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Les élus de Montréal votent la construction d'une usine à compost de 175 millions

Un bac de compost de la Ville de Montréal.

Le contenu de ces bacs bruns prendra dans quelques années la direction de l'arrondissement de Saint-Laurent plutôt que celle de la Rive-Nord.

Photo : Getty Images / Marc Bruxelle

Jérôme Labbé

Le plus important contrat d'infrastructures de la Ville de Montréal depuis celui des compteurs d'eau a reçu l'aval du conseil municipal. Il permettra à la société française Suez de construire un centre de compostage d'une valeur de 175 millions de dollars dans l'arrondissement de Saint-Laurent et de l'exploiter pendant au moins cinq ans.

Le vote a eu lieu à la reprise des travaux, mardi matin : 35 élus ont voté pour, alors que 21 ont voté contre.

Le dossier pourra donc être présenté tel que prévu au conseil d'agglomération jeudi soir.

Le contrat a été accordé à Suez malgré les efforts de l'opposition officielle, qui souhaitait repousser son adoption. Elle avait notamment proposé de reporter le débat d'un mois.

Les maires des villes défusionnées, regroupés au sein de l'Association des municipalités de banlieue (AMB), avaient aussi formulé une demande similaire lundi.

Une carte du secteur.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le futur centre sera construit à l'intersection du boulevard Henri-Bourassa Ouest et de la rue Valiquette, dans l'arrondissement de Saint-Laurent.

Photo : Ville de Montréal

L'octroi d'un contrat à Suez pour la construction d'un premier centre de compostage sur l'île de Montréal a été révélé par Radio-Canada mardi dernier.

Mais l'idée ne date pas d'hier. Déjà, en 2010, l'administration Tremblay avait comme projet de faire construire à Montréal deux centres de compostage, deux usines de biométhanisation ainsi qu'un centre de prétraitement des matières organiques.

Depuis, toutefois, seule la construction du centre de compostage de Saint-Laurent a été autorisée par le comité exécutif. La construction des quatre autres centres a été remise à plus tard.

M. Miele en mêlée de presse.

Francesco Miele a mené la charge mardi matin dans le dossier de l'usine à compost de Saint-Laurent, en remplacement de son chef Lionel Perez, malade.

Photo : Radio-Canada / Jérôme Labbé

« On est en train de nous faire voter à la pièce », avait dénoncé Francesco Miele, leader adjoint de l'opposition officielle, avant la reprise des travaux du conseil municipal mardi matin. « C'est comme si on nous demande de construire un troisième étage avant d'avoir coulé les fondations. Ça n'a aucun sens. C'était un projet d'ensemble. »

M. Miele aurait souhaité la tenue d'une séance plénière de 90 minutes devant le conseil municipal, mardi, afin que tous les élus puissent avoir l'heure juste sur les plus récentes modifications au projet, soulignant par exemple l'écart de 51 % entre les estimations de la Ville de Montréal et le contrat accordé à Suez pour la construction de l'usine de compostage de Saint-Laurent. L'usine, a-t-il souligné, sera aussi beaucoup plus vaste que prévu.

Ces écarts de coûts et de superficie s'expliquent notamment en raison des lois passées à Québec pour régir l'émanation des odeurs, a expliqué au conseil Émilie Thuillier, vice-présidente de la Commission sur l’examen des contrats, qui a été dépêchée mardi matin pour répondre aux critiques de l'opposition sur l'octroi du contrat à Suez. L'ensemble des activités de compostage sera réalisé à l'intérieur, a-t-elle précisé, ce qui réduira les émanations dans les alentours.

Mme Thuillier a aussi rappelé que les élus montréalais ont choisi de confier la conception, la construction, l'exploitation et l'entretien de la future usine à un seul et même soumissionnaire plutôt que de fractionner ces responsabilités en plusieurs contrats comme elle le fait habituellement, ce qui explique pourquoi les estimations de la Ville étaient à ce point imprécises.

Enfin, elle a suggéré que les administrations précédentes s'étaient traîné les pieds dans ce dossier, soulignant que les cinq usines de traitement de matières organiques seraient presque toutes construites si l'échéancier initial avait été suivi.

J'ai envie de dire : on y arrive, là. On est tellement en retard! [...] Avançons d'un premier pas dans ce dossier. Il est plus que temps.

Émilie Thuillier, vice-présidente de la Commission sur l’examen des contrats

Si tout va bien, le futur centre de compostage de Saint-Laurent sera prêt pour le mois de septembre 2021. En attendant, la Ville de Montréal continuera d'acheminer ses matières organiques à Saint-Thomas, dans Lanaudière.

Grand Montréal

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