•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le Rockfest est mort, place au Montebello Rock

Des femmes souriantes et enthousiastes sont alignées le long d'une clôture lors d'un spectacle du Rockfest en plein soleil.

Des festivaliers lors de la mouture 2018 du Rockfest de Montebello (archives).

Photo : Radio-Canada / Denis Babin

Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Montebello aura un nouveau festival rock les 14 et 15 juin prochains. Un peu plus de deux mois après la faillite du Rockfest, son fondateur annonce la création d'un événement de plus petite envergure, qu'il qualifie de « retour aux sources ».

Alex Martel a dévoilé, mercredi, son nouveau projet, Montebello Rock, qui se veut une nouvelle version du festival musical qui a lieu chaque année dans la municipalité de la Petite-Nation depuis 2005.

On a vraiment décidé de suivre l’engouement des festivaliers, puis d’éviter de sauter une année et de potentiellement briser, si on veut, la tradition annuelle de tout le monde, a-t-il affirmé.

Il porte une veste de cuir et un chapeau noir.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Alex Martel parle du Montebello Rockfest, dont il est le fondateur

Photo : Radio-Canada / Karine Dufour

M. Martel a ajouté que la décision de donner un nom légèrement différent, Montebello Rock, c’était vraiment une décision qui a été prise pour montrer un renouveau, une renaissance .

« Le mot ''Rockfest'', j’ai entièrement le droit de l’utiliser. »

— Une citation de  Alex Martel, fondateur du Montebello Rock

Or, Stéphane De Broux, partenaire de la firme KPMG et responsable du dossier de la faillite de l’organisation Outaouais Rock, précise que M. Martel ne peut en aucun cas utiliser la marque « Rockfest », puisque ce nom commercial ne lui appartient plus.

Chronologie :

Tous les actifs d’Outaouais Rock, incluant les noms de commerce ''Rockfest'' et autres marques de commerce qui appartenaient à Outaouais Rock, ont été transférés à l’actif de la faillite d’Outaouais Rock , précise-t-il.

Ces actifs-là, les marques de commerce, incluant ''Rockfest'', sont visés par des créances garanties, dont celles d’Investissement Québec, ajoute-t-il. En d’autres mots, la marque de commerce « Rockfest » appartient maintenant aux créanciers garantis.

M. De Broux affirme que les créanciers en sont aujourd'hui à l’étape d’essayer de vendre les actifs corporels et la marque de commerce associée  d’Outaouais Rock.

« Les créanciers garantis vont avoir une perte dans le dossier. Ils ne vont pas récupérer toutes leurs créances. Il n’y a aucun recouvrement pour les créanciers ordinaires, malheureusement. »

— Une citation de  Stéphane De Broux, partenaire de la firme KPMG

La consultante en relations publiques Marie-Annick Boisvert, qui représente M. Martel, rétorque que ce sont plutôt les appellations « Montebello Rockfest » et « Amnesia Rockfest » qu'il ne peut plus utiliser. Le mot ''Rockfest'' ne peut pas être enregistré, c'est trop un mot général, écrit-elle dans un courriel à Radio-Canada.

Une offre réduite

Les 14 et 15 juin, une trentaine de groupes se produiront sur deux scènes. Il s'agira d'un événement plus modeste que le dernier Rockfest, qui comptait près de 70 formations musicales réparties sur trois scènes.

Pour connaître les détails de la programmation, il faudra toutefois attendre la fin du mois de mars. On sait cependant que « punk, métal et rock plus lourds » sont les mots-clés à retenir pour qualifier la première mouture du Montebello Rock.

Ça va être un bon mélange, comme je sais bien le faire, a soutenu M. Martel, confiant qu’il détient la clé du succès en mélangeant des groupes locaux, québécois et internationaux.

En ratissant moins large au niveau de la programmation musicale, l’organisateur vise la fibre nostalgique des festivaliers. On essaie de ramener ça vraiment à la base, aux sources de ce festival-là, au départ, avant que ça prenne une dimension complètement disproportionnée, a-t-il ajouté.

