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Le déficit de l'Alberta revu à la baisse malgré la crise pétrolière

Vue sur un homme avec des lunettes et un veston.

Dans sa mise à jour économique, le ministre des Finances Joe Ceci estime la dette de l'Alberta à 58,6 milliards pour l'exercice financier 2018-2019.

Photo : Radio-Canada

Charlotte Dumoulin

Le déficit de l'Alberta est revu à la baisse, malgré des défis économiques et des mesures prises par la province pour sortir l'industrie pétrolière de sa crise depuis l'automne, indique le ministre des Finances provincial, Joe Ceci.

Dans ce qui sera sa dernière mise à jour économique avant les élections, le gouvernement néo-démocrate évalue maintenant son déficit à 6,9 milliards, soit 1,9 milliard de moins que ce qui avait été prévu dans le budget présenté en 2018.

Les prévisions pour les recettes du gouvernement sont évaluées à 49,6 milliards de dollars, une augmentation, quant à elle, de 1,8 milliard comparativement au budget 2018-2019.

Selon la province, les revenus provenant des ressources naturelles, de l'impôt sur le revenu des particuliers et des transferts fédéraux ont été plus importants que prévu.

Par ailleurs, dans la mise à jour du troisième trimestre de l’exercice financier 2018-2019, les néo-démocrates révisent vers la hausse le montant total des dépenses pour atteindre 56,6 milliards.

La dette de la province est estimée à 58,6 milliards et elle comprend aussi un nouvel emprunt de 6,3 milliards de dollars en prévision de l’an prochain. Le gouvernement prévoit que l’endettement de la province continuera d’augmenter jusqu’en 2024.

Le gouvernement vise toujours l’équilibre budgétaire pour l’exercice financier 2023-2024.

L’impact de la crise pétrolière sur l’économie

La croissance est, pour un deuxième trimestre consécutif, revue à la baisse. Dans le dernier budget, le gouvernement la prévoyait à 2,5 % pour 2019. Il la prévoit maintenant à 1,6 %.

L’économie s’améliore, mais ce ne sont pas pas tous les ménages qui en ressentent les effets. Le manque de capacité dans les pipelines reste un grave problème.

Joe Ceci, ministre des Finances

Selon les prévisions annoncées mercredi, l’écart entre les prix des barils de pétrole américain et canadien est de 23,50 $. Il est presque revenu à ce qu’il était il y a presque un an.

Le West Texas Intermediate, le prix du pétrole américain, pour le troisième trimestre de l’année est estimé à 62 $US, tandis que le Western Canadian Select, le prix du pétrole canadien, est à 38,30 $US.

Nous demeurons prudents dans nos prévisions sur l’écart entre les prix du pétrole et dans nos prévisions pour les revenus.

Joe Ceci, ministre des Finances

Malgré les limites imposées sur la production de pétrole dans la province depuis janvier 2019, qui ralentissent la croissance de la production, le gouvernement prévoit quand même une augmentation de 132 000 barils de pétrole par jour, cette année, en Alberta.

L’investissement du secteur privé dans le secteur pétrolier risque d’être plus faible au début de 2019, selon les prévisions.

Toutefois, les néo-démocrates entrevoient des améliorations vers la fin de l’année en raison des différents projets comme le remplacement de la canalisation 3 d’Enbridge, qui devraient se concrétiser.

D’autres industries comme la construction industrielle et la pétrochimie attirent davantage l’intérêt des investisseurs et se portent mieux.

Le NPD « met l’économie de l'Alberta en péril »

​Le porte-parole de l'opposition en matière des Finances, Drew Barnes, affirme que ​le gouvernement ​n’est pas sur ​la bonne route pour atteindre l’équilibre budgétaire​ en 2023-2024​.

​« Que signifie une dette de près de 95 milliards de dollars en 2023-2024 [tel que prévu dans la mise à jour]? Cela veut dire moins d’hôpitaux, moins d’écoles, moins de services, mais plus d’argent pour les banques. », avertit le député du Parti conservateur uni.

La Chambre de commerce de Calgary doute, elle aussi, que le gouvernement soit en mesure d’équilibrer ses finances en 2023 sans action concrète pour augmenter la compétitivité et créer plus de certitude pour les entreprises en diminuant par exemple leur taux d’imposition.

Pour David Caron, économiste au Centre collégial de l’Alberta, l’atteinte de l’équilibre budgétaire va surtout dépendre de la volatilité du prix du pétrole canadien dans les quatre prochaines années: « ils peuvent avoir raison, comme ils peuvent avoir tort. [...] Si le prix du baril de pétrole augmente, oui effectivement on va s’en sortir. »

Un budget préélectoral?

Pendant qu’il présentait la mise à jour économique, le ministre des Finances a confirmé qu’il travaille sur un budget. Il n’a cependant pas voulu préciser s’il serait présenté avant ou après les élections. Ce sera la première ministre Rachel Notley qui prendra la décision, indique-t-il.

Les élections doivent avoir lieu entre le 1er mars et le 31 mai. La date n’est pas encore fixée.

Alberta

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