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Une étude établit un lien entre les groupes antivaccins et les partis populistes en Europe

Une adolescente reçoit un vaccin.

L'épidémie de rougeole dans la région de Vancouver survient alors que les mouvements antivaccins prennent de l'ampleur dans le monde.

Photo : iStock

Timothé Matte-Bergeron

L'éclosion de rougeole dans les écoles francophones de la région de Vancouver n'est pas la première à avoir lieu au pays au cours de la dernière décennie, mais elle survient alors que des groupes antivaccins prennent de l'ampleur dans le monde, particulièrement en Europe. Une étude britannique, publiée lundi, établit un lien entre ces groupes et les partis politiques populistes du Vieux Continent.

Selon l’auteur de l'article, publié dans l’European Journal of Public Health, Jonathan Kennedy, la résistance aux vaccins et le populisme politique obéissent à la même dynamique, « une profonde méfiance à l’égard des élites et des experts ».

Croisant les résultats des élections européennes de 2014 avec les résultats de sondages d’opinion sur les vaccins, ce professeur spécialisé en santé globale à l’Universite Queen, de Londres, note une forte corrélation entre le nombre de votes pour les partis antiestablishment et le nombre de personnes qui se disent méfiantes envers les vaccins.

Selon Jonathan Kennedy, cette méfiance résulte en partie d’une étude qui a faussement établi un lien entre le vaccin combiné contre la rougeole, la rubéole et les oreillons (RRO) et l’autisme. Publiée en 1998 par un ancien chirurgien britannique, Andrew Wakefield, maintenant radié du corps médical de son pays d’origine, elle a été retirée des archives de la revue médicale The Lancet, dans laquelle elle était parue.

Cette étude est maintenant considérée comme « frauduleuse » dans le monde scientifique, et d’autres recherches antérieures et subséquentes la contredisent. Toutefois, elle influence encore le choix de nombreux parents partout dans le monde.

Un effet à Vancouver

À Vancouver, le père des trois garçons qui ont contracté la rougeole lors d’un voyage au Vietnam, Emmanuel Bilodeau, a affirmé qu’il ne les a pas fait vacciner parce qu’il se méfiait de la science à l’époque.

« Il y avait des débats il y a une dizaine d’années par rapport au vaccin RRO, a-t-il dit. Nous étions inquiets avec toutes ces histoires, des médecins publiaient des études liant le vaccin RRO à l’autisme. »

Un homme en chemise en jeans, assis, regarde en-dehors de la caméra.

Emmanuel Bilodeau est le père de trois enfants qui ont contracté la rougeole.

Photo : Radio-Canada

Il soutient savoir désormais que ce lien a été démenti.

Maintenant, on n’est pas contre les vaccins, nos enfants ont eu des vaccins toute leur vie.

Emmanuel Bilodeau

Il se dit par contre en défaveur de la vaccination obligatoire : « Les parents qui ne veulent pas faire vacciner leurs enfants, c’est un choix qu’il faut respecter dans notre société. »

13 cas en Colombie-Britannique en 2019

Jusqu’à maintenant, 13 cas de rougeole ont été confirmés en Colombie-Britannique, cette année, dont 9 sont reliés à l’épidémie dans les écoles du Conseil scolaire francophone (CSF).

Dans la dernière décennie, la province a connu deux éclosions majeures de la maladie, selon le Centre de contrôle des maladies infectieuses de la Colombie-Britannique (BCCDC) : l’une en 2010, liée à des visiteurs durant les Jeux olympiques de Vancouver, et une autre en 2014.

Cette dernière a commencé dans une école chrétienne de Chilliwack, dans la vallée du Fraser, dont les élèves avaient un « faible taux » de vaccination, selon le BCCDC. Plus de 400 personnes avaient été infectées, majoritairement des enfants et des adolescents.

Des éclosions majeures ont aussi eu lieu au Québec. Plus de 700 personnes ont été infectées en 2011, principalement en Mauricie et dans le Centre-du-Québec, et plus de 150 dans la région de Lanaudière, en 2015, selon des chiffres de l’Agence de la santé publique du Canada.

Avec des informations d'Eva Uguen-Csenge

Colombie-Britannique et Yukon

Vaccination