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Le Manitoba sonne l'alarme au sujet de la syphilis congénitale

Un bébé nouveau-né dort, enveloppé dans une couverture.

Selon le docteur Michael Isaac, les bébés atteints de syphilis congénitale peuvent souffrir à la naissance de déformation des os, d'anémie grave, de jaunisse, de problèmes au cerveau pouvant inclure la surdité et la cécité, de méningite et de problèmes cutanés.

Photo : Shutterstock / Shchipkova Elena

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le médecin hygiéniste en chef par intérim du Manitoba, le docteur Michael Isaac, sonne l'alarme au sujet de la syphilis, une maladie sexuellement transmissible qui continue de se répandre de manière inquiétante dans la province, y compris chez les nouveau-nés.

Santé Manitoba indique ainsi que le nombre de femmes enceintes qui ont la syphilis continue d’augmenter, et avec lui, le nombre d’enfants atteints de syphilis congénitale : il y a eu 10 cas au Manitoba au cours des six derniers mois, alors qu'il n'y en avait eu qu'un seul en 2017.

La majorité des cas de syphilis congénitale ont été rapportés dans la région sanitaire du Nord ainsi que dans celle de Winnipeg, selon les autorités.

La province rappelle que l’épidémie de syphilis est apparue au Manitoba en 1994. Elle touchait davantage les personnes homosexuelles, mais plus récemment, les autorités ont observé des infections entre partenaires hétérosexuels.

« Par le passé, la syphilis touchait davantage les hommes ayant des rapports sexuels avec les hommes. Au cours des trois dernières années, on constate que les personnes hétérosexuelles sont plus touchées. »

— Une citation de  Dr Michael Isaac, médecin hygiéniste en chef par intérim du Manitoba

Les femmes sont ainsi plus nombreuses à être infectées.

Nombre de cas de syphilis rapportés dans la province

2014 : 118
2018  : 350

Nombre de cas de syphilis rapportés chez les femmes

2014 : 16
2018 : 168

Le Dr Isaac précise que les conséquences de la syphilis congénitale sont graves et nombreuses : fausse couche, enfant mort-né, malformations, anémie aiguë, déficience mentale, méningite, etc.

Un lien avec l’usage de drogues


Sur les 10 cas de syphilis congénitale traités dans la province, le ministère de la Santé affirme qu’environ le tiers des mères concernées n’avaient pas reçu un suivi prénatal adéquat et que 70 % d'entre elles avaient consommé de la drogue pendant la grossesse.

Le Dr Isaac admet qu’une partie du problème est en lien avec l’épidémie de consommation de méthamphétamine et d’opioïdes. « La consommation de drogues peut aggraver la situation », dit-il.

« Il y a toute une clientèle que nous n’arrivons pas à joindre et nous devons nous améliorer pour y parvenir, afin de donner à ces femmes un meilleur accès aux soins prénataux et leur prodiguer les soins qui peuvent réduire les dommages [causés par la maladie] », affirme le Dr Isaac.

Le chef de l’opposition, Wab Kinew, n’est pas surpris par les constats du médecin en chef. Pour lui, la solution à la syphilis passe par une solution aux problèmes de dépendance. « Car les femmes qui transmettent cette maladie à leur enfant sont souvent aux prises avec la drogue ou sont en contact avec ceux qui utilisent de la drogue », constate-t-il.

Des traitements efficaces

Il existe des tests qui permettent de savoir si une personne a la syphilis, y compris une femme enceinte ou un nouveau-né. La syphilis et la syphilis congénitale peuvent être traitées avec des antibiotiques.

Spécialiste des maladies infectieuses rattaché à l’Office régional de la santé de Winnipeg, le Dr Pierre Plourde affirme que la probabilité de transmission de la maladie d’une mère à son enfant est de 70 à 80 %. En revanche, ajoute-t-il, « si elle suit un traitement, la réussite est garantie à 100 % ».

Le Dr Isaac interpelle les femmes pour qu’elles aient des soins prénataux réguliers et qu’elles se soumettent à au moins un test de syphilis ou de maladies sexuellement transmissibles.

Pour réduire la propagation de la maladie, Santé Manitoba prévoit de mener une vaste campagne de sensibilisation auprès des femmes et travaillera avec des organismes communautaires qui sont en contact avec elles.

Comment reconnaître les symptômes?

Les symptômes de la syphilis peuvent s’apparenter à une vaste gamme d’autres maladies, ce qui peut rendre son diagnostic difficile.

La sévérité des symptômes varie selon le stade de l’infection. Les premiers signes se manifestent en général par des douleurs et des lésions aux parties génitales. La perte de cheveux, des éruptions cutanées, des glandes enflées, des muscles ou des jointures douloureuses sont d’autres signes.

En progressant, l’infection se caractérise par des éruptions rougeâtres ou roses sur le torse et les extrémités du corps, des lésions semblables à des verrues, ou encore des inflammations ressemblant à des tumeurs sur différentes parties du corps.

D’autres provinces ont rapporté des cas de syphilis congénitale au cours des dernières années, dont l’Alberta, le Québec et Terre-Neuve-et-Labrador. Aux États-Unis, le Centre pour la prévention et le contrôle des maladies rapporte faire face au plus haut taux de syphilis congénitale depuis des décennies.

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