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Taxe carbone : le Nouveau-Brunswick peut s’attendre à une facture de 18 M$

La centrale thermique de la société Énergie N.-B. à Belledune

La centrale thermique de la société Énergie NB à Belledune émet 838 tonnes de gaz à effet de serre pour chaque gigawattheure d’électricité produite, selon Environnement et Changement climatique Canada (archives).

Photo : Radio-Canada / François Vigneault

Radio-Canada

Le régime plus sévère prévu par le fédéral pour janvier 2020 dans le cas des centrales alimentées au charbon ou au coke de pétrole peut entraîner une taxe carbone de 18 millions de dollars pour la société d'énergie du Nouveau-Brunswick.

La société de la Couronne n’a pas prévu cette somme dans son budget et pourrait demander une hausse de ses tarifs pour la payer.

Énergie NB dit attendre plus d’information avant de planifier cette dépense, notamment à savoir si le gouvernement de Blaine Higgs peut s’entendre avec celui de Justin Trudeau sur la tarification du carbone afin d’éviter ou de réduire la somme à payer.

Une facture moins salée prévue pour cette année

La taxe carbone prévue sur les émissions de gaz à effet de serre d'Énergie NB pour 2019 s’élève à environ 3 millions de dollars, grâce à de généreux crédits controversés offerts pour les centrales au charbon ou au coke de pétrole, comme celle de Belledune.

Selon Environnement et Changement climatique Canada, la centrale de Belledune dégage 838 tonnes de gaz à effet de serre pour chaque gigawattheure d’électricité produite.

En vertu des règles proposées pour 2019, les centrales au charbon ou au coke de pétrole sont exemptées de la taxe carbone sur 800 tonnes d’émission de gaz à effet de serre par gigawattheure d’électricité qu’elle produisent. Cela peut représenter jusqu'à 95 % des émissions dans le cas de Belledune.

Ce régime préférentiel a créé une controverse à l’intérieur et à l’extérieur de la Chambre des communes lorsqu’il a été annoncé en octobre. Puis, en décembre, le gouvernement fédéral a proposé un régime plus sévère pour les centrales au charbon ou au coke de pétrole. Le changement aurait lieu en janvier, soit après les élections fédérales de l’automne.

Un tas de charbon à la centrale thermique de Belledune

Le charbon que brûle la centrale de Belledune en fait le deuxième plus gros émetteur de gaz à effet de serre au Nouveau-Brunswick.

Photo : CBC/Jacques Poitras

Le nouveau régime prévoit d’abord une exemption sur 650 tonnes de gaz à effet de serre par gigawattheure d’électricité produite en 2020. L’exemption diminuera ensuite progressivement. Elle ne s’appliquera plus qu’à 370 tonnes en 2030.

Belledune produit de 3000 à 3600 gigawattheure d’électricité par année. En 2020, la taxe carbone s’appliquera sur ses 500 000 autres tonnes d’émission de gaz à effet de serre au taux de 30 $ la tonne. Cela augmentera le montant à payer en taxe carbone de 3 millions de dollars en 2019 à 18 millions de dollars l’année suivante, si la production de Belledune reste la même qu’à l’heure actuelle.

Les défis financiers du service public

Énergie NB a demandé une hausse moyenne de ses tarifs de 2,5 % pour le 1er avril. Cela comprend une hausse de 2,9 % dans le cas de ses abonnés résidentiels.

Sa demande ne comprend aucune disposition pour les coûts associés au carbone tandis qu’elle attend que le gouvernement fédéral achève sa proposition de régime pour l’industrie et que le provincial annonce une possible solution de rechange acceptable à Ottawa.

Énergie NB est déjà dans une situation financière précaire tandis qu’elle une faible rentabilité et une croissance de 108 millions de dollars de sa dette pour les quatre prochaines années, et ce sans réserves financières pour la taxe carbone.

Une photo rapprochée de Blaine Higgs.

Blaine Higgs, premier ministre conservateur du Nouveau-Brunswick.

Photo : Radio-Canada / Michel Corriveau

Les provinces qui ont préparé un plan de rechange en matière de tarification du carbone accepté par Ottawa peuvent éviter la taxe carbone du fédéral, mais ce dernier a rejeté les propositions du Nouveau-Brunswick jusqu’à présent.

Le Nouveau-Brunswick a adhéré à une contestation judiciaire du programme fédéral et annoncé en décembre qu’il préparait une autre proposition pour éviter la taxe carbone sur les sources importantes de gaz à effet de serre. Ce plan n’a pas encore été dévoilé ni accepté.

Ottawa s’affaire encore à définir les taux d’exemption de l’industrie. Ils devraient être définitivement établis vers la mi-2019. Mais la taxe carbone sur les émetteurs industriels est toutefois entrée en vigueur dans la province le 1er janvier au tarif de 20 $ la tonne sur les émissions non exemptée. Le tarif va augmenter de 10 $ la tonne chaque année pour atteindre 50 $ la tonne en 2022.

D’après un reportage de Robert Jones, de CBC

Nouveau-Brunswick

Politique fédérale