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Réconciliation : bâtir des ponts entre les nouveaux arrivants et les Autochtones

Deux jeunes filles sont entre des rayons de livres. L'une d'entre elles porte un voile et un manteau noir. L'autre porte des lunettes et une robe noire.

Azwa Alam, à gauche, et Daniell Sunshine, à droite, se sont liées d'amitié en septembre dernier. Azwa Alam est originaire du Bangladesh, alors que Daniell Sunshine est originaire de la Première Nation Fishing Lake, en Saskatchewan.

Photo : Radio-Canada / Omayra Issa

Omayra Issa

Les organismes d'accueil pour les nouveaux arrivants déploient des efforts pour favoriser les relations entre les communautés autochtones et les immigrants en Saskatchewan.

En tant que pourvoyeurs de services, ces organismes d'accueil constituent souvent les premiers points de contact des nouveaux arrivants qui s’installent dans la province.

« Pendant très longtemps, nous avons reconnu que les nouveaux arrivants devaient avoir une certaine compréhension de la culture canadienne, mais nous avons manqué de les informer au sujet des cultures autochtones », dit la directrice générale de l’Association Interculturelle de la Saskatchewan, Jess Hamm.

Elle a dit avoir remarqué que certains nouveaux arrivants adoptaient rapidement des perceptions négatives à l'égard des Autochtones, peu de temps après leur arrivée dans la province.

Son organisation offre un programme de huit semaines pendant lequel les nouveaux arrivants et les Autochtones acquièrent des compétences professionnelles tout en se familiarisant les uns avec les autres.

L’organisme Open Door Society, de Saskatoon, dit avoir travaillé dans le même sens.

« Il y a environ sept ou huit ans, nous avons décidé de proposer des activités dans deux centres autochtones. Nous offrons des programmes à la fois aux jeunes nouveaux arrivants et aux jeunes Autochtones », explique le directeur général de l’organisme de Saskatoon, Ali Abukar.

Un pas vers la réconciliation

Un autochtone tient une canne traditionnel lors du dépôt du rapport final de la Commission vérité et réconciliation.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Un participant lors du dépôt du rapport final de la Commission vérité et réconciliation

Photo : La Presse canadienne / Darryl Dyck

Ces efforts s’inscrivent dans un mouvement à travers le pays pour que les connaissances, les réalités et les histoires des peuples autochtones soient insérées dans les programmes d’accueil des nouveaux arrivants.

La Commission de vérité et réconciliation a demandé une révision de la trousse d'information pour les nouveaux arrivants au Canada ainsi qu'un test de citoyenneté afin de refléter une histoire plus inclusive des divers peuples autochtones du Canada, notamment des informations sur les traités et l'histoire des pensionnats autochtones.

Le gouvernement fédéral a révisé le serment de citoyenneté afin que les nouveaux Canadiens respectent les traités.

Nous vivons dans les mêmes communautés, côte à côte, nos enfants vont dans les mêmes écoles.

Ali Abukar, directeur général de l'organisme Open Door Society de Saskatoon

Le chef du département des études autochtones de l’Université de la Saskatchewan, Rob Innes, estime que ce travail contribue aux efforts de réconciliation dans la province.

« Les Autochtones ont toujours accueilli des gens sur leurs territoires. Toutefois, il faut savoir que les nouveaux arrivants tout comme les autres Canadiens ont la responsabilité de travailler pour la réconciliation », dit-il.

Un exemple de partage

Azwa Alam et Daniell Sunshine se sont liées d’amitié depuis qu’elles se sont rencontrées à l’École secondaire Aiden-Bowman, de Saskatoon, en septembre dernier.

Azwa Alam a émigré du Bangladesh il y a deux ans, tandis que Daniell Sunshine appartient à la Première Nation de Fishing Lake, en Saskatchewan.

Les deux jeunes étudiantes soutiennent que leurs différences nourrissent leur amitié. Elles développent des liens à travers leurs histoires personnelles.

« Je lui racontais à quel point les femmes autochtones disparues et assassinées étaient importantes pour moi. Nous avons en quelque sorte créé des liens avec cela, et c’est parti de là », indique Daniell Sunshine.

« J’ai parlé de ma passion pour la réalisation de films, la poésie, les balados et c’est comme ça que j’ai commencé à parler à Daniell », témoigne Azwa Alam.

Les deux jeunes femmes travaillent actuellement à la création d’un balado sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées.

Leurs liens font partie d'une relation en constante évolution entre les nouveaux arrivants et les peuples autochtones de la province.

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