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Une coalition réclame un moratoire sur le mégaprojet Royalmount

Une maquette du projet de complexe commercial Royalmount

Le projet prévoit l'aménagement de bureaux, de commerces, d'hôtels, de salles de spectacle, de cinémas et de logements.

Photo : Courtoisie : promoteur

Stéphane Bordeleau

Des représentants des milieux d'affaires, des universitaires, des écologistes et des urbanistes unissent leur voix pour réclamer l'imposition d'un moratoire et la révision du mégaprojet immobilier Royalmount, prévu à l'intersection des autoroutes 40 et 15, dans la municipalité de Mont-Royal.

Dans une lettre ouverte intitulée « Dans ces conditions, c’est Royalement non! », la coalition se dit opposée à la réalisation du projet dans sa forme actuelle.

Bien que favorables au développement du vaste terrain de 280 000 mètres carrés sur lequel le promoteur Carbonleo compte ériger un mégacentre commercial de 2 milliards de dollars, les signataires de la lettre estiment que le projet dans sa forme actuelle nuira à la mobilité, au commerce, à la culture ainsi qu’à l’emploi dans la métropole.

Nous sommes favorables à la revitalisation de ce site stratégique, mais nous souhaitons qu’il accueille un projet véritablement mixte, arrimé aux démarches en cours dans le secteur Namur-De la Savane et compatible avec l’écosystème économique du Grand Montréal.

Extrait de la lettre ouverte de la coalition

Un projet controversé

Le Royalmount sera construit à l'angle des autoroutes 40 et 15.

Le Royalmount sera construit à l'angle des autoroutes 40 et 15, mais la première pelletée de terre n'aura pas lieu avant longtemps.

Photo : Google Earth

Plusieurs des signataires de cette lettre avaient déjà signalé leur opposition lors des audiences de la commission municipale sur les impacts du projet Royalmount, qui prévoit l'aménagement de commerces, de salles de spectacle, de restaurants, d'hôtels, de bureaux et de logements sur le site.

De nombreuses voix se sont élevées contre le projet depuis sa présentation au public en février 2015, notamment en raison du fait qu’il sera érigé dans l’un des secteurs où la congestion automobile est la plus importante au pays.

L’arrivée dans le secteur de dizaines de magasins à grande surface fait aussi craindre pour la pérennité et la survie des petits commerçants et des commerces de proximité à Montréal.

Le milieu des spectacles s’inquiète quant à lui de la concurrence qu’ajoutera l’arrivée de ces deux salles de 4500 et de 1500 places dans le marché des salles de spectacles de la région métropolitaine.

Nous invitons Carbonleo, la Ville de Mont-Royal, l’agglomération de Montréal et le gouvernement du Québec à interrompre le mégaprojet Royalmount et à collaborer pour en réduire ensemble l’envergure. Un moratoire est nécessaire.

Extrait de la lettre ouverte de la coalition

Pour favoriser l’acceptation sociale de son projet, Carbonleo y a apporté plusieurs modifications à la suite de la commission de la Ville de Montréal sur les impacts de son mégaprojet.

Le promoteur a notamment ajouté une passerelle piétonnière au-dessus de l’autoroute Décarie, une navette électrique vers le futur Réseau express métropolitain (REM) et des milliers de logements en bordure du complexe.

Mais ce n’est pas assez, souligne la coalition. « Le promoteur doit retourner à la planche à dessin et consulter la population et les experts du Grand Montréal », réclament les signataires.

Dans une forme complètement révisée et mieux réfléchie, ce mégaprojet pourrait devenir un exemple de développement durable et s’inscrire dans le type d’aménagement souhaité dans l’agglomération.

Extrait de la lettre ouverte de la coalition

Décision unilatérale

La maquette du projet de Carbonleo

La maquette du projet de CarbonLeo

Photo : CBC

Outre l’impact négatif à prévoir sur l’environnement et l’équilibre commercial du secteur, les signataires dénoncent le fait qu’à elle seule la mairie de la Ville de Mont-Royal ait pu imposer ce projet à l’ensemble de la collectivité montréalaise.

Bien que le projet représente des revenus fonciers substantiels pour la Ville de Mont-Royal, les impacts négatifs de Royalmount dépasseront largement les frontières de cette municipalité, croient la vingtaine de personnalités qui ont signé la lettre.

Il est inconcevable qu’il ait pu être approuvé par la seule Ville de Mont-Royal (20 000 habitants), au détriment de la moitié de la population du Québec, et il est urgent d’y remédier.

Extrait de la lettre ouverte de la coalition

« Qu’elle [la mairie de Mont-Royal] s’entête à l’imposer au Grand Montréal envoie un déplorable signal de défiance et de développement subordonné au profit économique local », dénonce le texte.

Les signataires exhortent du même souffle l’agglomération de Montréal à corriger les lacunes dans la planification et la gouvernance de la métropole qui ont permis à Mont-Royal et au promoteur d’imposer ce projet à toute la région métropolitaine.

Si le promoteur, la Ville de Mont-Royal et l’agglomération de Montréal sont incapables de trouver un terrain d’entente sur la révision du projet, la coalition demande au gouvernement du Québec de suspendre lui-même le chantier de Royalmount.

Les signataires de la lettre :

  • Gérard Beaudet, codirecteur de l’Observatoire de la mobilité durable, Université de Montréal
  • Glenn Castanheira, conseiller principal, Brique & Mortier
  • Linda Centomo, directrice du développement des affaires, Les Conseillers BCA Consultants Inc.
  • Catherine Champoux, directrice administrative, Emballages Creopack
  • Coralie Deny, directrice générale, Conseil régional de l’environnement de Montréal
  • Sarah V. Doyon, directrice, Trajectoire Québec
  • Raphaël Fischler, professeur titulaire à l’École d’urbanisme et d’architecture de paysage, Université de Montréal
  • Antonin Labossière, architecte et associé, Rayside Labossière
  • André Lavallée, ancien élu responsable de l’urbanisme, de l’aménagement et du transport à la Ville de Montréal
  • Jean-Claude Marsan, architecte, urbaniste et professeur émérite, Université de Montréal
  • Karel Mayrand, directeur général pour le Québec et l’Atlantique, Fondation David Suzuki
  • Paula Negron-Poblete, codirectrice de l’Observatoire de la mobilité durable, Université de Montréal
  • Jean Paré, urbaniste émérite et ancien commissaire, Office de consultation publique de Montréal
  • Jacques K. Primeau, président, Partenariat du Quartier des spectacles
  • Ron Rayside, architecte et associé principal, Rayside Labossière
  • Sidney Ribaux, directeur général, Équiterre
  • Émile Roux, directeur général, Destination centre-ville
  • Christian Savard, directeur général, Vivre en Ville
  • Caroline Tessier, directrice générale, Association des sociétés de développement commercial de Montréal
  • Claude Vaillancourt, président, ATTAC-Québec
  • Christian Yaccarini, président et chef de la direction, Société de développement Angus

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