•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Mike Ward prend toujours des risques, mais ils sont calculés

Mike Ward au micro
Le « Mike Ward Show » Photo: APIH
Radio-Canada

« J'ai été en dépression, mais j'ai juste été suicidaire une journée », avoue Mike Ward, qui a appelé sa femme à l'aide cette journée-là.

En entrevue avec Catherine Perrin à Médium large, l’humoriste parle de son nouveau spectacle où il prend toujours autant de risques que dans le passé, de sa dépression et aussi de Jérémy Gabriel.

Noir est le titre de son nouveau spectacle. Deux raisons expliquent ce choix. « C’est un spectacle d’humour noir, puis je voulais montrer que ça allait être encore ça, mentionne-t-il. J’ai commencé à écrire en sortant d’une dépression. Les premiers numéros que j’écrivais, c’était sur le suicide, la dépression, l’intimidation, les abus sexuels, des sujets lourds traités de façon drôle. »

Tester ses numéros, pour calculer les risques

Dans Noir, Mike Ward aborde des sujets qu’il connaît moins. Par exemple, un de ses numéros porte sur un homme transsexuel. L’humoriste explique l’avoir testé pour vérifier si les personnes concernées l’appréciaient.

Ce n’est pas la première fois qu'il procède ainsi; cela fait presque 10 ans qu'il teste ses numéros, depuis le jour où il a eu une discussion avec Eddy King.

Si je fais un numéro sur les Noirs, je veux que ça soit un numéro que je suis capable de faire dans une salle 100 % remplie de gens noirs.

Mike Ward

Catherine Perrin l'a aussi interrogé sur Jérémy Gabriel : aurait-il dû tester sa blague devant le jeune homme? Mike Ward avoue que ses méthodes étaient différentes en 2007 ou 2008, à l'époque où il a écrit ce numéro. « Si Eddy King m’avait parlé en 2006, je serais plus riche de 150 000 $ », admet-il.

Depuis le procès, Mike Ward n’a pas peur de prendre autant de risques qu’avant, « mais ils sont mieux calculés. [...] Maintenant, chaque fois que je pense ou que j’écris quelque chose, je pense tout le temps qu'il pourrait y avoir un avocat dans la salle, dit-il, et légalement, est-ce que j’ai le droit de faire ce que je fais ».

Malgré tout, Mike Ward se défend d’être moins acerbe que dans le passé et d’avoir ramolli : « C’est le spectacle le plus dur que j’ai fait de toute ma vie et les gens m’en remercient. »

Aidé par l’alcool

L’humoriste affirme qu'il ne boit plus durant la semaine, mais qu'il ne se prive pas les fins de semaine.

J’aime l’alcool et il n’y a aucun cas d’alcoolisme dans ma famille. Je suis un alcoolique temporaire. Pendant ma dépression, l’alcool m’a beaucoup aidé. Même si tous les médecins m’ont dit que ce n’était pas vrai.

Mike Ward

Il pense que l’alcool diminue la douleur émotionnelle. Boire l’endormait et lui permettait de moins souffrir. Mais il ne prenait pas d’antidépresseurs, car l’alcool et ce type de médicaments ne font pas bon ménage. « Juste de l’alcool, mais beaucoup, beaucoup d’alcool », explique-t-il.

Il ajoute qu’il n’a pas vu de psychologue ou de psychiatre, mais qu’il parlait de sa dépression à tout le monde.

Après avoir atteint le fond du baril, il a amorcé sa remontée lors d’une soirée au Bordel Comédie Club avec Stéphane Fallu. Ce dernier l’a poussé à monter sur scène. Mike Ward y a retrouvé du plaisir. « Le lendemain, j’ai écrit de quoi et c’était drôle. En dépression, tu écris, mais c’est lourd et triste », raconte-t-il.

Mike Ward entreprend la tournée de son nouveau spectacle à Montréal le 8 mars 2019, qu'il présentera partout au Québec jusqu’en février 2020.

Humour

Arts