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Une greffe de moelle osseuse pour stopper le déclin cognitif

Une souris de laboratoire.

D'autres travaux sont maintenant nécessaires afin de confirmer l'existence de processus similaires chez l'humain.

Photo : iStock / sidsnapper

Radio-Canada

Une transplantation de moelle osseuse de jeunes souris à des souris plus âgées a permis d'empêcher le déclin cognitif chez ces dernières, ont montré des scientifiques américains.

La Pre Helen Goodridge et ses collègues du centre médical Cedars-Sinai de Los Angeles affirment qu’une telle greffe chez ces rongeurs permet de préserver la mémoire et les capacités d'apprentissage des souris vieillissantes.

Ces résultats semblent appuyer une théorie de plus en plus en vogue dans la communauté médicale qui associe le déclin cognitif (une partie du moins) au vieillissement des cellules sanguines produites dans la moelle osseuse.

« D’autres études ont déjà montré que du sang provenant de jeunes souris peut inverser le déclin cognitif chez les souris âgées, mais on ne comprend pas bien comment cela se produit », explique la Pre Goodridge.

Nos recherches suggèrent que l'une des réponses réside dans les propriétés spécifiques des cellules sanguines jeunes.

Helen Goodridge

La démence

  • C’est un ensemble de signes et de symptômes associés à une détérioration des fonctions cognitives et qui ont des répercussions sur les activités quotidiennes.
  • Les principaux symptômes sont la perte de la mémoire, des problèmes de jugement et de raisonnement, ou encore des changements de comportement.
  • Elle est causée par diverses maladies ou lésions qui affectent la communication des neurones dans le cerveau.
  • Pas moins de 402 000 Canadiens (âgés de 65 ans et plus) sont atteints de démence, y compris la maladie d'Alzheimer. Dans le monde, l’Organisation mondiale de la santé estime à 47,5 millions le nombre de personnes qui en souffrent.

Chez les rongeurs

Dans cette étude, des souris âgées de 18 mois ont reçu une greffe de moelle osseuse de souris de 4 mois ou de souris de leur âge.

Six mois plus tard, les deux groupes de greffés ont passé des tests d'activité, d'apprentissage, ainsi que de mémoire spatiale et de travail.

Les résultats montrent clairement que les rongeurs qui ont reçu de la moelle osseuse jeune ont dépassé ceux qui ont reçu de la moelle osseuse d’animaux de leur âge. Ils ont également surclassé un groupe témoin de vieilles souris qui n'ont pas reçu de transplantation.

Illustration du corps cellulaire de différentes souris.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La première image montre le corps cellulaire d’une souris jeune, la deuxième celui d’une vieille souris, la troisième d’une vieille souris ayant reçu une greffe de moelle d’une vieille souris et la quatrième, celui d’une vieille souris ayant été greffée de moelle d’une jeune souris.

Photo : Centre médical Cedars-Sinai de Los Angeles

Les chercheurs ont examiné en détail l'hippocampe, une région associée à la mémoire, dans le cerveau des souris. Ils ont ainsi pu établir que les rongeurs receveurs de moelle osseuse jeune conservaient plus de connexions, appelées synapses, entre les neurones de l'hippocampe que les receveurs de moelle osseuse ancienne, même s'ils avaient environ le même nombre de neurones. Il faut savoir que les synapses sont essentielles à la performance du cerveau.

Nos travaux indiquent que le déclin cognitif chez la souris peut être considérablement réduit en fournissant simplement de jeunes cellules sanguines, qui agissent sur le cerveau pour réduire la perte de synapses liée au vieillissement.

Clive Svendsen, centre médical Cedars-Sinai

Chez les humains

D'autres travaux doivent maintenant confirmer l'existence de processus similaires chez l'humain. Une chose est certaine toutefois : si ces résultats se confirment chez l’humain, il faudrait mettre au point une façon de faciliter les greffes de moelle osseuse, puisqu’elles ne sont pas réalisables à grande échelle actuellement dans l’optique d’un traitement contre la démence.

Mais les récentes percées médicales pourraient permettre de créer des cellules souches sanguines jeunes « personnalisées » pour remplacer les cellules souches sanguines vieillissantes d’une personne et ainsi aider à prévenir un déclin cognitif et peut-être même un début de maladies neurodégénératives comme la maladie d'Alzheimer.

Le détail de ces travaux est publié dans la revue Communications Biology (Nouvelle fenêtre) (en anglais).

Alzheimer

Science