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Les heures supplémentaires chez Hydro-Québec coûtent de plus en plus cher

Trois hommes en combinaison orange discutent devant des débris.
Le PDG d'Hydro-Québec, Éric Martel (à droite), s'était rendu à Gatineau, en septembre dernier, pour constater l'ampleur des dégâts causés par la tornade de catégorie EF3. Photo: Courtoisie - Hydro-Québec
La Presse canadienne

La facture d'heures supplémentaires a grimpé pour une troisième année consécutive chez Hydro-Québec, atteignant 164,6 millions de dollars en 2018, alors que les caprices de dame Nature ont été plus sévères qu'à l'habitude.

Cette hausse de 13 millions de dollars, ou 8,6 %, a été très payante pour certains employés de la société d'État, qui ont plus que triplé leur salaire, révèlent des données obtenues par La Presse canadienne.

Ainsi, un chef monteur a pu toucher une paye totale de 272 079 $, alors que son salaire de base était de 81 597 $ l'an dernier. Cette personne a effectué assez d'heures supplémentaires pour recevoir près de 156 730 $ ainsi que des primes diverses de 33 754 $.

En ce qui a trait aux travailleurs de métier chez Hydro-Québec, six des dix plus hauts salariés sont des personnes affectées au montage des lignes, ce qui, selon Hydro-Québec, est attribuable aux aléas de la météo.

Nous avons eu 4500 pannes de plus [pour un total de 24 478] à traiter l'an dernier et 16 journées d'événements majeurs par rapport à 8 en 2017.

Louis-Olivier Batty, porte-parole d'Hydro-Québec

Puisque des équipes d'Hydro-Québec ont effectué des heures supplémentaires alors qu'elles allaient prêter main-forte à l'extérieur, une somme de 2 millions de dollars devrait être récupérée, a-t-il ajouté.

Sans surprise, des événements comme la tornade ayant causé d'importants dégâts à Gatineau en septembre dernier ainsi que l'importante tempête ayant déferlé sur les Îles-de-la-Madeleine expliquent en partie l'augmentation. Les orages violents qui avaient privé quelque 60 000 foyers de courant dans le sud-ouest de la province à la fin août ainsi que les vents violents ayant affecté plus de 100 000 clients en octobre dernier ont aussi coûté cher.

Au total, les événements climatiques plus sévères ont coûté 9 millions de dollars en heures supplémentaires.

Est-ce que l'on voit une tendance? On ne le sait pas. Mais clairement, 2018 a été une année assez marquante en matière d'événements climatiques sévères.

Louis-Olivier Batty, porte-parole d'Hydro-Québec

« Quand il y a des pannes, la priorité, c'est le temps de rétablissement. On veut contrôler nos dépenses, mais il y a une course contre la montre », a ajouté M. Batty.

Dans l'ensemble, la tornade de Gatineau a représenté des dépenses d'environ 5,5 millions de dollars pour Hydro-Québec, principalement pour des heures supplémentaires ainsi que pour des équipements visant à réparer les dégâts.



Réseau et répartition

Pour 2018, près de la moitié des 164,6 millions de dollars payés en heures supplémentaires ont été versés du côté d'Hydro-Québec Distribution, une division chargée de l'entretien du réseau.

En excluant les travailleurs de métier, comme les monteurs de ligne, c'est une fois de plus un répartiteur, responsable de la gestion du réseau, qui a été le mieux payé au sein de la société d'État – à l'exception des hauts dirigeants – grâce à une rémunération totale de 321 823 $.

À son salaire de base de 118 798 $, il faut ajouter 172 711 $ en heures supplémentaires ainsi qu'un montant de 30 374 $ en primes diverses.

Si les conditions météorologiques peuvent influencer les sommes payées en heures supplémentaires, Hydro-Québec estime qu'elle devrait néanmoins être en mesure de réaliser des gains d'efficacité cette année, puisqu'elle dispose désormais d'une plus grande flexibilité.

Cela est attribuable à la signature de sept conventions collectives avec ses employés au cours de la dernière année.

« Pour les monteurs, par exemple, nous avons été en mesure de réorganiser des horaires de travail, a expliqué M. Batty. Le tiers des équipes travaillent plus d'heures pendant la journée, mais pendant quatre jours par semaine. Cela nous permet de réaliser des travaux le soir. »

Le porte-parole de la société d'État a ajouté que les assouplissements vont également faire en sorte que des travaux de maintenance habituels pourront s'effectuer en soirée ainsi que les fins de semaine, tout en évitant de payer des heures supplémentaires.

Avec quelque 19 900 employés permanents et temporaires, Hydro-Québec, qui tente de contrôler la taille de son effectif, estime également que les heures supplémentaires permettent d'éviter d'embaucher du personnel qui pourrait être moins sollicité à l'extérieur des périodes de pointe.

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