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Mitch Garber s’inquiète de l’effet des débats sur l’immigration sur l’économie du Québec

L'homme d'affaires Mitch Garber craint l'effet de politiques restrictives sur l'immigration et le port de signes religieux sur l'économie du Québec.

Photo : Radio-Canada

Gérald Fillion

L'homme d'affaires Mitch Garber persiste et signe : il s'oppose aux politiques restrictives sur l'immigration et le port des signes religieux au Québec. Après avoir critiqué la Charte des valeurs du Parti québécois et la loi sur l'immigration du gouvernement Couillard, Mitch Garber affirme que les débats en cours sous le gouvernement Legault pourraient nuire à l'attractivité du Québec en matière d'investissement.

« Le dossier de l’immigration et de la laïcité au Québec sont des choses qui peuvent vraiment nuire » aux investissements au Québec, a déclaré Mitch Garber en entrevue à RDI économie, lundi soir. « Les investisseurs de l’étranger cherchent toujours les meilleures places pour leur famille, pour leur compagnie, pour leurs employés. Et les politiques qui sont plus restrictives nuisent beaucoup à l’investissement étranger. »

Mitch Garber dit avoir exprimé ses préoccupations à ce sujet au ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, et au président du Conseil du Trésor, Christian Dubé. « Je pense que, eux, ils sont très conscients du fait que la communication, au moins de ces deux dossiers-là, est et a été mauvaise. Il faut être conscient du fait que si on veut stimuler l’économie, on ne peut pas mettre des bâtons dans les roues », affirme M. Garber.

Le passé entrepreneurial de membres du gouvernement devrait les pousser à modifier leur approche sur l’immigration et les signes religieux, selon Mitch Garber. « Fitzgibbon, Dubé, Legault, ce sont de vrais hommes d’affaires avec beaucoup de succès dans leur carrière. Donc ils savent c’est quoi, encourager et motiver les compagnies pour investir », dit-il.

Mitch Garber préside depuis près d’un an le conseil d’administration de l’agence fédérale Investir au Canada, un organisme mis sur pied par le gouvernement Trudeau pour faire augmenter les investissements directs étrangers au pays. « La façon qu’on est vu de l’externe, à l’international, dit-il, c’est important. La perception, c’est la réalité. Donc, on ne peut pas vraiment penser que la perception internationale sur ces deux dossiers-là est positive. »

Il invite le gouvernement Legault à ajuster le tir : « Je pense qu’on a besoin, au minimum, d’une meilleure communication à l’international et que les restrictions [...] ne nuisent pas à nos efforts d’avoir des investissements de l’étranger. »

L’homme d’affaires est d’avis que ces enjeux sont plus nuisibles à l’économie du Québec et du Canada que l’affaire SNC-Lavalin. « Ça me préoccupe beaucoup plus que SNC-Lavalin, qui va se résoudre un moment donné. Ce sera du passé, on va l’oublier », croit M. Garber.

Même si les affaires de corruption, de fraude et de complot ne sont pas du tout souhaitables, Mitch Garber affirme « qu’il y a des scandales similaires dans presque tous les pays ». Et le Canada ne paraît pas pire que les autres avec les accusations qui pèsent sur SNC-Lavalin.

Les Expos à Montréal d’ici trois ans?

Par ailleurs, Mitch Garber s’attend à ce que le dossier du retour des Expos à Montréal soit bouclé d’ici 2022. « Je pense qu’on va avoir nos réponses d’ici deux à trois ans », a-t-il estimé en entrevue à RDI économie. L’avenir des Rays de Tampa Bay sera réglé, selon son analyse, d’ici trois ans et l’enjeu de l’expansion dans le baseball majeur sera aussi conclu d’ici trois à cinq ans.

Mitch Garber est catégorique : le meilleur endroit pour installer une nouvelle équipe de baseball en Amérique du Nord, c’est à Montréal. Si les Rays de Tampa Bay doivent déménager bientôt, c’est la ville de Montréal qui est la plus à même d’accueillir rapidement une équipe.

L’Assemblée nationale a adopté une motion en appui au retour des Expos, mais sans l’octroi de subventions par le gouvernement du Québec. Ce n’est pas un problème, dit Mitch Garber, qui est d’avis, en retour, que les différents ordres de gouvernement pourraient être intéressés à offrir d’autres types de soutiens financiers, sous forme de prêts ou de congés de taxes.

« On est loin de parler des bénéfices qu’on peut avoir », admet toutefois Mitch Garber, qui s’envolait lundi soir pour Paris pour affaires, nous a-t-il confié.

Stephen Bronfman, président exécutif du conseil d'administration de Claridge, et Pierre Boivin, PDG de Claridge, se sont inscrits au Registre des lobbyistes pour avoir l'appui de Québec dans les négociations avec la Société immobilière du Canada sur la cession potentielle du terrain du bassin Peel, au centre-ville de Montréal.

En plus de Stephen Bronfman, Pierre Boivin et Mitch Garber, les entrepreneurs Alain Bouchard, Stéphane Crétier et Eric Boyko font partie du groupe d’investisseurs en faveur du retour des Expos. Les avocats Richard Epstein et William Jegher conseillent le groupe des futurs actionnaires.

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