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Le gouvernement de Doug Ford crée une méga-agence de la santé

Une femme aux cheveux blonds portant une robe bleue devant un micro
La ministre de la Santé, Christine Elliott Photo: La Presse canadienne / Tijana Martin
Radio-Canada

La ministre ontarienne de la Santé, Christine Elliott, a dévoilé mardi matin sa réforme tant attendue, qui inclut la création d'une méga-agence, appelée Santé Ontario, ayant la responsabilité de gérer le système de santé et son budget annuel de 60 milliards de dollars.

Cette méga-agence doit remplacer les 14 réseaux locaux d'intégration des services de santé (RLISS) et six agences provinciales, y compris cyberSanté et Action Cancer Ontario.

Pour la ministre Elliott, on ne peut plus seulement faire de petits changements ici et là. Elle donne l'exemple du temps d'attente pour avoir une place dans un centre de soins de longue durée qui a augmenté de 300 % depuis 2003.

Au cours des cinq dernières années, l'Ontario a dépensé 30 % de plus que la moyenne canadienne pour l'administration de son système de santé. Je n'ai pas vu une amélioration de 30 % des soins.

Christine Elliott, ministre de la Santé

Mises à pied?

La ministre de la Santé n'a pas voulu préciser si sa réforme mènerait à des mises à pied, même si le communiqué de presse du gouvernement promet d'éliminer les dédoublements. Mme Elliott affirme qu'il reviendra à la nouvelle méga-agence et aux équipes locales de santé de juger des effectifs appropriés. C'est une réorganisation, selon [les besoins] du patient, dit-elle. Ce n'est pas un exercice financier.

Des « équipes de santé »

Le plan des conservateurs vise par ailleurs à inciter les hôpitaux, les résidences de soins de longue durée, les spécialistes en santé mentale, les infirmières praticiennes et les autres fournisseurs de services de santé à se regrouper et à former 30 à 50 « équipes de soins coordonnés » dans la province.

Chaque équipe aura un budget et s'occupera d'un certain secteur géographique, veillant sur un maximum de 300 000 patients.

Ces équipes offriront un continuum de soins, promet la ministre de la Santé : [Les patients n'auront plus] à se demander vers qui se tourner. Les Ontariens pourront aussi continuer à avoir un médecin de famille.

La mise en place de la méga-agence Santé Ontario s'amorcera au printemps, mais la ministre Elliott n'a pas précisé quand les fusions et réorganisations seraient terminées.

Les patients, ajoute Mme Elliott, pourront également consulter leur dossier médical électroniquement, prendre rendez-vous avec un médecin et discuter avec un spécialiste en ligne éventuellement. La ministre n'a toutefois pas donné d'échéancier à ce sujet.

La fin de la « médecine de couloir »?

Chaque jour, 1200 Ontariens sont traités dans les couloirs des hôpitaux, selon le gouvernement, en raison de leur engorgement et du manque de lits pour les aînés dans les foyers, ce qui fait en sorte que des aînés occupent des lits à l'hôpital.

Grâce à leur réforme, les conservateurs réussiront-ils à régler ce problème de « médecine de couloir », comme ils avaient promis de le faire en campagne électorale?

La consultante en santé Suzanne Filion

Selon la psychologue et membre d'un comité consultatif provincial en santé Suzanne Filion, le fait que le gouvernement vise à offrir des services autour du patient et la limite gouvernementale de 300 000 patients par équipe de santé, alors que les RLISS étaient beaucoup plus gros, constituent un bon point de départ.

Soins en français

La ministre de la Santé assure que les six entités de planification des services de santé en français seront préservées, mais sans donner plus de détails. À l'heure actuelle, ces entités interagissent directement avec les RLISS. Or, les conservateurs veulent abolir les RLISS. Gilles Marchildon, du groupe Reflet Salvéo, se dit prudemment optimiste, soulignant que plusieurs questions restent sans réponse, notamment pour ce qui est du financement.

Coupes et privatisation?

Pour sa part, la chef néo-démocrate Andrea Horwath s’était déjà prononcée contre la création d'une méga-agence de la santé, affirmant qu’il s’agirait d’une mégabureaucratie.

Mardi, elle est revenue à la charge quant à ses craintes entourant la coupe et la privatisation de services, rejetant les assurances de la ministre Elliott qui affirme que son objectif n'est absolument pas de privatiser le système de santé et de sabrer les services.

Mme Horwath rappelle, elle, que la dernière fois que les conservateurs ont été au pouvoir dans les années 1990, le premier ministre de l'époque, Mike Harris, avait fermé 28 hôpitaux. 

De plus, la chef du NPD n'en revient pas que le gouvernement veuille abolir une agence comme Action Cancer Ontario, qui a une renommée internationale.

Le plan [du gouvernement] va empirer les choses.

Andrea Horwath, chef du NPD

Même son de cloche de la part du Syndicat canadien de la fonction publique, qui qualifie la réforme des conservateurs d'attaque contre le système de santé.

La Coalition ontarienne de la santé ajoute que la nouvelle méga-agence a été créée dans le secret. La directrice du groupe, Natalie Mehra, s'inquiète elle aussi de voir plus de services être privatisés.

De son côté, le chef intérimaire des libéraux, John Fraser, a défendu le bilan de son parti au pouvoir au cours des 15 dernières années, alors que le nouveau gouvernement conservateur accuse les libéraux de lui avoir laissé un gâchis.

Je ne prétends pas qu'on a tout réglé, dit M. Fraser. Mais si quelqu'un affirme qu'il a toutes les solutions en santé, il ne vous dit pas la vérité, parce que ça nécessite un travail continuel.

Avec des renseignements fournis par Eve Caron

Avec les informations de CBC News

Toronto

Politique provinciale