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Rapport Mueller : voici les acteurs

Cartes Photo: Radio-Canada / Frédéric Lacelle
Sylvain Desjardins

Le procureur spécial Robert Mueller pourrait bientôt remettre son rapport après plus de deux ans d'enquête sur la possible collusion entre la Russie et l'équipe de campagne de Donald Trump. Portrait des personnages impliqués dans cette affaire qui ressemble parfois à une partie de poker.

Carte de Robert MuellerRobert Mueller Photo : Radio-Canada / Frédéric Lacelle

L’ex-directeur du FBI Robert Mueller a été chargé en mai 2017 d'établir si l'équipe de campagne du milliardaire Donald Trump s'est concertée avec Moscou pour influencer les résultats de l'élection présidentielle de 2016. Et si oui, pour quelles raisons et avec quelles contreparties?

Carte de James ComeyJames Comey Photo : Radio-Canada / Frédéric Lacelle

En fait, l’enquête a débuté bien avant. Dès juillet 2016, le FBI, sous la direction de James Comey, entamait une enquête sur l’ingérence présumée de la Russie dans la campagne. C’est la publication par Wikileaks de dizaines de milliers de courriels provenant de la campagne de la démocrate Hillary Clinton qui avait alerté les autorités. On apprendra par la suite que l’équipe de campagne de Donald Trump était bien informée de ce piratage.

Cartes de Donald Trump fils, Jared Kushner, Paul Manafort et Natalia VeselnitskayaDonald Trump fils, Jared Kushner, Paul Manafort et Natalia Veselnitskaya Photo : Radio-Canada / Frédéric Lacelle

L’un des moments-clés se déroule en juin 2016 dans les locaux de campagne de Donald Trump, dans la tour du milliardaire, à New York. Sur place, l'aîné du candidat, Donald Trump fils, son gendre devenu conseiller, Jared Kushner, et le directeur de la campagne, Paul Manafort.

Ils sont venus rencontrer une avocate à la réputation sulfureuse, Natalia Veselnitskaya, qui dit représenter le Kremlin. Des hommes d’affaires russes sont aussi présents.

L’équipe Trump cherche à nuire au camp d’Hillary Clinton. Interrogé à ce sujet, Donald Trump fils affirme d’abord que cette réunion n’a jamais eu lieu. Placé devant l’évidence, le président Trump admet que son équipe électorale s’attendait à obtenir des informations à utiliser contre son adversaire, et qu’il n’y avait rien d’illégal dans cette démarche.

Parmi les questions que se sont posées les enquêteurs :

  • Comment ces présumées informations sur Clinton auraient-elles pu être obtenues de façon légale par les Russes?
  • Et pourquoi voudraient-ils les offrir à son adversaire Trump?
Carte de Donald TrumpDonald Trump Photo : Radio-Canada / Frédéric Lacelle

Cinq mois après cette rencontre, le 8 novembre 2016, Donald Trump est élu président.

Au cours des semaines suivantes, l’administration Obama impose une série de sanctions contre les agences de renseignements russes et expulse 35 diplomates russes du territoire américain. Les services secrets américains sont convaincus que le Kremlin est derrière les piratages de courriels et d’autres ingérences informatiques russes, qui avaient pour but de transformer la campagne d’Hillary Clinton en un château de cartes.

Carte de Michael FlynnMichael Flynn Photo : Radio-Canada / Frédéric Lacelle

Pendant cette période de transition politique, le futur conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, le militaire Michael Flynn, s’entretient à plusieurs reprises avec l’ambassadeur russe à Washington, Sergueï Kislyak. Il cherche notamment à limiter les conséquences des nouvelles sanctions américaines.

Michael Flynn sera rapidement sacrifié après l’assermentation de Trump. Il plaide coupable d’avoir menti au FBI et accepte de collaborer avec les enquêteurs.

Au cours des premiers mois de 2017, d’autres membres de l’entourage de Donald Trump et des personnages mystérieux liés à la Russie sont également arrêtés, certains emprisonnés, pour avoir menti aux enquêteurs du FBI.

En mars 2017, le directeur du FBI, James Comey confirme publiquement l’existence d’une enquête de ses services de contre-espionnage sur l’ingérence russe dans la campagne de 2016. Deux mois plus tard, le président Trump congédie James Comey.

