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Des papillons envoyés par avion au Jardin botanique de Montréal

L'événement Papillons en liberté a attiré 2,54 millions de visiteurs depuis 22 ans.

Photo : Radio-Canada / Anne-Louise Despatie

Anne-Louise Despatie

L'événement Papillons en liberté permet aux amateurs de côtoyer, en plein hiver, des papillons dans une grande serre du Jardin botanique de Montréal. Les papillons proviennent de partout dans le monde et sont livrés sous forme de chrysalides.

Stéphane Le Tirant, conservateur de la collection scientifique à l'Insectarium/Espace pour la Vie, fera ainsi une trentaine d’allers-retours entre l'aéroport Pierre-Elliot-Trudeau, l’Insectarium et le Jardin botanique de Montréal d’ici le 28 avril. C’est lui qui orchestre les commandes de chrysalides pour la 22e édition de l’événement.

Pour que les visiteurs trouvent de 1000 à 1500 papillons tropicaux dans la grande serre pendant deux mois, le Jardin botanique reçoit en effet toutes les semaines des centaines de chrysalides.

Une boîte contenant des chrysalides de différentes espèces

Les papillons sont livrés sous forme de chrysalides.

Photo : Radio-Canada / Anne-Louise Despatie

« Les papillons ne vivent pas si longtemps, d’une semaine à un mois; donc, on doit les renouveler. Donc chaque semaine, on reçoit des colis de chrysalides qui proviennent de différents pays pour en avoir une belle variété », indique Stéphane Le Tirant.

Le contenu des colis qui arrivent au laboratoire de l’Insectarium est vivant, sensible au froid et il ne peut attendre longtemps. « Il arrive que je me retrouve à Air Canada Cargo à 11 h ou minuit. À Montréal, un courtier en douanes doit regarder le colis et un inspecteur de l’Agence d'inspection des aliments doit examiner si le colis correspond à notre permis d'importation », explique le conservateur.

Les chrysalides proviennent du Costa Rica, de Colombie, d’Équateur, de Malaisie, du Kenya, de Tanzanie, des Philippines et de Thaïlande.

Mario Bonneau avec des boîtes de chrysalides

C’est le technicien Mario Bonneau qui a souvent le bonheur d’ouvrir les colis.

Photo : Radio-Canada / Anne-Louise Despatie

Pour le technicien Mario Bonneau, il y a des chrysalides qui sont de véritables bijoux.

« De voir et de travailler avec ça, c'est vraiment trippant. Je me sens privilégié et excité aussi, parce que j'ai hâte de les accrocher [pour qu’elles poursuivent leur développement] et puis de voir combien vont réussir à devenir papillon sur le lot. Dans la nature, le taux de réussite de l'œuf au papillon est très faible : c'est moins de 10 %. Ici on réussit à avoir au-dessus de 80 % d'émergence. C'est très fort », précise-t-il.

Des chrysalides suspendues dans un casier

Les chrysalides sont transportées à la pouponnière du Jardin botanique. Des papillons sont ramassés deux fois par jour puis amenés dans la grande serre.

Photo : Radio-Canada / Anne-Louise Despatie

De leur côté, des dizaines d'horticulteurs du Jardin botanique préparent, cultivent et bouturent les plantes nectarifères qui vont servir de nourriture aux papillons.

Un élevage équitable

Depuis des décennies, Stéphane Le Tirant a développé des liens avec les fermes d’élevage. Il dit avoir le souci de choisir des fermes équitables qui vont réinvestir leur profit dans la sauvegarde des forêts tropicales. « Par exemple, quand l’Insectarium a fait affaire avec la ferme El Bosque Nuevo au Costa Rica pour l'achat de chrysalides, cela a permis d'acheter 500 acres de forêt tropicale », assure-t-il.

Où vont les papillons après?

Au lendemain du 28 avril, ce sera la chasse aux papillons dans la grande serre. Ils seront attrapés vivants avec des filets, glissés chacun dans une enveloppe spéciale et transporté le jour même au Musée de la nature à Ottawa pour y poursuivre leur vie de papillon.

Grand Montréal

Nature et animaux