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Investir dans le recyclage du verre au Québec serait concluant

Ce verrre est mélangé à l'abrasif qui est étendu sur les routes l'hiver.

Photo : Ville de Grande-Rivière

Radio-Canada

Après 18 mois de tests d'équipements et d'analyses de marché, Éco Entreprise Québec (EEQ) estime qu'il faudrait investir 50 millions de dollars supplémentaires pour recycler le verre au Québec. La consigne est écartée.

Un texte de Jean-Philippe Robillard et Daniel Boily

Dans un rapport attendu, EEQ estime qu’il est possible d’ici quatre ans de recycler 100 % du verre de la collecte sélective au Québec, y compris les bouteilles de vin et de spiritueux vendues par la SAQ. Une quantité d’environ 120 000 tonnes par année. Éco Entreprise Québec est un organisme privé à but non lucratif qui représente les entreprises qui mettent sur le marché notamment des contenants et des emballages.

Il faut donner une seconde vie au verre que les citoyens mettent dans leurs bacs de récupération.

Maryse Vermette, présidente-directrice générale de Éco Entreprise Québec

Selon EEQ, 23 millions de dollars additionnels sont requis pour équiper les centres de tri de la province. « Un montant de beaucoup inférieur à la mise en place d’un système de consigne », explique la PDG d'EEQ, Maryse Vermette.

« On peut équiper nos centres de tri pour enfin avoir un bon procédé, avoir un verre de bonne qualité [...] C’est fondamental », ajoute-t-elle.

Cette dernière s’appuie notamment sur les résultats de cinq projets pilotes réalisés dans les centres de tri durant 15 mois jusqu’en août 2018.

Durant cette période, le taux global de recyclage du verre des projets pilotes s’est établi à 73 %. De plus, le taux moyen de pureté du verre a atteint 88,6 % pour le verre de grande granulométrie et de 98,8 % pour le verre de granulométrie fine.

Plus de 8 millions de dollars ont été investis dans ces projets pilotes afin de tester divers équipements importés d’Europe. Une période de rodage de six mois a été nécessaire et certains équipements ont nécessité des ajustements et modifications importantes compte tenu des conditions hivernales et de la présence de matières organiques, de papier et de plastique mélangés au verre.

Au cours du mois de décembre 2017, marqué par des températures sous la barre des -30 degrés Celsius, certaines composantes en centres de tri ont été exposées intensivement à la neige, à la glace et au gel. De janvier à mars 2018, des accumulations importantes de neige et de glace sur les convoyeurs et dans les équipements ont été source de blocages et de bris.

extrait du rapport

Malgré les défis liés à l’exploitation des équipements l’hiver, EEQ souhaite « apporter certaines modifications aux équipements au cours de 2019 […] et collaborera avec les centres de tri afin d’identifier des solutions techniques aux problèmes générés par la présence de fibres, de neige, de glace et d’humidité. Des études techniques de même que l’intégration d’équipements complémentaires sont prévues », lit-on dans le rapport.

Développer les marchés

Autre constat mis en lumière par EEQ, des investissements majeurs sont nécessaires pour développer les marchés afin de recycler 120 000 tonnes de verre de la collecte sélective.

EEQ évalue qu’il faudra « 27 millions pour la diversification et le développement des marchés, les campagnes de communication et de sensibilisation, ainsi que la mesure des résultats économiques et environnementaux ».

De ce montant, 20 millions seront nécessaires pour créer des entreprises qui vont recycler et transformer le verre au Québec. « Ce sont des investissements pour mettre en place de nouvelles entreprises, de créer au Québec une industrie du verre. »

Outre les marchés actuels pour le verre recyclé (abrasif et média filtrant, laine minérale, ajout cimentaire), on vise également la fabrication de bouteilles de verre, la production de poudre micronisée pour additifs et du verre cellulaire.

À l’heure actuelle, il n’y a que trois entreprises qui conditionnent le verre au Québec.

« Afin de contribuer au développement d’entreprises du secteur, EEQ a mandaté un consultant spécialisé afin de dresser la liste des différents fonds d’investissement existants au Québec et au Canada et les conditions pour accéder à ces fonds. »

Éco Entreprise Québec demande également au gouvernement du Québec d’interdire progressivement l’utilisation du verre dans les sites d’enfouissement. « Pour nous, envoyer du verre à l’enfouissement est totalement inacceptable. Si on veut être en mesure de développer des marchés au Québec, il va falloir que graduellement on puisse aller vers une interdiction de l’enfouissement du verre », dit Maryse Vermette. Elle ajoute qu'« envoyer à l’enfouissement [du verre], c’est une forme de compétition pour le marché parce que c’est un montant qui est relativement peu élevé ».

Recyclage

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