toléré.

Gustave Roel

Le président du RSEQ souligne que ce genre de plainte est rarissime.

Expulsion immédiate, préconisent les Canadiens

De leur côté, les Canadiens de Montréal ont indiqué qu’ils préconisaient l’expulsion immédiate pour un comportement de cette nature.

« Les Canadiens de Montréal condamnent tout comportement visant un joueur, un entraîneur, un officiel ou un partisan en raison de sa race, de sa religion ou de son orientation sexuelle, et ordonnent l'expulsion immédiate de toute personne qui commet de tels actes dans notre aréna », a écrit le club sur son compte Twitter.

Avec la collaboration de Julie Marceau et de Félix St-Aubin

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