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Les mesures de sécurité à la bibliothèque du Millénaire suscitent des critiques

Des agents de sécurité fouillent un homme dans une bibliothèque.
Les visiteurs de la bibliothèque du Millénaire doivent désormais passer un nouveau contrôle de sécurité avant d'entrer. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Les nouvelles mesures de sécurité, mises en place par la bibliothèque du Millénaire cette semaine, ne font pas l'unanimité. Un groupe de Winnipégois estime qu'elles découragereront certains usagers de se rendre dans le bâtiment public et qu'elles auront un impact sur les sans-abri.

Depuis lundi, toute personne de plus de 13 ans qui se rend à la bibliothèque du Millénaire est accueillie par des agents de sécurité qui les passent au détecteur de métal et procèdent à la fouille de leurs sacs. C'est désormais la procédure à laquelle doit se plier le public qui veut entrer dans le bâtiment.

La bibliothèque a annoncé ce mois-ci sa décision de rehausser le niveau de sécurité en raison de l'augmentation d'incidents violents commis par des individus sous l'effet de l'alcool ou de drogues qui ont menacé le personnel de la bibliothèque ainsi que le personnel de sécurité.

Selon Ray Eskritt, qui fait partie d'un groupe de défense des sans-abri, ce resserrement des mesures de sécurité ne s'attaque pas aux racines du problème.

« Ils traitent le symptôme et ils ne le font pas avec empathie. Je m'attends à un meilleur traitement de la part d'une bibliothèque. Les bibliothèques doivent être ouvertes à tous », dit Mme Eskritt, qui travaille auprès des sans-abri depuis 15 ans et est employée par l'organisme West Broadway Community Ministry.

Le directeur des services de la Bibliothèque, Ed Cuddy, indique que les changements ont été apportés après avoir consulté la police.

Un forum dans les prochaines semaines

Ray Eskritt et d'autres usagers estiment que ces changements auraient dû être faits après avoir consulté les clients de la bibliothèque. Ils prévoient donc d'organiser un forum à la bibliothèque dans les prochaines semaines.

« On espère qu'on aura une discussion honnête et franche sur l'impact de telles mesures de sécurité et leur effet sur la vision que les gens ont du centre-ville », indique Mme Eskritt.

Elle s'inquiète du fait que les vérifications des sacs et les détecteurs de métaux ont pour conséquence involontaire de refouler de la bibliothèque les sans-abri et ceux qui vivent dans une pauvreté extrême.

Selon elle, la plupart des gens ne comprennent peut-être pas que le fait de vivre dans la rue signifie souvent qu'on transporte tout ce que l'on possède sur soi, en tout temps.

Selon elle, les sans-abri ne peuvent pas remiser de l'alcool, des drogues, des outils ou un objet pointu dans leur voiture ou leur logement avant d'entrer dans la bibliothèque pour se réchauffer ou se détendre.

« La bibliothèque est une ressource énorme pour les personnes sans argent », dit-elle.

Un porte-parole de la Ville de Winnipeg affirme que la bibliothèque promet de créer un « environnement sûr et accueillant pour tous ».

Le public est toujours en mesure de se mettre à l'abri des températures extrêmes dans le hall principal, ajoute-t-il, indiquant que la bibliothèque emploie deux travailleurs sociaux qui sont sur place pour aider les personnes dans le besoin.

« Le personnel et les travailleurs sociaux discutent continuellement avec les organisations sociales afin de trouver les moyens de réduire les risques d'incidents et de mieux accompagner les personnes vulnérables dans la bibliothèque », conclut le porte-parole de la Ville.

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