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Ligne Micoua-Saguenay : des citoyens et entrepreneurs inquiets

Deux commissaires assis devant une affiche du BAPE.

Les commissaires du BAPE ont entendu une douzaine d'intervenants venus s'exprimer au sujet du projet hydroélectrique Micoua-Saguenay.

Photo : Radio-Canada / Mélyssa Gagnon

Mélyssa Gagnon

Le projet de construction d'une ligne de haute tension par Hydro-Québec entre Baie-Comeau et Saguenay reçoit un accueil mitigé au Saguenay–Lac-Saint-Jean.

Des citoyens inquiets des impacts visuels et environnementaux liés à l’aménagement d'un corridor de 262 kilomètres ont fait part de leurs doléances, mardi soir à Jonquière, lors du passage de la commission d’enquête du Bureau des audiences publiques sur l’environnement (BAPE). Les audiences avaient lieu à l’hôtel Delta.

L’aval du BAPE est nécessaire pour qu’Hydro-Québec puisse construire sa ligne de 735 kilovolts. La société d’État affirme en avoir besoin pour alimenter son réseau. Environ 590 pylônes seraient érigés.

Une menace aux écosystèmes

Propriétaire d’une terre sur le chemin Simard, à Saint-Honoré, Mario Tremblay pense que la ligne entacherait le paysage autour de sa propriété et nuirait aux écosystèmes. La terre familiale à vocation forestière et de villégiature de Mario Tremblay se décline sur 600 000 mètres carrés.

Si la ligne d’Hydro-Québec voit le jour, 18 500 mètres carrés de son terrain seront déboisés.

Je suis déjà en la présence d’une ligne d’Hydro-Québec qui me prive de 18 500 mètres carrés de terres. Je ne coupe jamais un arbre inutilement. J’ai la chance d’avoir des animaux sur mon terrain. Tout bouleversement des écosystèmes va m’empêcher de pratiquer mon loisir favori et faire perdre de la valeur à mes terres, plaide-t-il.

Le citoyen de Saint-Honoré croit que les consultations menées par Hydro-Québec ne sont qu’un prétexte pour justifier un tracé décidé d’avance.

Il demande au BAPE d’obliger la société d'État à faire passer la ligne sur un territoire où la végétation est moins dense, ce qui atténuerait les impacts environnementaux.

Un autre citoyen de Saint-Honoré, Christian Bouchard, abonde dans le même sens. Le propriétaire de plusieurs acres de terre souhaite qu’Hydro-Québec s'engage à mettre en place des mesures concrètes pour protéger les milieux humides.

La question des milieux humides a aussi été soulevée par l’Organisme du bassin versant du Saguenay devant les commissaires du BAPE. L’OSBL demande des garanties à la société d’État.

Une retraite gâchée

Copropriétaire de la pourvoirie du Lac Dégelis, Caroline Dion a livré un long cri du cœur. Elle exige qu’Hydro-Québec refasse ses devoirs de façon à minimiser les impacts du déploiement de la ligne à haute tension dans le secteur bucolique des monts Valin.

Le plus important bassin de truites indigènes en Amérique du Nord se trouve sur le périmètre de la pourvoirie du Lac Dégelis. Ce territoire n'a pas de statut d’aire protégée à proprement dit, mais Caroline Dion affirme que le ministère de la Faune et des Parcs du Québec reconnaît sa richesse et s’apprête à resserrer les règles pour en préserver le caractère unique.

Une ligne d’Hydro-Québec existe déjà sur le territoire de la pourvoirie qui se décline sur 115 kilomètres carrés.

Personnes assises dans une salle devant les commissaires du BAPE.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Une douzaine de personnes et représentants d'organismes se sont présentés devant les commissaires du BAPE.

Photo : Radio-Canada

Caroline Dion signale que l’implantation du corridor Micoua-Saguenay entraînerait l’érection de neuf nouvelles tours visibles de la plage de la pourvoirie du Lac Dégelis, qu’elle décrit comme un joyau naturel.

Perdrons-nous des clients? Permettez-nous d’être préoccupés.

Caroline Dion, copropriétaire de la pourvoirie du Lac Dégelis

Caroline Dion craint des pertes financières majeures et est persuadée que le projet laisserait des « séquelles indéniables ».

En 2011, nous y avons vu un projet de vie et une opportunité de bonifier notre plan de retraite. Nous avons investi toutes nos économies dans ce petit coin de paradis. Du jour au lendemain, on nous annonce que tout ce temps et cet argent seront diminués par l’implantation d’une ligne à haute tension, martèle celle qui porte aussi le chapeau de greffière à la Ville de Saguenay.

La propriétaire croit que le projet d’Hydro-Québec compromettrait les activités de chasse et de pêche.

La pourvoirie est à vendre pour des raisons de santé. Les propriétaires craignent d’avoir du mal à dénicher un acheteur en raison du projet d’Hydro-Québec.

La copropriétaire de la pourvoirie Monts-Valin du Archer, Josiane Saint-Louis, partage les préoccupations de Caroline Dion. Elle attire l’attention sur le phénomène de la pollution sonore provoquée par la présence de la ligne électrique. Le bruit augmenterait de six décibels, selon elle, ce qui aurait des conséquences néfastes sur son entreprise.

Le CRE inquiet

Le Conseil régional de l’environnement (CRE) du Saguenay-Lac-Saint-Jean est inquiet. Son directeur général, Tommy Tremblay, rappelle que 1589 hectares de forêt devront être déboisés seulement pour l’emprise des pylônes.

Le directeur explique que la perte de couvert forestier menacerait certaines espèces animales, notamment le caribou forestier et la Grive de Bicknell.

Le CRE demande une réévaluation d’Hydro-Québec des impacts environnementaux et réclame des mesures bonifiées.

Le BAPE déposera son rapport en mai. Si Hydro-Québec obtient le feu vert, les travaux d’aménagement de la ligne Micoua-Saguenay commenceront à l’automne et se dérouleront sur trois ans.

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Saguenay–Lac-St-Jean

Environnement