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  • Archives
  • Les femmes et les métiers non traditionnels dans les années 60, 70 et 80

    Deux millions de femmes, 18 novembre 1965
    Radio-Canada

    Tous les 8 mars, la Journée internationale des femmes célèbre le chemin parcouru par les femmes pour l'atteinte de l'égalité. Le marché du travail demeure un important terrain de revendications. À travers nos archives, découvrez quelques histoires de femmes qui ont choisi d'exercer des métiers traditionnellement réservés aux hommes.

    Entrepreneure en construction, notaire, chauffeuse de taxi, voici quelques métiers peu habituels pratiqués par des femmes qui sont présentés dans la série Deux millions de femmes le 18 novembre 1965.

    Cette série documentaire s’intéresse aux femmes sur le marché du travail et à leur impact dans l’évolution de la société.

    Dans cet extrait, la journaliste Paule Sainte-Marie interroge quelques femmes sur leurs conditions de travail ainsi que leurs tâches et responsabilités.

    La profession notariale est idéale pour les femmes, affirme la notaire interviewée.

    Contrairement au Barreau, elle n’exige pas des déplacements à la cour tous les jours en plus des attentes au palais de justice.

    La notaire, explique-t-elle, peut travailler à un bureau près de la maison et choisir son horaire de travail.

    En 1965, elles sont pourtant moins d’une dizaine à exercer cette profession au Québec.

    Livrer du pain et ménager les maris jaloux

    Deux millions de femmes, 18 novembre 1965

    Dans ce même reportage, la journaliste va à la rencontre d’employées à la livraison du pain.

    Elles sont une trentaine à occuper ce poste pour la boulangerie commerciale Wonder Bread. Une initiative que la compagnie a prise en raison du manque de main-d’œuvre masculine.

    L’employée interviewée souligne que les clients aiment que ce soit une femme qui livre le pain à domicile.

    « L’homme peut aller travailler en paix », justifie-t-elle.

    Les livreuses de pain de chez Wonder Bread gagnent 60 $ par semaine.

    Est-ce le même salaire que celui des hommes? demande la journaliste Paule Sainte-Marie.

    « Certainement, c’est le même ouvrage. Il n’y a rien d’extraordinaire pour l’homme ni pour la femme », déclare la livreuse bien installée dans son camion. « S’il fallait qu’ils nous donnent moins, là on se ferait aller. »

    Conduire un autobus avec des couteaux dans le dos

    En 1977, Francine Maltais a été le premier « chauffeur d’autobus féminin » à être embauché par la CTCUM (aujourd’hui appelée la STM).

    Ce soir, 26 septembre 1977

    C’est ce que nous montre ce court reportage du 26 septembre 1977 au bulletin de nouvelles Ce soir animé par Gabi Drouin.

    La journaliste Jeanine Morin recueille les commentaires de la nouvelle chauffeuse d’autobus, bien fébrile de commencer son entraînement d’un mois.

    Ce soir, 3 avril 1980

    Trois ans plus tard, le 3 avril 1980, l’équipe de Ce soir s’intéresse à nouveau à la chauffeuse d’autobus Francine Maltais.

    Les offres d’emploi de la CTCUM sont désormais destinées autant aux hommes qu’aux femmes.

    « Les femmes peuvent donc, si elles le désirent, accéder à ce secteur d’activité traditionnellement réservé aux hommes », affirme la journaliste Denise Gascon. « Mais pour ce faire, bien des choses devront changer », ajoute-t-elle.

    La journaliste voyage à bord de l’autobus de Francine Maltais aux fins de son reportage. Pour la plupart des passagers, il s’agit d’un premier trajet manœuvré par une femme. Tous affirment apprécier l’expérience.

    Les collègues masculins de Francine Maltais semblent moins enchantés.

    « Moi je vais vous dire franchement, je n’ai jamais accepté une femme au volant », déclare un chauffeur d'autobus interviewé.

    Les hommes ont assez de misère à avoir de l’ouvrage comme c’est là sans qu’ils se fassent ôter de l’ouvrage par les femmes.

    Un chauffeur de la CTCUM

    « Personnellement, mon opinion c’est que les femmes sont faites pour la maison. Un homme qui respecte sa femme le moindrement la garde à la maison », ajoute un autre.

    Pour Francine Maltais, « obligée » de travailler selon ses confrères, le jugement est quelque peu différent.

    On l’accepte assez bien. Dans les premiers temps, c’était dur pour nous autres et pour elle, mais aujourd’hui, tout s’accorde comme un vrai mariage!

    Un chauffeur de la CTCUM

    En 1980, parmi les 3700 chauffeurs employés par la société de transport montréalaise, on ne compte que trois femmes.

    Vivre d’odeur d’essence et d’eau fraîche

    L’émission Femme d’aujourd’hui du 4 décembre 1981 dresse le portrait de Diane Desjardins, pompiste et apprentie mécanicienne.

    Femme d'aujourd'hui, 4 décembre 1981

    Depuis que je suis haute comme trois pommes, j’ai toujours eu un intérêt spécial dans la mécanique.

    La pompiste Diane Desjardins

    Pour assouvir sa passion, Diane Desjardins s’est inscrite à un cours du soir enseigné dans une polyvalente : Automobile pour tous.

    La formation de 30 heures, explique-t-elle, est surtout suivie par des femmes « tannées de ne rien y connaître » et souhaitant ne plus se faire rouler.

    C’est à la suite de ce cours que Diane Desjardins a décroché cet emploi de pompiste qui comble ses soirs et fins de semaine.

    Si elle se fait parfois taquiner par des clients surpris de la voir apparaître à la fenêtre de leur voiture, seule une femme a refusé ses services.

    Pour satisfaire cette cliente craintive, Diane Desjardins a dû envoyer un collègue masculin vérifier l’antigel de son radiateur.

    La vocation de Diane Desjardins est manifeste alors qu’elle donne quelques conseils d’entretien à la journaliste Élisabeth Richard.

    Moi, me salir les mains dans un moteur, j’adore ça!

    La pompiste Diane Desjardins

    La pompiste et apprentie mécanicienne confie d’ailleurs son intention de retourner sur les bancs d’école afin d’approfondir ses connaissances en mécanique et en faire un métier.

    Essuyer des refus avant de réaliser son rêve de devenir pompière

    Téléjournal, 28 septembre 1996

    Une femme agent de police, on est déjà presque habitués. Une femme monteur de ligne pour Hydro-Québec, c’est beaucoup plus rare. Une femme pompier, mis à part les volontaires, il n’y en a que deux au Canada, dont une au Québec.

    La journaliste Louise Lafontaine

    Dans ce reportage au Téléjournal du 18 octobre 1988, la journaliste Louise Lafontaine recueille le témoignage de la première pompière du Québec.

    Monique Lanteigne exerce son métier depuis deux ans à Côte-Saint-Luc. Auparavant, on lui avait refusé cet emploi à Montréal et à Laval.

    « Dans mon temps, les femmes, ça prenait soin de leur mari et puis ça torchait les enfants », lui aurait déclaré un chef de caserne alors qu’elle posait sa candidature.

    D’autres femmes qui ont dû affronter les préjugés partagent elles aussi leur expérience dans une conférence sur les métiers non traditionnels et les femmes.

    La journaliste mentionne qu’une étude révèle que les jeunes femmes sont plus intéressées qu’auparavant par les « métiers d’hommes », mais qu’elles ont besoin de modèles féminins auxquels s’identifier.

    « En somme, plus on voit de femmes dans des métiers non traditionnels, plus les filles ont envie de faire le même travail », conclut la journaliste Louise Lafontaine en 1988.

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