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La fusion entre First Air et Canadian North serait nuisible, selon le Bureau de la concurrence

Deux queues d'avion avec les logos de deux entreprises.

Le Bureau fédéral de la concurrence est d'avis qu'une fusion entre Canadian North et First Air créerait un monopole néfaste pour les collectivités du Nord.

Photo : Radio-Canada / David Gunn

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le projet de fusion entre les lignes aériennes First Air et Canadian North aurait des effets négatifs pour les communautés du Nunavut, des Territoires du Nord-Ouest et du Nunavik, selon le Bureau de la concurrence .

First Air, détenu par la société Makivik du Nunavik, dessert 31 communautés, alors que Canadian North, filiale de la société de développement Inuvialuit, en dessert 16. Les deux transporteurs offrent des liaisons avec entre autres Edmonton et Ottawa. Outre les passagers, ils sont responsables du cargo pour ces destinations sans lien routier.

Leur fusion créerait essentiellement un monopole, selon un rapport du Bureau de la concurrence. Le rapport conclut qu’une fusion « aurait vraisemblablement pour effet de diminuer sensiblement la concurrence dans les services de transport de passagers et de marchandises. La transaction entraînerait vraisemblablement une réduction de la capacité de transport de passagers et de marchandises, une augmentation des prix et une diminution des horaires de vols ».

Des employés sortent des boîtes de cargo d'un avion sur la piste d'atterrissage.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

C'est par avion que sont acheminées les denrées dans les collectivités du Nunavut pendant la majeure partie de l'année.

Photo : Radio-Canada / Claudiane Samson

Cette fusion pourrait ainsi nuire à l’approvisionnement en denrées et à la prestation de soins de santé dans ces régions enclavées, en plus de nuire à leur développement économique.

Les recommandations du Bureau de la concurrence ont été remises lundi au ministre de Transport Canada, Marc Garneau. Son ministère a maintenant jusqu’au 12 avril pour proposer des recommandations que le ministre présentera ensuite au Cabinet pour une décision finale.

Le gouvernement du Nunavut inquiet

Le ministre des Finances du Nunavut, George Hickes, a affirmé, lors du dépôt du budget, que le territoire dépense chaque année 90 millions de dollars en frais de voyage pour les soins de santé.

Le ministre des Transports, David Akaeeagok, a indiqué que son gouvernement souhaitait attirer plus de concurrence dans le transport aérien au Nord à l'aide d'un appel d'offres correspondant aux besoins de la région.

Un homme avec des lunettes regarde à côté de la caméra.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le ministre des Transports du Nunavut, David Akaeeagok, s'inquiète du manque de compétition dans le transport aérien.

Photo : Radio-Canada / Claudiane Samson

On doit trouver le moyen de réduire [les frais de transport]. Il faut pratiquement obtenir un prêt pour sortir des communautés. On peut se rendre 10 fois en Europe avant de pouvoir se rendre dans ces communautés. [...] L'appel d'offres qui a été lancé est une solution. L'autre est d'attirer plus de tourisme.

Une citation de : David Akaeeagok, ministre des Transports du Nunavut

Canadian North a récemment publié la liste de ses plus bas prix pour chaque destination en 2018 pour les fins de déclarations de revenus des habitants.

Un aller-retour entre Ottawa et Iqaluit, le trajet le plus achalandé, coûtait 2204 $, alors qu'un aller-retour entre Ottawa et Pond Inlet se vendait 5375 $.

« Un manque de compréhension de la réalité du Nord »

La réponse conjointe des sociétés propriétaires des deux lignes aériennes demande au ministre de Transports Canada d'honorer le processus de « réconciliation » et de ne pas donner de poids à la décision « incomplète » du Bureau de la concurrence.

Le gouvernement du Canada ne doit pas ignorer l'autonomie inuite, les dirigeants inuits élus et les organisations de revendication territoriale. Continuer ainsi ne fait que faire le sacrifice des conditions socio-économiques à court et long terme de tous les habitants du Nord.

Une citation de : Communiqué conjoint de la Société Makivik et Inuvialuit Corporate Group

Le communiqué soutient que le rapport ne prend pas en considération les économies d'échelle nécessaires et la réalité des lignes aériennes dans les territoires. Ces transporteurs sont d'avis qu'une seule ligne aérienne pour l'Arctique est la seule solution économique.

Les experts en soutien

L'analyste en aviation Robert Kokanis estime également que de nombreux facteurs n'ont pas été considérés dans l'élaboration du rapport : « J'ose espérer que les responsables des politiques auprès du ministre Garneau vont regarder et comprendre qu'en temps, permettre cette fusion est une bonne idée. [...] Ces deux entreprises envisagent cette option depuis très longtemps. »

L'expert en aviation et membre du conseil d'administration du transporteur Air North du Yukon, Fred Lazar, partage le même point de vue. Selon lui, les coûts importants d'exploitation dans le Nord sont un problème majeur pour les transporteurs locaux.

« Je crois que le Bureau de la concurrence a gravement sous-estimé le potentiel de rentabilité et le potentiel d’un service interligne avec Air Canada ou WestJet de façon à mettre en place un service plus agréable et plus facile du Nord vers le sud ou ailleurs. »

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