Carte de Jeff SessionsJeff Sessions Photo : Radio-Canada / Frédéric Lacelle

Toujours en mai 2017, le ministre de la Justice de l’époque, Jeff Sessions, se récuse de toute enquête sur la campagne électorale de 2016 et admet avoir rencontré l’ambassadeur russe à Washington à deux reprises. Son adjoint Rod Rosenstein nomme Robert Mueller procureur spécial et lui donne le mandat de mener une enquête approfondie sur l’ingérence russe dans la campagne présidentielle.

Carte de Michael CohenMichael Cohen Photo : Radio-Canada / Frédéric Lacelle

Rapidement, Robert Mueller et son équipe épinglent le fidèle collaborateur et conseiller juridique de Donald Trump, l’avocat Michael Cohen. Il plaide coupable à des accusations de violation des comptes de campagne, d’évasion fiscale et de fraude bancaire.

De plus, Cohen plaide coupable à des accusations d’avoir menti au Congrès sur ses démarches pour la construction d’une tour Trump à Moscou avant et pendant la campagne présidentielle. Il admet avoir cherché à minimiser le rôle de Donald Trump dans le projet de tour en Russie.

Finalement, il accepte de coopérer à l’enquête Mueller.

Carte de Paul ManafortPaul Manafort Photo : Radio-Canada / Frédéric Lacelle

Au même moment, l’organisateur en chef de la campagne électorale de Donald Trump, Paul Manafort, est jugé coupable de diverses malversations financières liées à des oligarques russes et des groupes prorusses en Ukraine. Il est incarcéré.

Il accepte lui aussi de coopérer à l’enquête du procureur spécial Robert Mueller, mais il est ensuite accusé d’avoir menti aux enquêteurs, malgré son accord de coopération.

Ses avocats reconnaissent maintenant que leur client a rencontré à plusieurs reprises un Russe proche des services de renseignement pendant la campagne de 2016 et qu’il lui a remis des données de sondages. Manafort aurait camouflé plusieurs rencontres du camp Trump avec des Russes.

Il demeure un personnage central de l’enquête.

Carte de Roger StoneRoger Stone Photo : Radio-Canada / Frédéric Lacelle

En janvier 2019, un autre personnage de l’entourage de Donald Trump est arrêté par le FBI. Roger Stone, admirateur et ancien collaborateur de Richard Nixon et de Ronald Reagan, fait face à 7 chefs d’accusations le liant à la publication par Wikileaks de milliers de courriels nuisibles au camp démocrate. Stone est accusé entre autres d’obstruction à la justice, de faux témoignages et de subornation de témoins. Il a plaidé non coupable et refuse de collaborer avec l’équipe Mueller.

On sait maintenant que l’entourage de Donald Trump était en contact depuis de nombreuses années avec des partenaires russes et que ces relations se sont poursuivies pendant la campagne électorale de 2016.

On sait aussi que le service de renseignement russe, dirigé par le Kremlin, s'est ingéré dans cette campagne américaine pour discréditer Hillary Clinton et donc favoriser Donald Trump.

Carte de Rudy GiulianiRudy Giuliani Photo : Radio-Canada / Frédéric Lacelle

En janvier 2019, Rudolph Giuliani, avocat de Donald Trump, affirme dans l'une de ses multiples entrevues télévisées que les discussions sur un projet de Tour Trump à Moscou se sont sans doute poursuivies jusqu’à l’élection de novembre 2016. Le lendemain, Donald Trump s’empresse de le contredire.

L’enquête Mueller, amorcée par le FBI, a permis d’inculper à ce jour plus d’une trentaine de personnes parmi lesquelles 13 Russes et quelques-unes de leurs entreprises.

Cartes de Rick Gates, Michael Flynn, Michael Cohen et Paul ManafortRick Gates, Michael Flynn, Michael Cohen et Paul Manafort Photo : Radio-Canada

Parmi les Américains arrêtés, quatre figures dominantes ont accepté de collaborer : Michael Flynn, Michael Cohen, Paul Manafort et Rick Gates, un associé de Manafort, arrêté en même temps que ce dernier.

La grande question qui demeure à ce jour : Robert Muller est-il en mesure de présenter une preuve irréfutable de collusion entre les collaborateurs de Donald Trump et les Russes, dans l'objectif de faire perdre Hillary Clinton?

Et si oui, jusqu’à quel point Donald Trump lui-même était-il impliqué dans cette grande partie?

Avec la collaboration de Russell Ducasse

Politique américaine

International