•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

175 M$ pour une usine à compost : « C'est beaucoup d'argent », jugent les maires de banlieues

M. Masella en point de presse.

Beny Masella et les autres maires des villes liées veulent plus de temps pour étudier le dossier relatif à la construction d'une première usine à compost sur l'île de Montréal.

Photo : Radio-Canada / Jérôme Labbé

Jérôme Labbé

Les maires des villes défusionnées, regroupés au sein de l'Association des municipalités de banlieue (AMB), aimeraient reporter l'octroi du contrat pour la construction d'un premier centre de traitement des matières organiques sur l'île de Montréal. Mais le dossier traîne depuis déjà trop longtemps, répond l'administration Plante.

L'AMB fait le calcul que les villes liées paieront de leurs poches 30 des 175 millions de dollars nécessaires à la construction de cette usine, dans l'arrondissement de Saint-Laurent.

« C'est beaucoup d'argent », a fait remarquer son président, Beny Masella, lundi après-midi.

Les maires des villes défusionnés demandent plus de temps avant de se prononcer sur le contrat, qui doit théoriquement leur être soumis jeudi soir, lors de la prochaine séance ordinaire du conseil d'agglomération.

Car la facture a explosé depuis que l'administration Coderre a lancé des appels d’offres pour la construction de cinq centres de traitement de matières organiques, en 2017.

Le projet, évalué à l'époque à 344 millions de dollars, se chiffre maintenant à 589 millions, souligne l'AMB, une augmentation de 70 %. Les coûts du centre de compostage de Saint-Laurent sont aussi plus élevés que prévu, précise-t-elle.

Dans ce contexte, les maires des villes défusionnées réclament un délai supplémentaire pour analyser les implications de ces hausses faramineuses. Ils regrettent par ailleurs de ne pas avoir été consultés en amont, comme ce fut le cas pour la préparation du dernier budget de l'administration Plante-Dorais, par exemple.

Mais la Ville de Montréal a déjà assez attendu, réplique Jean-François Parenteau, responsable des services aux citoyens au comité exécutif.

Il n'y aura pas de report.

Jean-François Parenteau, responsable des services aux citoyens au comité exécutif de la Ville de Montréal

Selon lui, les maires des villes liées « ont tout en main pour prendre une décision éclairée ». « S'il y a quoi que ce soit, on va collaborer, mais en ce moment, on est vraiment à l'étape d'avancer », a-t-il indiqué lundi après-midi, précisant qu'il présentera le projet à l'AMB dans la journée de jeudi, avant la rencontre du conseil d'agglomération.

M. Parenteau souligne que les occasions ont été nombreuses de discuter du projet au cours des dernières années. Il rappelle en outre que le maire de Beaconsfield, Georges Bourelle, a posé des questions sur le sujet lors de l'étude de la plus récente version du programme triennal d'immobilisations (PTI) à la commission sur les finances et l'administration, en janvier dernier.

Mais les montants au PTI ne reflètent pas les plus récentes augmentations de coûts, dénonce Lionel Perez, chef de l'opposition officielle à l'Hôtel de Ville de Montréal. Selon lui, l'administration Plante « manque de transparence » dans ce dossier.

M. Perez dénote en outre un « manque de vision », dans la mesure où « ce n'est pas le genre de dossier où l'on peut aller à la pièce ».

Un projet de longue date

L'octroi d'un contrat à la société française Suez pour la construction d'un premier centre de compostage dans l'arrondissement de Saint-Laurent a été révélé par Radio-Canada mardi dernier.

Mais l'idée ne date pas d'hier. Déjà, en 2010, l'administration Tremblay avait comme projet de faire construire à Montréal deux centres de compostage, deux usines de biométhanisation ainsi qu'un centre de prétraitement des matières organiques.

Depuis, toutefois, seule la construction du centre de compostage de Saint-Laurent a été autorisée par le comité exécutif. La construction des quatre autres centres a été remise à plus tard.

Même si les Montréalais sont maintenant nombreux à utiliser le bac brun, la Ville ne traite pas elle-même ses déchets organiques. Elle les envoie plutôt à Saint-Thomas, dans Lanaudière.

Grand Montréal

Politique municipale