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Exclusif

Mort d'un bambin : une famille poursuit le CIUSSS pour un million de dollars

Le petit Thomas Audet dans un montage où l'on voit l'enseigne du CIUSSS.

La famille de Thomas Audet, mort en 2016, poursuit le CIUSSS du Saguenay-Lac-Saint-Jean pour un million de dollars.

Photo : Radio-Canada / Courtoisie

Frédéric Tremblay

Cinq membres de la famille d'un enfant de 22 mois mort en 2016 poursuivent le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Ils déplorent la manière dont le dossier du bambin a été traité.

Thomas Audet est mort le 18 juin 2016 à l'hôpital de Chicoutimi. Le mois précédent, il avait fait l'objet d'un signalement à la Direction régionale de la protection de la jeunesse (DPJ).

Deux ans et demi après le drame, la famille demande des comptes. Le père biologique et les grands-parents de Thomas Audet poursuivent le CIUSSS et demandent 1 088 000 $ en dommages et intérêts.

Dans la poursuite déposée lundi devant la Cour supérieure du Québec, les cinq membres de la famille du bambin estiment que les intervenants de la DPJ responsables du dossier ont « fait preuve d'incurie et d'insouciance » et que les « mesures déployées lors du premier signalement étaient nettement inadéquates ».

Les proches allèguent que l'équipe médicale de l'hôpital de Chicoutimi a aussi « commis une faute en ne signalant pas la situation à la DPJ » et que « n’eût été cette faute, la situation de l'enfant aurait pu être traitée plus tôt par la direction de la protection de la jeunesse, et la mort de l'enfant aurait pu être évitée ».

La poursuite de 11 pages mentionne les différentes blessures observées sur l'enfant entre les mois de février et juin 2016. Thomas Audet aurait notamment subi une fracture du fémur, une lacération à l'oreille, une coupure à la langue et une blessure à la main, selon le document de cour. Les consultations médicales et les démarches de l'équipe régionale de la DPJ sont également décrites dans le document.

En ce qui concerne la mère de l'enfant, elle ne fait pas partie des demandeurs ni des personnes visées par la poursuite.

Comme le processus judiciaire est en cours, la direction du CIUSSS a affirmé qu’il n'émettra aucun commentaire sur le dossier.

Un drame qui a soulevé plusieurs questions

Quelques semaines après la mort de Thomas Audet, en 2016, la ministre déléguée à la Protection de la jeunesse, Lucie Charlebois, a réclamé une enquête.

Un an après le drame, à l'été 2017, la Direction régionale de la protection de la jeunesse a été sévèrement blâmée par la Commission des droits de la personne.

Avec les motifs dans le signalement et les informations données par le corps médical, normalement, l’intervention aurait dû être immédiate

La Commission des droits de la personne

En octobre 2018, la DPJ indiquait que la plupart des 23 recommandations de la Commission des droits de la personne et de la jeunesse ont été appliquées.

Le rapport du coroner sur les circonstances de la mort de Thomas Audet n'a toujours pas été rendu public. Une enquête policière de la Sûreté du Québec est toujours en cours dans cette affaire.

Les grands-parents du garçon n'ont pas souhaité commenter le dossier.

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