Un nouveau départ

M. Martel se lance dans la nouvelle aventure du Montebello Rock à peine deux mois après la fin officielle du Rockfest, qui a laissé en plan une centaine de créanciers. C’est sûr que je suis déçu de ce qui est arrivé. Je ne pourrais pas ne pas l’être, mais ça ne donne rien de m’apitoyer sur le passé, a lancé le principal intéressé.

Alors qu’il était actionnaire minoritaire d’Outaouais Rock dans les trois dernières années, M. Martel dit maintenant avoir le contrôle de son événement. Depuis la fin décembre, je suis redevenu libre, puis seul pour faire ce que je veux. Puis j’essaie d’être positif, d’aller vers le futur, a-t-il affirmé.

« On ne va pas répéter les erreurs qui ont été commises dans les années passées. »

— Une citation de  Alex Martel, fondateur du Montebello Rock

De concert avec la Municipalité pour la survie du festival

Mais la Municipalité de Montebello, elle, est-elle prête à accueillir un autre festival rock? Le maire Martin Deschênes répond par l’affirmative.

Le conseil est favorable à l’accueil. Par contre, la Municipalité doit rester en contrôle, puis doit s’asseoir avec les promoteurs pour s’assurer que l’événement se passe bien, puis qu’on sache à quoi s’attendre, précise-t-il.

Un homme portant des lunettes noires regarde la caméraAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Martin Deschênes, maire de Montebello

Photo : Facebook / Martin Deschênes - maire de Montebello

Cette année, le conseil municipal veut s’assurer de garder la main mise sur les différentes étapes de la logistique en organisant des rencontres fréquentes avec les organisateurs du Montebello Rock

Le festival était rendu très, très gros et demandait énormément à la municipalité. Je ne dirais pas que c’est hors contrôle, mais c’était hors contrôle des pouvoirs municipaux à ce moment-là , souligne M. Deschênes, en faisant référence au Rockfest.

Pour la Municipalité, accueillir le Montebello Rock signifie assurément des coûts pour maintenir la sécurité et le contrôle sanitaire. Par contre, l’événement a des retombées économiques pour les villageois, pour la région et a aussi des retombées économiques pour la municipalité. On réussit à couvrir les frais, alors l’intention 2019 est encore la même , ajoute le maire.

« On sera plus prudents. C’est certain qu’on ne peut pas laisser le festival devenir aussi gros [que le Rockfest] sans aucune planification. »

— Une citation de  Martin Deschênes, maire de Montebello

À ce jour, M. Deschênes attend toujours le dépôt de la programmation et la prévente des billets avant d'entamer la planification des ressources en collaboration avec la Sûreté du Québec et le service des travaux publics de sa Municipalité.

Le phénix renaîtra-t-il de ses cendres?

Nouveau nom, nouvelle image, mais le Montebello Rock ne dépaysera pas les habitués des festivités dans la Petite-Nation. Dans un sens, oui c’est repartir à zéro, mais dans l’autre sens, pour moi puis pour mon équipe, c’est vraiment la continuité de ce qu’on a toujours fait essentiellement , a rappelé M. Martel.

Un logo où il est écrit « Montebello 2019 » en rouge et « Rock » en blanc.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le logo du nouveau festival Montebello Rock 2019

Photo : Courtoisie Montebello Rock

L’organisateur affirme se sentir appuyé par d’anciens fournisseurs et s’être entouré de la même équipe logistique et technique, ce qui devrait selon lui faciliter le déroulement des opérations.

« Même si c’est vraiment dommage ce qui est arrivé, ces gens-là, comme tout le monde, savent que j’étais un partenaire minoritaire dans les trois dernières années, puis ils savent que j’ai toujours respecté ma parole, mes ententes, puis tout ça. »

— Une citation de  Alex Martel, fondateur du Montebello Rock

Pour M. Martel, c’est la réponse des festivaliers qui déterminera l’avenir du Montebello Rock. Pour l’instant, il ne s’inquiète pas de la vente des billets, qui seront disponibles dès le 28 février, avant même la sortie de la programmation.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !