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Sport électronique à l’école : la Santé publique et la direction sensibilisent les parents

Des parents et enfants dans une salle
Une quarantaine de personnes ont participé à une soirée d'information au sujet de la concentration en sport électronique qui sera offerte l'an prochain. Photo: Radio-Canada / Louis-Philippe Bourdeau
Radio-Canada

Une première rencontre d'information sur la nouvelle vocation en sport électronique au Collège du Mont-Sainte-Anne a attiré une quarantaine de parents et de jeunes mardi soir. La Santé publique en a profité pour sensibiliser adultes et adolescents aux dangers de la sédentarité et de la prédominance des écrans dans notre quotidien.

Le fils de Benoit Mercier, Raphaël, joue parfois une dizaine d’heures par jour aux jeux vidéo. Ses ambitions sont grandes : il souhaite devenir un professionnel du sport électronique.

Notre fils, ça fait trois ans qu’il ne rêve que de ça, raconte M. Mercier. Il veut devenir champion du monde en e-sport. Ce n’était pas du tout dans nos habitudes de vie de le voir jouer autant.

En inscrivant Raphaël dans un tel programme, le père de famille espère que son fils sera en mesure de trouver un meilleur équilibre entre le monde virtuel et les autres sphères de sa vie.

Ce soir, on a entendu les conclusions auxquelles nous étions nous-mêmes arrivés, c’est-à-dire que c’est un sport comme un autre, dit-il. [Notre fils] réussit bien à l’école, donc pourquoi ne pas lui permettre d’essayer de pouvoir jouer dans des ligues? C’est aussi rassurant de voir que ça sera bien encadré.

Comme lui, beaucoup de parents ont été rassurés par la présence de la Santé publique à la rencontre. Je suis déjà assez sensibilisée à ça, mais je suis quand même contente de voir la Santé publique et que ça soit réalisé en collaboration avec la direction, c’est vraiment bien. Ce sont des vocations de plus en plus d’actualité, il ne faut pas se fermer les yeux, estime Fannie Roy.

Son fils Joshua réfléchit sérieusement à la possibilité de s’inscrire à la vocation. La présentation de la Santé publique a fait réfléchir celui-ci. Je suis ici pour avoir du plaisir. Je veux avoir des amis, avoir une occupation, et ça peut aider à être meilleur à l’école, croit-il. C’est un sport où il faut savoir s’arrêter. J’ai compris que ça peut modifier notre santé mentale et physique. Je vais faire attention à ça.

En tout, les élèves inscrits au volet sport électronique y consacreront 10 heures par semaine.

Toutefois, les périodes réservées à la vocation ne seront pas entièrement consacrées au jeu, mais aussi à la théorie et aux activités physiques, a tenu à rappeler la direction du Collège du Mont-Sainte-Anne.

Sédentarité et temps d’écran

Dès le début du projet, la Santé publique a travaillé de pair avec la direction de l’école afin de bien encadrer les élèves et les idéateurs de la vocation.

Lors de la rencontre, un document a été remis aux parents pour les informer des risques liés à la sédentarité et au temps passé devant un écran.

Le premier message qu’on a voulu lancer ce soir aux parents, c’est qu’on n’est pas prohibitif dans notre approche, précise la directrice de la Santé publique, la Dre Mélissa Généreux. On ne veut pas dire si le programme est bon ou pas bon. On voulait encadrer la pratique de jeux vidéo pour qu’elle soit le moins néfaste possible pour la santé.

La sédentarité et le temps d’écran en Estrie

- Plus d’un jeune sur trois passe en moyenne au moins deux heures devant un écran chaque jour. Ce chiffre grimpe à 62 % la fin de semaine.
- 21 % des élèves du secondaire présentent un surplus de poids.

Source : Santé publique de l'Estrie

La directrice de la Santé publique a aussi souligné que le temps d’écran est associé à un risque plus élevé de prise de poids et à certains enjeux de santé mentale. Le risque de dépendance existe bel et bien, a-t-elle rappelé.

On a rappelé aux parents qu’ils doivent être un modèle de rôle. Il faut montrer l’exemple avec notre téléphone intelligent. Il faut s’impliquer pour que le jeune comprenne.

La Dre Mélissa Généreux, directrice de la Santé publique de l'Estrie

Ajustements et sensibilisation

Depuis l’importante médiatisation de sa nouvelle vocation, la direction de l’école avoue avoir adapté certains aspects de son programme, notamment grâce aux suggestions de la Santé publique.

On a changé des choses auxquelles on n’avait pas réfléchi, dont les pauses fréquentes aux 20 à 30 minutes, explique le directeur général du Collège, Olivier Audet. Le simple fait de faire de l’activité physique ne compense pas non plus pour toutes les heures passées assis. Ça nous amène à réfléchir plus loin, pas seulement pour le sport électronique.

La direction de l’école a longuement parlé de l’encadrement offert aux élèves qui s’inscriront dans la concentration. Chacun d’eux devra écrire une lettre d’intention dans laquelle il s’engagera à maintenir un mode de vie sain.

On veut vraiment qu’ils s’engagent et qu’ils prennent conscience des risques. Ils doivent maintenir un mode de vie actif et équilibré. La lettre d’intention servira à déterminer les jeunes qui seront acceptés ou refusés.

La direction emboîte aussi le pas à la Santé publique en demandant l'étroite collaboration des parents. Quand ils retournent à la maison et qu’ils font plusieurs heures d’écran, il va y avoir un débalancement. On va avoir besoin de leur collaboration pour diminuer ce temps-là. Ils doivent pouvoir faire d’autres activités et avoir une vie sociale et éviter l’isolement.

Une équipe-école va également agir en prévention des dépendances et sera en mesure de confier les jeunes à des professionnels rapidement en cas de besoin.

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